MENFP/UPAG/Gonaïves/Inauguration

Une université publique dans l\'Artibonite

Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, accompagné de membres de son gouvernement, dont le titulaire du MENFP, Gabriel Bien-Aimé, a posé solennellement le premier jalon vers la création de l\'Université Publique de l\'Artibonite aux Gonaïves (UPAG). La cérémonie officielle d\'inauguration a eu lieu le vendredi 5 janvier 2007 au local du Podium des Jeunes. Inscrit dans le cadre du PNEF, cet ambitieux projet vise à doter les départements géographiques du pays d\'une structure publique d\'enseignement supérieur. Décentralisation éducative oblige.

Publié le 2007-01-09 | Le Nouvelliste

National -

«C\'est la deuxième université que le président Préval et le gouvernement mettent en place», a indiqué avec bonheur le Premier ministre Jacques E. Alexis lors de la cérémonie officielle d\'inauguration de l\'UPAG déroulée au local du Podium des Jeunes sis à l\'angle des rues Paul Koss et H. Christophe aux Gonaïves. Mettant l\'emphase sur l\'initiative d\'implanter dans le département du Sud une structure universitaire permettant à la décentralisation, la régionalisation de devenir une réalité, M. Alexis n\'a pas caché sa satisfaction de poser ce premier jalon vers la création de l\'UPAG qui entre, selon lui, dans une préoccupation constante du chef de l\'Etat de doter le pays d\'infrastructures d\'éducation et d\'alphabétisation, d\'éducation formelle et non formelle. «Ce n\'est qu\'un premier pas», a reconnu le chef du gouvernement qui croit que l\'université est une construction continue, et donc, elle ne se bâtit pas en un jour, non seulement à cause des problèmes matériels, financiers et de masse critique de professeurs compétents, mais encore parce qu\'elle est un investissement permanent. «Nous devons pouvoir continuer à accompagner le MENFP qui, dans le cadre du PNEF, en ce qui a trait à l\'enseignement supérieur, doit pouvoir doter les autres départements géographiques du pays de structures d\'enseignement supérieur», a souligné l\'ancien ministre de l\'Education nationale qui s\'est montré préoccupé par les ressources humaines dont l\'UPAG aura besoin pour accomplir effectivement sa mission qui consiste à conduire une recherche scientifique de qualité et développer des services essentiels à la communauté. Emprunter la voie de l\'excellence... «Haïti n\'a pas encore fait l\'effort nécessaire pour avoir des universités dignes de ce nom», a avoué, la mort dans l\'âme, l\'ancien Recteur de l\'Université Quisqueya (UNIQ) qui estime qu\'il faut, en cessant de regarder en arrière, emprunter le chemin de l\'excellence et de la qualité encore que l\'université, dans sa dimension universelle, doit également s\'adapter à son monde en s\'intéressant, du mieux qu\'elle peut, aux problèmes de son environnement immédiat. «Il est nécessaire pour l\'UPAG d\'être en phase avec les problèmes des familles défavorisées, des gens figurant parmi les exclus», prévient M. Alexis qui estime que cette nouvelle structure universitaire publique ne peut être indifférente aux problèmes d\'insécurité. Et qu\'elle doit aider la population à réfléchir sur ses problèmes, à la question du chômage, de la pauvreté (extrême) et à y trouver des solutions idoines. «L\'UPAG, tout en remplissant sa mission universelle, va se pencher avec attention sur les problèmes de la région», insiste le locataire de la Primature qui admet qu\'à cet égard, la tâche ne sera pas facile, mais avec l\'appui de la communauté artibonitienne, l\'UPAG s\'en acquittera avec succès. «A Port-au-Prince même se pose le problème de professeurs qualifiés. Il faudra des structures pouvant accueillir des enseignants en vue du développement de l\'UPAG», propose M. Alexis qui préconise la mise en réseau de cette structure universitaire publique de sa ville natale, appelée à être membre de l\'AUF (Agence Universitaire de la Francophonie), de l\'Association des Universités américaines, etc. «Nous allons multiplier les efforts au niveau du gouvernement, autant que les budgets votés par le Parlement nous le permettront, pour répondre aux attentes de toute l\'équipe de l\'UPAG», promet le numéro un de la Primature qui annonce la création de plus de lycées, de plus d\'écoles publiques et professionnelles, dont une école d\'infirmières pour sortir le département de l\'Artibonite, dotée d\'une histoire légendaire, de la situation d\'insécurité qui entrave son développement socio-économique. Un événement socio-éducatif et culturel d\'importance Pour sa part, le ministre de l\'Education, Gabriel Bien-Aimé, définissant la mission de centres universitaires publics en région, a précisé d\'entrée de jeu que l\'UPAG s\'inscrit dans le cadre du programme du gouvernement visant à promouvoir l\'enseignement supérieur en dehors de la capitale. Et à répondre aux besoins et réalités du développement socioéconomique des zones d\'implantation. «L\'UPAG a pour mission, comme les autres centres, de contribuer au processus de décentralisation du pays par la