Nitza Cavalier décroche le prix poète en herbe à Guyane

Publié le 2021-04-07 | lenouvelliste.com

Le jury du prix « Poète en herbe » couronne la jeune poétesse haïtienne Nitza Cavalier, 23 ans, pour son poème « Une fumée de mots ».

Initié par le Pôle Culture, Patrimoines et Identités et la Direction du livre et de la lecture, la quatrième édition du prix Poète en herbe, catégorie jeunesse, a été attribuée à Nitza Cavalier, étudiante en lettres à l’université de Guyane.

Il s’agit d’un texte écrit sur la thématique: « Écrire à la façon de René Maran », pour marquer le centenaire depuis que cet écrivain a reçu le prix Goncourt en 1921.

« C'est un grand honneur pour moi de recevoir ce prix qui mettait en avant René Maran. J'avoue qu'à la remise des prix, en lisant mon poème, j'ai ressenti la présence de René Maran. Il est un écrivain engagé. Sa plume est tranchante. Pour paraphraser Jean Paul Sartre, je dirai qu’un écrivain est engagé lorsque son écriture vise à faire passer avant tout les doléances de sa société. C'est le cas pour Maran. Sa littérature, par le biais de son roman Batouala », peut nous conduire à vouloir l’amélioration des conditions de la vie humaine », a déclaré la lauréate. 

René Maran est l’une des voix majeures de la littérature caribéenne. Écrivain et poète, René Maran est né en Martinique en 1887. Son premier roman, «Batouala » (éditions Albin Michel),  publié après deux recueils de poèmes, lui a valu le prix Goncourt en 1921. Il devient le premier écrivain noir lauréat de ce prestigieux prix. 

Dans ce roman magistral, l'auteur dépeint la vie quotidienne et les mœurs d'une tribu dirigée par un bon chef : Batouala, entouré de ses nombreuses femmes. Dans la même veine de « Une vie de boy » de Ferdinand Oyono, « Batouala parle du racisme colonial, de l'inégalité sociale, de la tradition et de la vengeance. Toute l’œuvre de René Maran est un long cri de colère contre le racisme, l’esclavage. Il est le précurseur de la Négritude et du combat anticolonial. Le récipiendaire du prix Goncourt est mort en 1960.

Extrait de « Une fumée de mots »

« Des mots cachés sous ma plume

Jet d’encre de leurs douleurs

Des mots partis en vapeur

Dessin des courbes de leurs chaînes

Des mots étouffés, bâillonnés, ligotés

Complaintes de l’esclave moderne

Des mots fissurés, mutilés, meurtris

Dernier cri de désespoir

Je n’écris plus Je fume

Une bouffée de nostalgies sort de ma bouche

Bouffée teinte de morts et d’enfer.»

Habituée des distinctions, Nitza Cavalier est écrivaine, dramaturge, comédienne, metteure en scène et animatrice de radio. Elle est née en 1997. Elle s’est installée en décembre 2018 à Guyane pour mener des études en lettres modernes à l'université de Guyane. 

Marc Sony Ricot 
Auteur


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