Croissance/Développement

L’Inde dame le pion à la Chine

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Publié le 2015-11-24 | Le Nouvelliste

Le mensuel «La Revue», devenu bimestriel, dans sa livraison 53-54, juillet-août 2015, offre au lecteur francophone l’occasion de jeter un regard sur l’activité économique dans les pays de l’Afrique du Nord et du Sud, de l’Asie et de l’Amérique. Pratiquement, la rédaction dresse l’état des lieux un peu partout à travers le monde. Le lecteur est émoustillé par les reportages d’Olivier Marbot sur les énergies de substitution. Avec le plus grand intérêt, il parcourt les papiers du dynamique et intrépide reporter sur la volonté exprimée par l’État fédéral pour favoriser et activer les recherches sur les gaz de schiste. Les progrès accomplis dans ces recherches changent véritablement la donne : l’Amérique a réduit sa dépendance en pétrole. Nous consacrerons un compte-rendu dans lequel nous relayerons les révélations faites en ce sens par Olivier Marlot. Pour l’instant, le regard a été posé alternativement sur l’Inde, la Chine continentale, le Maroc, l’Afrique du Sud et la France. Commençons par l’Inde. Surtitre : Croissance. Titre : L’Inde ne cache plus ses ambitions de puissance. L’article est signé d’Olivier Marbot et illustré d’un portrait photographique de Narendra Modi, le Premier ministre, vainqueur des élections législatives de mai 2014. Il rêve de faire de son pays une superpuissance de rang mondial, en suivant une politique de développement très inspirée de celle de la Chine. Pourtant, saute aux yeux l’état de délabrement que décrit Olivier Marbot : «Les routes, le réseau électrique, les écoles et les hôpitaux, notamment, ne sont pas dignes d’une nation qui se rêve en future superpuissance mondiale.» Le rédacteur en chef adjoint du magazine poursuit : «Narendra Modi tient compte de ces attentes, lui qui a promis de faire de l’Inde une nation moderne et d’éliminer la pauvreté en une génération. Mais sa priorité absolue est le développement d’une industrie digne de ce nom.» L’exemple chinois n’est pas loin et, si ambitieux que cela puisse paraître, l’Inde espère ravir à son voisin le titre d’«usine du monde», explique Olivier Marbot. Les dirigeants de la nouvelle administration partent d’un raisonnement simple : la Chine a réorienté sa croissance vers la consommation domestique, les salaires y progressent un peu trop vite au goût des groupes internationaux, et sa population vieillit. La place pourrait être à prendre, bientôt. Ce calcul se révélera-t-il payant ? L’objectif en misant sur l’industrialisation est de rééquilibrer une économie indienne beaucoup trop dépendante des services (60% du PIB), afin d’alléger le déficit de la balance commerciale, mais aussi pour fournir des emplois aux 11 millions de jeunes Indiens qui arrivent chaque année sur le marché du travail, et ce uniquement dans les grandes villes. Pour le moment, l’Inde accuse un retard considérable : l’industrie manufacturière ne représente que 18% de son PIB (contre 44% pour la Chine). Narendra Modi veut faire passer cette proportion à 25% en dix ans. Il a lancé une campagne médiatisée, symbolisée par le slogan «Make in India». Dans ce but, il a initié la construction de «smart cities», des villes nouvelles dotées de tout ce qui fait défaut à la plupart des métropoles du pays : des infrastructures en état de marche. Je n’en déflore pas davantage, comme dirait De Gaulle. L’article est à consulter.
Jean-Claude Boyer Dimanche 22 novembre 2015 Auteur

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