Documentaire

« Jacques Roumain, la passion d\'un pays » d\'Arnold Antonin

Les images d\'époque, comme le débarquement des marines, la photo de Georges Jolibois, les allusions filmées au contexte politique international - montée du fascisme avec Mussolini, Hilter, images de bombardement de la deuxième guerre mondiale - les rappels des grands faits artistiques tels le jazz de Louis Armstrong, Guernica de Pablo Picasso, \"Le dictateur\" et la satire du machinisme, \"Les temps modernes\" de Charlie Chaplin n\'ont pas manqué de nous émouvoir.

Publié le 2008-08-07 | Le Nouvelliste

Culture -

Par Roland Léonard Je reviens à la fois comme émerveillé, abasourdi et sidéré de cette projection au centre Pétion Bolivar: ce film est, jusqu\'à aujourd\'hui, le document audiovisuel le plus exhaustif sur l\'illustre héros et écrivain haïtien. Héros? Oui, à l\'instar de milliers de personnes fascinées par le personnage, Arnold Antonin témoignant face à la caméra, au début de la projection, déclare que dans sa jeunesse il le rangeait à côté des Toussaint Louverture, Dessalines, Pétion, Christophe et autres géants politiques de notre histoire. Ce documentaire d\'une heure cinquante-quatre minutes met en exergue, sur fond noir, cette phrase du poète Charles Baudelaire: «Je considère le poète comme le meilleur des critiques », il s\'ouvre sur des images de la foire « livres en folie », où un échantillonnage de lecteurs, pris sur le vif, parlent avec candeur de leur connaissance ou ignorance de Jacques Roumain. L\'ensemble n\'est pas très brillant, et comme bilan on peut dire que beaucoup ne l\'ont pas lu véritablement ou ne le connaissent qu\'à travers les raccourcis de manuels d\'histoire littéraire. Le premier témoin à nous en parler est son ami d\'enfance et futur membre de son parti, Max Vieux, camarade de classe à Saint-Louis de Gonzague, avec qui il partageait le goût de la bagarre et de l\'athlétisme. Ce centenaire, bien portant et lucide, né en 1907 comme lui, devient définitivement incontournable par sa mémoire immense des faits de notre passé historique depuis 1915. Cet agronome - comme l\'aurait été l\'écrivain, s\'il avait persisté - a été d\'un concours précieux dans la relation de l\'enfance de Roumain qu\'il décrit comme un bagarreur-né. Les autres témoins intéressants à signaler sont : Max Sam, lui aussi centenaire et ex-membre de son parti; Marie-Henriette Roy, sa première fiancée (centenaire en 2007) avec laquelle il avait rompu; Lily Fortuné Charlot, Mme Odette Roy Fombrun; Gishlaine Charlier;, les neveux de Roumain, Claude et son frère. Il y a des jugements et des interventions d\'écrivains contemporains comme: Lyonel Trouillot, Dieudonné Fardin, Michel Hector. Les autorités religieuses ont pris la parole, elles aussi, à savoir, le père William Smarth, Monseigneur François Gaillot. La fiction adéquate et muette s\'est mêlée au documentaire; de jeunes acteurs ont incarné l\'enfant et le jeune homme à l\'éternelle cigarette. Les images d\'époque, comme le débarquement des marines, la photo de Georges Jolibois, les allusions filmées au contexte politique international - montée du fascisme avec Mussolini, Hilter, images de bombardement de la seconde Guerre mondiale - le rappel des grands faits artistiques, tels le jazz de Louis Armstrong, \"Guernica\" de Pablo Picasso, \"Le dictateur\" et la satire du machinisme \"Les temps modernes\" de Charlie Chaplin n\'ont pas manqué de nous émouvoir. Nous avons été édifiés à la vue des figures amies de l\'écrivain: Langston Hughes, Nicolas Guilen; Paul Robeson, l\'acteur noir et chanteur communiste; Pablo Neruda; les compagnons de cellules, d\'emprisonnement tels que Georges Petit, Max Hudicourt, Christian Beaulieu; le camarade de sport, avec Max Vieux, Sylvio Cator champion olympique en 1928... on ne finirait pas d\'évoquer les visages pathétiques, comme celui jeune et beau de Jean Brierre qui devait prononcer son éloge funèbre, de Philippe Thoby Marcelin Le documentaire progresse par séquences chronologiques, au rythme des faits les plus saillants de la biographie de Roumain. La traversée est soutenue par la musique d\'époque jouée au piano par madame Micheline Laudun Denis. On a identifié \"Carte Blanche \" d\'Occide Jeanty, \"la trompeuse\". Les portraits de Justin Elie, de Ludovic Lamothe nous ont remués. Les voix off de Pierre Brisson et de Réginald Lubin sont chaleureuses; Syto Cavé et Georges Castera nous sont montrés récitant des poèmes . Réserves - Ce documentaire excellent aurait pu s\'achever sur les inductions, les extrapolations et le symbolisme poétiques de la mort de l\'écrivain; sa victoire sur le destin par l\'immortalité de son image... mais on devait quand même parler de \" Gouverneurs de la Rosée \".

Roland Léonard Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".