Clara Luce dans toute sa beauté

PUBLIÉ 2016-09-02
Son corps et son visage embellissent des bilboards et des spots publicitaires à la télé. Son nom sonne fort dans le secteur de la mode en Haïti. Mannequin, maquilleuse, Clara Luce Lafond est devenue une référence au prix d'un travail assidu et d'une rude discipline. Au-delà de cette attitude de Diva qui frappe, Ticket vous laisse découvrir une jeune femme simple, cool qui s’est mise à nu sans se faire prier.


Je rencontre Clara chez elle à Delmas, ou du moins dans le nouvel appartement où elle vient d'enménager. Elle me reçoit dans ce lieu en désordre, où sont éparpillés çà et là des meubles qui ne tarderont pas à trouver leur place. Elle me trouve un siège. Et, juste en face de moi, elle s’installe confortablement. Sa tenue est celle de tous les jours, short et t-shirt, un sac en bandoulière dans lequel se trouve sûrement son téléphone. Quelques grains de poussière dans les cheveux, tenue de sport, le classique d’une jeune femme qui fait le ménage. Je vous assure, Clara Luce est sans maquillage, sans aucun des artifices de beauté, son parler est franc, elle n’a aucun problème à parler de sa personne, à se laisser explorer par ce journaliste enquiquineur que je suis. Pseudos, tempérament et enfance « Je suis née en Haïti, le 14 avril 1988. C’est là que j’ai grandi et fait mes études. J’ai vécu avec mes parents jusqu’à un certain âge avant leur divorce, suite à quoi j’ai rejoint mon père. J’ai quatre frères et je suis l’unique fille de la famille, la petite dernière. Grandir au milieu de mes frères m’a permis d’être beaucoup plus à l’aise à communiquer avec les hommes, à évoluer au milieu d’eux. Mais j’avais aussi des filles dans mon cercle d’amies. En primaire j’étais studieuse, concentrée, un modèle. Après que mes parents m’ont changé d’école, il y a eu moins de concentration, j’ai été dérangée, on déménageait souvent et la transition était dure. En secondaire, j’ai travaillé juste pour avoir les notes qu’il fallait. L’excellence ne m’intéressait pas, je participais de préférence dans des activités extra-scolaires telles la danse, le sport, les spectacles à l’école. Des pseudos, il y en a beaucoup ! ‘’Luluce/Loulouce’’ dépendamment de la prononciation, ‘’Rara’’, ‘’Lutchie’’. Pour mon père c’est ‘’Zazoue’’, ou ‘’Zaze’’. À l’école, mon meilleur ami était le premier à m’appeler ‘’Loulouce ou bien Luluce’’. Par contre, je préfère par exemple que mon père m’appelle Zaze au lieu de Loulouce/Luluce. » Activités, compétences, préférences. « J’ai pris des cours de danse : ballet, folklore, jazz, danse de salon, hip hop. J’ai été chez Aline, à Artcho, après une longue pause, j’ai repris des cours chez Jean René Delsoin et plus tard des cours chez une amie. À l’école, J’écrivais des textes que la directrice faisait présenter lors des spectacles. J’adorais ces moments-là. J’aime toutes les nuances de bleu mais le bleu ciel en particulier. Je ne crois pas avoir un ou une meilleur(e) ami(e). Il y a des gens dans ma vie qui sont importants pour moi. Ils ont dépassé le stade de l’amitié, je les considère comme mes proches. Dans une famille il y a des moments de bonheur et de mauvaises impasses. Si je parle d’ami (e) s, c’est peut-être juste une connaissance. Pour ce qui concerne mon choix de carrière, je regardais souvent ma mère se maquiller, mais je n’ai jamais vu le maquillage comme un métier à part entière. Je travaillais dans le backstage avec les productions Yole Dérose, il y avait tout le temps un problème d’indisponibilité du make-up artist qui se posait. J’ai décidé de le résoudre en me formant pour devenir la maquilleuse exclusive de la production. De là étant, j’ai rencontré Matti, elle a participé à ma formation. Elle avait déjà Zoule make up à l'époque. Par la suite, je l'ai rejoint