''  I can't breathe ",  Grammy chanson de l'année 2020

Publié le 2021-03-23 | lenouvelliste.com

En lisant soit les journaux, en allumant son appareil de TV, il reste un fait certain et indéniable que le monde va mal et tourne de plus en plus sur place, vu les problèmes liés à l'économie, à la politique, à la Covid-19 et surtout à la société.

Aux U.S.A, là où j'ai élu domicile depuis tantôt quinze (15 ) ans, l'éternelle question du racisme déchire le tissu social. Il hante les esprits, les cœur. Il fait la une dans les conversations à la radio, à l'école, à l'université et dans les transports en commun (bus, train...).

Le mouvement ''Black lives matter" (les Noirs comptent aussi), déclenché après la mort de Georges Floyd dans les rues de Minneapolis en l'année 2020, a réveillé la conscience de la majorité de la population.

La communauté des artistes afro-américains, de plus en plus frustrés et révoltés, s'exprime ouvertement, librement soit à travers leurs graffitis, leurs poèmes, leurs sculptures ou du moins leurs chansons, leurs vidéo-clips.

C'est le cas de Gabriella Sarmiento Wilson, de son sobriquet H.E.R, qui a récolté le Grammy ''chanson de l'année" dans le cadre de la 63e édition des Grammy Awards qui s'est déroulée au Staple Center, Los Angeles, le dimanche 14 mars 2021, animée par l'humoriste-acteur sud-africain Trevor Noah.

Le texte porte la signature de Tiara Nicole Thomas et de Gabriella Wilson et produit par Dernst Emile (D'Miles), le fils du guitariste-arrangeur Dernst Emile et de la célèbre chanteuse Yanick Etienne, connue pour son hit au parfum jazz "Mistè Damou".

D'Miles est né et a grandi  dans le quartier de Flatbush, New York. Keyboardiste, il a bossé avec de grosses pointures du paysage de la musique américaine. Citons entre autres, Rihanna, Janet Jackson, P. Diddy, Justin Timberlake, Lil Wayne, Jennifer Lopez, Bruno Mars et Charlie Wilson.

L'artiste-producteur-guitariste et compositeur Dener Céïde, résidant à New Jersey, estime que la nature l'a récompensé à travers son fils Dernst Emile, brillant arrangeur qui a contribué à l'épanouissement de la musique haïtienne durant les années 70, 80 en apportant sa touche dans les oeuvres du crooner Ansy Dérose et des formations musicales Mystic, Skah-Shah, System Band et Mini All Stars.

« Ce que j'ai surtout aimé dans "I can't breathe", ce sont les arrangements des cordes. Il a réalisé un travail exceptionnel. En ce sens, il a fait honneur à son père Dernst Émile que je respecte énormement », a témoigné M. Céïde.

"I can't breathe", aux couleurs neo-soul, nous rappelle, côté mélodique, la pièce "Ain't no sunshine '' du chanteur and band soul américain et parolier Bill Withers. La chanson évoque le racisme dans tous ses états, sa nudité et sa cruauté.

"Toute cette corruption, cette injustice, les mêmes crimes

et nous mourrons, nous n'avons pas les mêmes droits

que faudra-t-il aux gens pour défendre nos vies

si nous sommes tous d'accord

sur le fait que nous sommes tout aussi égaux que les autres

alors pourquoi nous ne pouvons pas voir ce qui est mal.".

                                                       ou

"Nos ancêtres ont été dépouillés, battus et emprisonnés

c'est ça la fierté américaine

elle justifie un génocide

ils romantisent les massacres

qui ont fait de l'Amérique ''La terre de la liberté"

L'interprète de ''I can't breathe", H.E.R, est une chanteuse américaine de tendance R and B. Elle est née le 27 juin 1997 en Californie. Elle compte à son palmarès les albums H.E.R (2017) et "I need to know her'' (2019).

Multi-instrumentiste, elle manie avec dextérité le piano, la batterie, la basse, la guitare et a performé en février de cette année, la chanson "America is beautiful" lors de la 55e édition de la finale des Super Bowls à Tampa, Florida.

                              

  André Fouad.
Auteur


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