LIBERTÉ DE LA PRESSE - RSF

Classement mondial de la liberté de la presse 2016 : Haïti 53e sur 180 pays

Reporters sans frontières (RSF) vient de publier l’édition 2016 du classement mondial de la liberté de la presse. Ce classement, réalisé depuis 2002, révèle l’intensité des assauts des États, de certaines idéologies et d’intérêts privés contre la liberté et l’indépendance du journalisme.

Publié le 2016-04-20 | Le Nouvelliste

National -

La situation sur la liberté de la presse est une fois de plus passée au peigne fin par l’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF). Cette année, 180 États, dont Haïti, sont classés à différents niveaux au regard de la latitude d’action de leurs journalistes. Le pays cette année encore occupe la 53e place. Aucune progression n’a été enregistrée. Cela est dû au fait que « les journalistes souffrent d'un manque cruel de ressources financières et des difficultés à accéder à l'information », lit-on sur le site de Reporters sans frontières. Malgré les récents changements dans les lois sur la liberté de la presse en Haïti, les journalistes continuent d'être victimes d'intimidation ou de violence physique. Le pays se remet encore du séisme dévastateur de 2010, tandis que les médias privés, qui sont fortement influencés par les intérêts de leurs actionnaires, ont tendance à se censurer, poursuit le RSF dans une note annexée au classement. Plus près de nous, la République dominicaine est 62ème, loin derrière Haïti, à dix places de différence. Ceci est l'un de domaine dans lequel, nous excellons devant nos voisins. « En Février 2015, les journalistes qui avaient exprimés leur soutien pour les résidents haïtiens menacés d’exportation, ont dit qu'ils étaient la cible d'une campagne de haine », a indiqué RSF. De l’autre côté de la frontière, les journalistes qui osent lutter contre la corruption ou le trafic de drogue sont souvent victimes de violence physique ou même d’assassinat, poursuit le rapport de Reporters sans frontières. Elle a quand même gagné une place par rapport au précédent classement. Le Costa Rica a fait un bond en avant en gagnant 10 places pour se hisser dans le top 10 (6e mondial). Il est à côté de la Jamaïque qui, malgré son recul d’une place, reste 10e. Malgré la présence de grands cadors comme les États-Unis (41e) et le Canada (18e), le Costa Rica fait figure de tête de la région. Avec une législation très favorable à la presse et une vraie reconnaissance de la profession de journaliste, il est le seul pays d’Amérique centrale à ne pas souffrir de la corruption et des conséquences qu’elle engendre pour l’accès à l’information, selon le RSF. Au vu des indices régionaux, l’Europe demeure la zone où les médias sont les plus libres. Tout au haut du classement, pas grand-chose n'a bougé. Trois pays d’Europe du Nord cartonnent en tête. La Finlande est première comme depuis 2010. Les Pays-Bas et la Norvège sont respectivement deuxième et troisième. L’Afrique qui, fait inédit, passe devant les Amériques, suit les européens. Presque tous les pays de l’Amérique ont connu une période de vaches maigres, avec à la clé des reculs parfois de six places. La situation de la liberté de la presse s’est dégradée en 2015 sur [tout] le continent américain. Des tensions politiques grandissantes dans de nombreux pays, alimentées par la récession économique, les incertitudes sur l’avenir et les replis communautaires en sont les causes. « Il est malheureusement notable que de très nombreux dirigeants dans le monde développent une forme de paranoïa contre l’exercice légitime du journalisme, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. De l’avis de M. Deloire, le climat général de peur entraîne une haine croissante du débat et du pluralisme, inconséquence des gouvernements en pleine dérive autoritaire et liberticide. «Il est essentiel de défendre le journalisme digne de ce nom face au renforcement de la propagande et de l’information sous la dictée ou sponsorisée par l’intérêt», a-t-il prôné, en pointant du doigt l'emprise grandissante d’intérêts particuliers sur l'information dans le secteur privé. Le classement mondial de la liberté de la presse, publié chaque année depuis 2002 à l’initiative de RSF, est un outil de plaidoyer fondé sur le principe de l’émulation entre États. Il établit sou forme de comparaison le niveau de tolérance, la liberté de la presse, fondée sur une appréciation du pluralisme, de l’indépendance des médias, de la qualité du cadre légal et de la sécurité des journalistes.

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