pour renforcer l'équipe. Je suis une maquilleuse, c'est tout. Certaines personnes aiment l’extravagance, mais moi, ce n’est pas mon style. Je préfère que le client me propose ce qu’il a en tête et je lui donnerai satisfaction. Style, Vision, et mode de vie Je suis telle que tu me vois. Je ne peux pas faire semblant de tolérer quelque chose, ni une attitude ou encore moins une situation dans laquelle je ne me sens pas bien. Je ne veux pas être dans l’inconfort. J’aime la vie, j’aime sortir. J’aime m’amuser. Je n’ai pas de petit ami par ce que je ne veux pas. Je ne veux pas. Je ne veux pas. Je ne crois pas qu’il y a de la place dans ma vie pour un petit ami en ce moment. C’est vrai que j’aimerais avoir quelqu’un pour me tenir compagnie, passer un moment avec moi, pas nécessairement un copain. Surtout avec toutes ces pressions autour de moi, toutes ces questions dont: Pourquoi je n’ai pas un copain ? Quand est-ce que j’aurai un enfant ? Je déteste ces questions. Mwen se mennaj tèt mwen. Je me sors, je fais pour moi-même tout ce qui peut contribuer à mon épanouissement. Je reçois de l’affection de tout le monde, pourquoi ai-je besoin de quelqu’un d’autre ? Dans mon domaine, les hommes peuvent se sentir mal à l’aise. Mais désolée ! Je ne veux pas laisser mon gagne-pain pour un homme. J’aime mon indépendance, j’aimerais trouver un homme indépendant. Il doit savoir faire à manger, la lessive… au même titre que tout le monde. Il doit être fonctionnel. Moi-même je dois conduire, pouvoir lever un truc lourd au besoin, etc. Tout ce qu’on pense attribuer au sexe, c’est faux. Oui, je suis féministe, mais être féministe ne veut pas dire qu’on se monte contre les hommes. Mais plutôt on veut l’égalité sociale. On doit ouvrir les yeux des hommes sur des injustices. Qu’on cesse de me voir comme un objet sexuel au premier regard. On doit avoir un regard sur les compétences. On est tous égaux et on a tous les mêmes droits. Je ne veux pas me marier. Je ne crois pas que j’aie besoin d’enfant. Autrefois je disais que j’aurais aimé avoir deux enfants, une fille et un garçon, depuis ça a changé. Carrière et projets J’ai toujours été proche du mannequinat. Je pesais 150 livres environ j’avais quinze ans à l’époque. Lorsque j’ai commencé à perdre du poids on m’intégrait de plus en plus dans les spectacles. J’ai défilé deux ou trois fois pour les collections de Madeline Ledan sans trop me faire des idées. Finalement, j’ai rencontré Matti, et en 2013, l’année à la quelle j’ai décidé de m’investir entièrement à Zoule, et la même où j'ai participé à Miss Haïti, beaucoup de photographes m’ont proposé de travailler avec eux. Le métier est venu à moi. J’ai donc fait des recherches, je me suis formée, je ne peux compter les saisons de American Next Top Model que j’ai regardées. Le mannequinat est très physique. Tu dois avoir le look, quelque chose de particulier. Certaines personnes ne te disent rien au regard, mais dès que tu poses une caméra sur elles, tout change. Ce n'est surtout pas être maigre ou avoir des centimètres de hauteur. À me regarder là maintenant durant le déménagement, je ne te dis sûrement rien. Mais si tu poses ta caméra sur moi quand je me change, tu verras une différence. C’est de l’attitude et du tempérament. Bèl tèt grenn est une initiative prise avec deux de mes belles-sœurs. Empêchées, j’ai assuré moi-même le suivi. C’est une page qui éduque, donne des informations sur les soins de beauté. C’est aussi un studio mobile. Le client vient vers moi ou vice-versa. On est spécialisée dans les soins des cheveux naturels. J'ai un très grand projet. C’est un projet que je n’ai pas pu réaliser cette année. Je vais le reprendre. C’est une surprise, je ne veux rien encore dévoiler pour l’instant.



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