formation de ressources humaines hautement qualifiées et par des appuis technologiques qu\'elle apporte aux administrations publiques et parapubliques, particulièrement les collectivités territoriales, de même qu\'aux entreprises publiques et privées», a précisé M. Bien-Aimé qui a insisté sur le fait que ce centre d\'enseignement supérieur est une institution publique, autonome placée sous la tutelle du MENFP. Et ayant pour obligation d\'oeuvrer à la promotion sociale et à l\'épanouissement intellectuel des populations de la région. Le numéro un du MENFP dit croire qu\'il s\'agit là d\'un événement socio-éducatif et culturel d\'une grande importance pour le pays en général et pour le département de l\'Artibonite en particulier. Appelant les futurs étudiants à l\'UPAG et leurs parents à comprendre et mesurer tout le sens de cette initiative, le ministre Bien-Aimé fait savoir que l\'éducation est la clé permettant d\'atténuer les inégalités sociales qui caractérisent la société. «L\'éducation de qualité et la formation professionnelle peuvent aider nos jeunes à résoudre inexorablement le problème de l\'exclusion sociale dont ils sont les principales victimes», a-t-il soutenu. Il admet que la croissance continue de la demande en éducation est révélatrice de la création de centres d\'enseignement public supérieur. «Une proportion non négligeable quitte le pays pour la République dominicaine afin de poursuivre des études post-secondaires [...] D\'autres prennent le chemin de la capitale, sans ressources matérielles et financières. Dans ces conditions, rester dans son patelin apparaît comme la solution idéale», fait valoir M. Bien-Aimé qui trouve là tout le sens de l\'UPAG, à ce tournant de la réalité éducative... Bien comprendre cet effort du gouvernement «Tant qu\'il y a un seul jeune en dehors des salles de classe, nous nous battrons. Tant que l\'éducation en Haïti ne retrouvera pas sa qualité et son aura d\'antan, nous nous battrons», a juré le titulaire du MENFP qui demande à tout un chacun de bien comprendre cet effort déployé par l\'Administration Préval/Alexis qui, en matière éducative, entre autres, a de quoi se frotter les mains d\'avoir fait oeuvre qui vaille malgré les faibles moyens disponibles. «Quand nous avons décidé d\'ouvrir les 464 salles de septième année pour permettre aux 28763 jeunes de continuer leurs études [...], quand nous avons convenu de créer l\'UPAG, des gens malintentionnés ont proféré des menaces», déplore M. Bien-Aimé qui se demande perplexe si les jeunes ne devraient pas avoir la possibilité de parfaire leur éducation. Remerciant sénateurs et députés de la région pour leur appui et les représentants des Pays Amis d\'Haïti qui accompagnent les jeunes artibonitiens dans leur projet de citoyenneté et d\'insertion professionnelle, M. Bien-Aimé souhaite du succès continu à tous ceux qui fréquenteront l\'UPAG et qui, une fois décrochés leurs diplômes en tant que professionnels qualifiés, mettront leurs savoirs et leur savoir-faire au service du pays. La jeunesse artibonitienne aux anges Le recteur de l\'UPAG, Michel A. Saint-Louis (docteur en droit Public et ès Sciences Politiques d\'Etat à l\'université Paris IV, Sorbonne et ancien doyen du département des Sciences Sociales à l\'Université Moncton, Montréal), a exprimé ses sentiments de gratitude à l\'égard du Président Préval, du Premier ministre Alexis et du ministre de l\'Education Gabriel Bien-Aimé d\'avoir rendu possible la réalisation du projet de création de l\'UPAG. Institution appelée à recevoir les flux migratoires de quatre départements : le Nord-Ouest, le Centre, l\'Ouest et l\'Artibonite. «La géographie impose à l\'UPAG une vocation régionale. Elle sera ouverte aux gens de progrès de la ville d\'adoption d\'Anténor Firmin qui restera fidèle à son histoire», a lancé M. Saint-Louis qui assure que la jeune université manifestera avec toutes les villes de la région, particulièrement la ville de Saint-Marc, où, le moment venu, elle compte établir un petit campus d\'une grande efficacité. Heureux d\'avoir la charge de conduire la destinée de l\'UPAG, Michel A. Saint-Louis, natif natal de l\'Artibonite, apparaissait dans son propos comme un héros prométhéen, avec son tempérament de lutteur, sa vision d\'homme d\'action, son énergie calculatrice et son sens aigu de l\'organisation. Il vise réalistement à relever le défi qui consiste à faire de l\'UPAG une université de référence et de qualité. «Notre vision de l\'UPAG ne sera pas une institution d\'enseignement supérieur comme les autres. Elle sera axée sur les besoins réels de notre société de même que sur le développement de la région et du pays», a-t-il lancé en mettant l\'accent sur l\'exclusion qui a frappé trop longtemps les masses populaires et qui est responsable en grande partie des maux qui gangrènent la nation. «Qu\'on se le dise : nous ne voulons pas de n\'importe quelle université qui délivre des diplômes à qui mieux mieux et qui n\'ont aucune valeur réelle, produisant des hommes voués au chômage, et dans tous