Natation scolaire

Travailler à l’implantation de la natation dans les activités scolaires

La natation scolaire rentre dans le cadre de < NATATION POUR TOUS, NATATION POUR LA VIE > Pour le président de la Fédération haïtienne des sports aquatiques (FHSA), le Dr Évenel Mervilus, le projet se présente comme un énorme défi à relever pour la fédération compte tenu du peu d’intérêt accordé par l’État à travers le ministère des Sports pour le développement et la structuration du sport scolaire à l’échelle nationale. Malgré tout, il croit en des lendemains meilleurs pour la natation scolaire parce que ceci fait partie de la mission et de l'objectif que s‘est donnés la Fédération haïtienne des sports aquatiques (FHSA).

Publié le 2020-10-03 | lenouvelliste.com

Le Nouvelliste : Comment travaillez-vous au niveau de la FHSA pour l'entrée de la natation dans le lot des activités scolaires ?

Dr Évenel Mervilus : La natation est avant tout une discipline sportive, une discipline différente des autres et, pour son application dans les activités scolaires, il nous faudra un programme. C'est là que la question est intéressante. La FHSA a à sa disposition toute une équipe qui a les compétences de travailler sur un programme académique, et ce dernier répondra aux exigences conformes et pédagogiques. Ce programme prévoit la natation comme étant un chapitre du cours de sports déjà implanté dans pas mal d'établissements. Certains d'entre eux priorisent le foot, le volley-ball, le handball et, pourquoi pas, la natation qui, au fur et à mesure, intégrera le système.

LN : Vu le manque d’infrastructures, comment la fédération compte s’y prendre quand reviendra l’occasion de délivrer des formations ainsi que d’organiser des compétitions ?

EM : Le manque d'infrastructures n'est toutefois pas un souci pour nous, car le programme étant jeune, cela nous donnera le temps pour analyser en profondeur les structures. Préalablement, la FHSA a des piscines, telle celle de l'Université adventiste d'Haïti, Marine haïtienne et certaines autres piscines privées à travers la zone métropolitaine et dans les villes de province.

LN : Ne pensez-vous pas prendre le taureau par les cornes, en allant discuter avec les professeurs et responsables d’établissements scolaires pour leur parler de ce grave problème ?

EM : Un grand merci à vous, c'est d’ailleurs une proposition très intéressante. Vous nous suggérez quelque chose qui fait partie de notre programme. Ce dernier ne serait pas complet sans l'accord des établissements scolaires, vu qu'on parle non seulement de « Natation pour tous, Natation pour la vie », mais aussi de la natation au niveau scolaire.

LN : La structuration ainsi que le développement de la natation au niveau scolaire se présente avant tout comme une équation qui sera très difficile à résoudre…comment comptez-vous vous y prendre ?

EM : Cette notion de difficulté est relative. On n'ignore jamais le risque de ne pas réussir. C'est une toute première lancée, nous devrions avoir le support et l'attention du ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle afin que notre programme ait un sens en tant que partie intégrante du cursus scolaire.

LN : Hormis le secteur privé, il y aura l’État à pouvoir jouer pleinement sa participation. Comment entendez-vous motiver et sensibiliser l’État haïtien qui, jusqu’à présent, fait la sourde oreille ?

EM : L'État ne se résume pas seulement au gouvernement et/ou à la législation, mais il nous concerne. Tant que chaque institution est consciente du bien que la FHSA aura à faire dans l'éducation de nos jeunes à viser le développement, autant que nous serons satisfaits et, à ce moment-là, le gouvernement va, à travers le ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle ainsi que le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l'Action civique, supporter le projet. Il serait difficile de commencer sans l'apport du gouvernement et/ou de la législation, nous avons au moins pour tâche de les aborder en montrant l'intérêt général de ce programme pour nos jeunes et pour le développement du pays.

LN : Ne pensez-vous pas à la mise sur pied d’une commission interscolaire regroupant des responsables d’établissements scolaires avec pour tâche de planifier et d’organiser des compétitions et formations pendant que la FHSA s’occupera en grande partie de l’aspect technique ?

EM : Tous ceux qui participent au développement de la natation participe au développement également, ils seront les bienvenus. C'est le cas du foot, du volley-ball, du handball, etc. Tous le font, pourquoi pas la natation qui est aussi une discipline sportive ? Autant suivre la voie tracée par ces fédérations citées plus haut.

LN : Vous attendez-vous à une aide financière et matérielle de la part de la fédération internationale, d'organisations internationales et des ambassades et consulats ?

EM : C'est un projet qui vise à la fois l’éducation et le sport. Nulle part, le développement n'est solitaire. Tant que l'aide vient de partout, nous serons mieux agencés afin de pouvoir gérer l’énormité des dépenses qui se présentent.

LN : Etes-vous sûr de relever le défi qui n’est autre de développer et structurer la natation à l’échelle nationale en passant par la natation scolaire ?

EM : C'est notre mission, même si, pour nous autres, elle est un grand défi à relever. Nous devrions travailler sans trêve afin de pouvoir accomplir notre mission.

LN : Qu’avez-vous à nous dire comme mot de la fin ? 

EM : Il revient à  nous, les membres du comité exécutif de la Fédération haïtienne des sports aquatiques, plus particulièrement moi-même Dr. Évenel Mervilus, président, et mon staff immédiat, maître Séphar Jean-Louis, Mme Ruby King, Dr Mendelssohn Maurice, M. Rosselino Vivaldi, etc., de lancer un vibrant appel aux secteurs public et privé pour nous aider à rénover la piscine olympique du centre sportif de Carrefour qui va définitivement nous aider plus rapidement avec le projet « NATATION SCOLAIRE via NATATION POUR TOUS, NATATION POUR LA VIE ».  

Propos recueillis par Emmanuel Bellevue
 

Auteur


Réagir à cet article