Haïti/Insalubrité

Les opérateurs touristiques débattent de la problématique des déchets

L’Association touristique d’Haïti (ATH) a tenu ce jeudi 30 juin 2016 à Pétion-Ville sa première conférence-débat sur l’environnement autour du thème « Tourisme et environnement : pour une gestion responsable ». Pour cette première de la série, les échanges ont surtout cerné le sous-thème suivant : « Problématique des déchets : comment s’engager. »

Publié le 2016-07-03 | Le Nouvelliste

Economie -

Port-au-Prince et quasiment tout le reste du pays sont devenus, depuis belle lurette, un gigantesque dépotoir à ciel ouvert menaçant l’industrie touristique et l’image d’Haïti. Bien décidé à apporter sa pierre, Béatrice Nadal-Mevs, vice-présidente de l’ATH, a lancé magistralement les débats en proclamant que tourisme et environnement sont indissociables. «Au moment où je vous parle, il n’est pas possible de dire avec exactitude la quantité de déchets produits au niveau du pays. Des évaluations sommaires indiquent que la production de déchets solides est estimée à 30 000 tonnes par an alors que les ordures ménagères représentent 912 500 tonnes par an. Quant aux autres catégories de déchets : démolition, déchets verts, déchets industriels et commerciaux, déchets hospitaliers, balayures, leur production atteindrait près de 3 millions de tonnes. Actuellement, on estime que la production globale des déchets dans le pays dépasse les cinq millions de tonnes», a déclaré le ministre de l'Environnement, Simon Dieuseul Desras, dans son discours de circonstance. « Les investissements touristiques étrangers sont compromis par la situation des déchets en Haïti », a informé Nathalie Brunet, copropriétaire de la firme Ayiti Nexus, qui exposait sur l’impact des déchets sur l’industrie hôtelière. En 20 ans, de 1996 à 2016, Pierre Chauvet, de la Fédération des amis de la nature (FAN), a calculé que Port-au-Prince est passé d’une production de 1100 tonnes de déchets par jour à une production de 6000 tonnes par jour. Et l’État haïtien n’arrive à collecter que 30% de cette quantité. Pour Pierre Chauvet, la première chose à demander à nos maires, qui commencent à être installés un peu partout dans leurs communes respectives, c’est des poubelles. S’il reconnaît que l’accumulation des ordures ménagères et des résidus solides a toujours fait l’objet de préoccupation des différents gouvernements d’Haïti, Simon Dieuseul Desras, ministre de l’Environnement, dénonce cependant une succession de programmes budgétivores avec des résultats peu concluants, des ressources gaspillées. Nathalie Brunet, au cours d’une enquête académique, a découvert qu’il n’existe pas d’infrastructures pour la collecte et le traitement des déchets dans les zones priorisées pour le tourisme. En général, dit-elle, les hôteliers sont obligés de gérer les déchets eux-mêmes ou de faire preuve de créativité. Au niveau national, elle a pu constater qu’aucune source de financement continu pour le service public de collecte n’existe et que, dans les provinces, les sites de décharge officielle sont encore inexistants. « Dans certains pays, les déchets sont considérés comme une opportunité économique, en Haïti, c’est un ennui face à l’irresponsabilité, l’inaction de nos gouvernements », s’est plaint le ministre de l’Environnement, qui en a profité pour réclamer la participation citoyenne aux côtés des autorités gouvernementales et municipales dans ce combat pour une gestion rationnelle et efficace des déchets solides. Simon Dieuseul Desras a annoncé la création du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) qui sera en charge du nettoiement conjointement avec les collectivités, de la gestion de l’ensemble de la filière ordures sur l’étendue du territoire national, de définir la politique nationale de gestion des résidus solides en concertation avec les collectivités territoriales. Également présent à cette conférence-débat, le ministre du Tourisme Didier Hyppolite a fait savoir qu’à partir du vendredi 1er juillet, un concours visant la promotion de l’image d’Haïti va être lancé sur Twitter via #ShareyourHaiti. À la suite de ces différentes interventions de mise en contexte, l’ATH a donné carte blanche à quelques entreprises (Wynne Farm, Anacaona, Tropical Recycling, Biocarburants d’Haïti, TDC Combustibles et Jedco) qui utilisent les déchets comme matières premières, pour présenter des solutions de recyclage des déchets organiques, de recyclage des savons, des bouteilles en plastique, de l’huile végétale au biodiesel et de recyclage de l’huile moteur.

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