Sachernka Anacacis, le théâtre dans la peau !

PUBLIÉ 2016-10-19


Sachernka Anacassis, 23 ans, est une jeune comédienne membre de la Brigade d’Intervention théâtrale d'Haïti et de Konpayi Teyat Lobo. Son nom d’artiste est Sacha. Née d'une famille de cinq enfants dont elle est la cadette, elle étudie la communication sociale à la Faculté des sciences humaines(FASCH) et est coordonnatrice des activités socioculturelles à la Fondation Toya. Sacha se décrit comme étant une personne « gentille, sexy, agréable à supporter, la fille la plus chanceuse au monde, adepte du secret et de la magie de l'énergie positive provenant de mère Nature (ma seule vraie croyance) qui doit beaucoup à la vie ». Elle fait du théâtre depuis 2009, elle a joué pour la première fois dans une pièce mise en scène par Bengie Alcimé. Cependant sa carrière a véritablement débuté en 2011 avec l’aide de Billy Mondésir, qui, pour la commémoration du premier anniversaire du séisme du 12 janvier 2010 l’a invitée à participer à une lecture scénique sous la direction de Michèle Lemoine qui allait être reprise pour le Festival des Quatre Chemins des mois plus tard. Contrairement à d’autres qui ont dû galérer avant de participer à de grandes créations, elle a eu un bon début avec des projets assez intéressants et a toujours été traitée comme une pro. Elle nous dit que le théâtre représente tout pour elle, « le doute, la peur, l’incertitude, la joie, l’amour, les pires conneries », qu’il n’y a pas de moment plus intense dans sa vie que quand elle est sur scène. Son but est de travailler encore plus chaque jour et devenir l’une des plus grandes comédiennes du pays. Elle est consciente que c’est difficile, elle a déjà dû renoncer à un spectacle dont elle rêvait de faire partie. De plus, ça ne lui permet pas de subvenir à tous ses besoins. À part la Fokal et quelques ambassades, peu de gens supportent ce secteur, confie-t-elle. Mais dans l’ensemble, c’est quelque chose de très agréable. Le meilleur moment de sa carrière a été celui où elle montait le spectacle Éternité de Mme R. Elle devait interpréter des témoignages de victimes du régime des Duvalier. Grâce à cette expérience, elle sait désormais où elle doit aller puiser en elle pour interpréter parfaitement ce personnage. Sacha a deux modèles, une dans la vie et une pour le théâtre. Son modèle dans la vie, c’est Nadine Louis, qu’elle considère comme une mère, une personne qui travaille à développer les capacités de leadership de nombreuses jeunes filles. « Elle m’a aidée à être la Sacha d’aujourd’hui », nous dit Sacha. Michèle Lemoine est son modèle dans le monde du théâtre. Sacha la présente comme celle qui, sans le savoir, l'a formée et qui, dans le métier, lui sert de mentor. Sacha a la chance d’avoir des parents qui ne lui ont jamais imposé quoi que ce soit, en dépit du fait qu’ils soient de confession protestante. Toute sa famille l’a toujours supportée. Étant la benjamine de la famille, elle est la chérie de tous. Les prestations de Sacha sont toujours magistrales. Elle s’est imposée dans le rôle de Jack (un petit garçon) dans la pièce « À la croisée des îles », mise en scène par Paula Péan, et dans le rôle de Coco (Coco Chanel), mise en scène par Eliezer Guérismé. Pour cette dernière, elle a dû écouter à plusieurs reprises des interviews de Coco Chanel. Elle avoue que cela demande beaucoup de travail pour se mettre dans la peau d’une vieille. Sa plus prochaine prestation sera au spectacle Notre Dame d'Haïti de Lolita Monga. Un spectacle sur la révolution, une création du Centre dramatique de l'Océan Indien. Ainsi, du 31 octobre au 5 Janvier, elle sera à l’Ile de la Réunion puis en France pour des répétitions et des représentations. Sacha se donne à fond dans tout ce qu’elle entreprend. Dynamique, fougueuse, elle est une véritable boule d’énergie et de positivité. En tant que coordonnatrice des activités socioculturelles à la Fondation Toya, elle veut être un parfait mentor, un modèle, un leader pour tous ceux et celles (les enfants surtout) qu’elle aura la chance de rencontrer sur son chemin. Sacha pense qu’il n'y a pas meilleure sensation que de savoir qu’on vit par et pour le bonheur d’autres personnes. Son plus grand rêve est de voir l’élimination de l’analphabétisme en Haïti. Elle croit que cela aiderait à résoudre, entre autres, les problèmes d’équité de genre, de tolérance, de la politique, de l’obscurantisme. Elle lance un appel à la tolérance et conseille à tout le monde de rester positif.

Edine Célestin



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