Enquête PetroCaribe: Jude Célestin entendu par la commission

Publié le 2017-07-21 | lenouvelliste.com

Dans la marche vers l'«approfondissement» de l'enquête sur l'argent du PetroCaribe, une audition ouvre la voie, dans beaucoup de cas, à de nouvelles auditions. Parce que les commissaires doivent fouiller, investiguer et chercher des failles là où le rapport Latortue a peut-être flanché. Ce jeudi, ils ont questionné à huis clos Lionel Constant Bourgouin et Jude Célestin, respectivement ex-directeur général de l'ULCC et ex-directeur général du CNE. Ce dernier, après l'audition de l'ancien ministre des TPTC de Michèle Duvivier Pierre-Louis, devrait s'expliquer sur les quelque 80 millions de dollars alloués au CNE pendant la période d'urgence 2008/2009. «On avait jugé nécessaire de l'entendre», indique le premier des commissaires Evalière Beauplan, en marge de l'audition. Le sénateur de l'Ouest, qui s'apprête à demander une rallonge au président de l'assemblée tant ils [les commissaires] ont du pain sur la planche, explique que de nouvelles personnalités vont être entendues. Il évoque l'ancien commissaire du gouvernement Danton Léger, parce que celui-ci a voulu faire une confrontation entre Eustache Saint-Lot et Wilson Laleau, respectivement ex-directeur général du BMPAD et ex-ministre de l'Économie et des Finances. Gabriel Paul Émile, ancien directeur adjoint du FAES, du temps où feu Klaus Eberwein était directeur général, devrait également se prêter au jeu. Mais les auditions ne s'arrêteront pas là. Les commissaires ne veulent rien laisser au hasard. Max Roudolph Saint-Albin, actuel ministre de l'Intérieur mais ancien directeur général de l'OFATMA et Joanas Gué, ancien ministre de l'Agriculture de Michèle Duvivier Pierre-Louis, sont, entre autres, les principales figures qui vont défiler au bicentenaire. Mais tous les auditionnés, parfois très sereins, continuent de clamer haut et fort leur innocence. Le dernier en date, Jude Célestin, n'avait rien à voir avec la gestion de l'argent. Le CNE, avec lui aux manettes, s'est procuré beaucoup d'équipements. «La commission voulait savoir si j'avais un contact direct avec l'argent destiné à leur achat. La réponse est non. Il y avait une entité qui gérait les équipements et qui le faisait bien», s'est-il borné à dire. «J'étais là pour apporter de la lumière à la commission. Ce que je pense avoir fait», enchaîne Jude Célestin. Le double candidat à la présidentielle n'a pas voulu en dire plus. Mais dans l'intervalle, la commission de suivi et d'«approfondissement» de l'enquête PetroCaribe poursuit son travail. Les commissaires savent que de cet exercice dépend leur réputation. Le sénateur Evalière Beauplan le sait et c'est peut-être pourquoi il n'est pas pressé. «Nous avons une équipe technique qui travaille sur le terrain. Et une autre qui travaille sur les cahiers comptables», a-t-il dit, porté par le désir de pondre un travail objectif.


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