Haïti/Elections/7 février 2006

L'ONU, l'OEA et la CARICOM se prononcent

Les préparatifs vont bon train pour la tenue du premier tour du scrutin présidentiel et législatif en Haïti le 7 février prochain. Les pays dits "amis d'Haïti" et certaines organisations internationales se félicitent de la ferme volonté des autorités haïtiennes à respecter cette fois-ci la date des élections. Tandis que la CARICOM, dont Haïti est membre à part entière, conditionne sa présence à l'observation internationale de ces joutes à la libération des anciens dirigeants lavalas incarcérés sans être jugés.

Publié le 2006-01-17 | Le Nouvelliste

National -

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti, Juan Gabriel Valdès, a confirmé ce lundi 16 janvier 2006 à Buenos Aires la tenue des élections présidentielle et législatives en Haïti, dont le premier tour est fixé au 7 février. "Je le répète, il y aura des élections, les conditions techniques et politiques sont remplies, il n'y a aucune raison de les reporter", a déclaré devant la presse, M. Valdes, à l'issue d'une réunion avec le ministre des Affaires étrangères argentin, Jorge Taiana, et les vice-ministres des Affaires étrangères du Brésil, d'Uruguay, du Chili, du Guatemala, de l'Equateur et du Pérou, réunis à Buenos Aires pour évoquer la situation en Haïti et le calendrier électoral. Le premier tour des élections présidentielle et législatives a été fixé au 7 février, selon un nouveau calendrier électoral rendu public le 7 janvier à Port-au-Prince. Selon ce calendrier, le deuxième tour des scrutins est prévu le 19 mars et le président élu rentrera en fonction le 29 mars 2006. Aucun retour en arrière M. Valdes a dit espérer qu'au moins "80% des cartes d'électeurs" seront distribuées aux 3,5 millions d'Haïtiens inscrits pour participer à ce scrutin reporté à plusieurs reprises. Initialement prévues le 15 novembre 2005, les élections haïtiennes ont déjà été reportées successivement au 20 novembre, au 27 décembre et au 8 janvier. Les reports ont été expliqués par des problèmes techniques concernant notamment la distribution des cartes électorales et l'identification des bureaux de vote. Trente-quatre candidats, dont une femme, se présentent à l'élection présidentielle. Mille trois cents candidats vont s'affronter pour 130 sièges au Parlement (Sénat et Chambre des députés). Il s'agit des premières élections depuis la chute en février 2004 de l'ancien président, Jean-Bertrand Aristide, actuellement en exil en Afrique du Sud. M. Valdès a, par ailleurs, assuré que l'insécurité en Haïti était en baisse, citant la diminution "notable" des enlèvements avec séquestration constatée depuis le début de l'année. Il y a désormais, a-t-il affirmé, un ou deux enlèvements par jour, contre environ une vingtaine, il y a quelques semaines. Il a indiqué sur ce point que l'absence d'élections rendait "beaucoup plus difficile la stabilisation du pays". "Nous sommes convaincus que la tenue de ces élections est un fait politique favorable à la stabilisation et à la pacification du pays", a-t-il souligné. Il a également averti que la communauté internationale n'accepterait aucun "retour en arrière" et qu'elle soutiendrait le retour à la démocratie, "quelque soit la force politique qui remportera les élections". La CARICOM monte au créneau De leur côté, les pays membres de la Communauté caraïbénne (CARICOM) se sont déclarés, vendredi, prêts à participer en tant qu'observateurs internationaux aux prochaines élections dont le premier tour est fixé au 7 février 2006. Parallèlement, ils ont exigé des autorités haïtiennes la libération de tous les anciens dirigeants Lavalas détenus sans être jugés. Dans une déclaration adoptée à Georgetown (Guyana), où se trouve le siège de l'organisation, les membres de la CARICOM ont exigé l'élargissement de "toutes les personnes emprisonnées arbitrairement et le jugement dans les meilleurs délais de tous ceux qui font l'objet d'accusations". "L'incarcération prolongée de personnalités politiques sans aucune charge retenue contre elles, d'une part, la lenteur du processus judiciaire engagé contre ceux qui sont accusés, d'autre part, peuvent compromettre la situation des droits humains et compliquent l'atmosphère de sécurité dans le pays", ont-ils précisé. L'OEA se positionne Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains, José Miguel Insulza, s'est montré, le vendredi 13 janvier, optimiste quant à l'organisation du premier tour du scrutin le 7 février prochain, a rapporté l'agence italienne ANSA. M. Insulza qui s'exprimait à Santiago du Chili estime que le climat d'insécurité qui continue de secouer le pays ainsi que la mort du commandant de la MINUSTAH ne vont pas empêcher la tenue d'élections crédibles et honnêtes dans le pays. "Ces faits sont normaux dans tous les systèmes où certains se sentent menacés de perdre les élections. Ils s'agitent un peu et réagissent", a-t-il indiqué. Le diplomate chilien a, d'autre part, fait remarquer que la violence en Haïti n'est pas exclusivement liée au processus électoral, mais aussi aux graves déficiences du pays en matière de sécurité et de ses problèmes économiques et sociaux. Il en a profité pour appeler au maintien des troupes internationales composant la MINUSTAH après les élections. Importante réunion sur la situation d'Haïti Les sept pays de l'Amérique latine engagés en Haïti organisent ce lundi des consultations à Buenos Aires (Argentine) dans le cadre d'une réunion d'urgence sur les prochaines présidentielle et législatives haïtiennes. Les vice-ministres de la défense et des Affaires étrangères de l'Argentine, du Brésil, du Chili, de l'Uruguay, du Pérou, de l'Equateur et du Guatémala veulent évaluer l'évolution de la crise haïtienne, mais aussi l'avenir de leurs troupes dans le pays. "Nous devons nous assurer du respect du calendrier électoral et contribuer à partir des organismes internationaux au succès des élections", ont déclaré dimanche des responsables argentins au Palais San Martìn, le siège de la chancellerie où est prévu ce mini-sommet régional. Le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, et le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour Haïti, Juan Gabriel Valdès, participent également aux discussions. Le directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Bernard, avait donné le vendredi 13 janvier la garantie que le premier tour des élections législatives et présidentielle aura lieu comme prévu le 7 février 2006. « Tous les problèmes techniques liés au processus électoral sont quasiment résolus », avait-il précisé. Jacques Bernard s'était déclaré satisfait du déroulement du processus de distribution des cartes d'identification nationale sur tout le territoire national. Il avait fait état de certaines mesures du CEP en vue de résoudre tous les problèmes qui pourraient empêcher la tenue du scrutin le 7 février. Les responsables de la MINUSTAH, de leur côté, avaient jugé réaliste le nouveau calendrier. Ils avaient pris l'engagement de rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays en vue de créer un climat stable pour la tenue du scrutin.

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