les cas, au banditisme de toutes sortes. L\'UPAG se développera au rythme de ses moyens», tonne le recteur de l\'UPAG qui annonce l\'ouverture, dès le 8 janvier 2007, des deux unités composantes actuelles de l\'UPAG, en l\'occurrence la Faculté des Sciences de l\'Éducation et l\'Institut des Sciences Juridiques, Economiques, Comptables et de Gestion. A en croire M. Saint-Louis, l\'UPAG s\'enrichira chaque année de nouvelles composantes. «C\'est que l\'on ne construit pas une université en un jour. Son développement est avant tout l\'oeuvre du temps, des hommes et des femmes avides de partager leurs connaissances et de faire répandre autour d\'eux le savoir et les idées de progrès», a-t-il indiqué en mettant en relief les programmes que concevra l\'UPAG, et ce, en fonction de ce qui est utile et nécessaire au développement de la région. Typologie de la formation offerte par l\'UPAG D\'après le Dr Michel A. Saint-Louis, trois types de formation seront offerts à l\'UPAG : la formation de cycle long, appelée aussi formation initiale ou disciplinaire. Ces programmes,à la fin des études, sont sanctionnés par des diplômes de licences, de maîtrise et de Doctorat. Viennent ensuite les programmes de cycle court concernant les formations appliquées. Elles sont dispensées en fonction du marché du travail et des besoins socioéconomiques de la région. Ministères, organismes tant publics que privés et autres commanditaires contribuent à leur élaboration. «Ces programmes peuvent englober toute une gamme de formations : le recyclage des agents publics, les juges, les personnels de l\'éducation, de la santé, des collectivités territoriales, les salariés des banques, des industries, des organismes sociaux, etc.», ajoute le recteur de l\'UPAG qui indique que ces formations sont sanctionnées par des certificats et qu\'elles sont des formations sur mesure. Il existe également des programmes à l\'éducation permanente. Ils ont une fonction sociale. Des cours d\'alphabétisation, de calculs élémentaires, de gestion alimentaire pour les petits marchands sont prévus en saison d\'été, d\'après M. St-Louis. Qui dit rêver d\'une université avec un grand campus où les facultés, écoles, centres, instituts, en synergie, développent leur capacité de performer, de rayonner en vue de transformer tout cet ensemble en un véritable sanctuaire du savoir et du développement humain. Telle une ruche bourdonnante, où chaque élément, chaque composante joue sa partition et remplisse son rôle dans cet environnement solidaire. «Nous rêvons de voir l\'UPAG s\'autofinancer en partie. Car les universités coûtent cher», a lancé le numéro un de l\'UPAG qui reconnaît que l\'Etat haïtien n\'a pas suffisamment de moyens pour financer extrêmement les universités et qu\'il revient aux dirigeants de ces institutions de faire preuve d\'imagination pour augmenter de leur propres moyens leur financement qui peut aller de 15 à 20%. «Compte tenu du fait que les étudiants sont très en retard, nous sommes obligés, en première année, d\'organiser un propédeutique leur permettant de suivre uniquement des cours de mise à niveau tout au cours du premier semestre», assure M. Saint-Louis qui annonce le début des cours dans les disciplines qui conduiront les étudiants vers leurs options au second semestre. D\'autant que 50% des profs viendront des Gonaïves et 50% de Port-au-Prince avec leur doctorat. «Ce n\'est pas une anomalie si nous sommes forcés de recruter des professeurs avec leur licence d\'Ecole Normale», a lâché le recteur qui répondait à une question sur les critères de sélection des enseignants. «J\'ai déjà pris des contacts avec l\'Ambassade de France qui promet un programme de bourses d\'études à ces profs qui iront à Paris pour une maîtrise, puis pour un doctorat», assure le recteur de l\'UPAG qui tente ainsi de prouver que le problème de professeurs qualifiés et compétents à l\'UPAG n\'est pas sans solution. Et que le défi de l\'excellence et de la qualité est bel et bien à sa portée. Pour le président de la Commission Education du Sénat de la République, Yvon Buissereth, l\'UPAG répond à un réel besoin : elle permettra aux milliers d\'étudiants de l\'Artibonite issus des familles nécessiteuses d\'y voir un peu plus clair dans leur formation professionnelle et universitaire. «C\'est un grand pas vers les solutions des problèmes du sous-développement», a indiqué le parlementaire. «La problématique du développement en Haïti se réfère,entre autres, à la situation d\'inadéquation du cadre cognitif établi qui, en tout état de cause, pose une limitation des élites en général et des élites locales en particulier à assumer leur fonction d\'avant-garde en matière d\'organisation et de développement des diverses régions du pays», estime le sociologue Wesner Désir qui voit venir le temps de corriger cette situation et rétablir un cadre approprié par la mise en place des infrastructures d\'enseignement supérieur adéquates à travers le pays.

Robenson Bernard Auteur

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