La Religion du présent : Voie du bon vivant

Publié le 2015-03-20 | Le Nouvelliste

« La vraie question n’est pas de savoir s’il y a une vie après la mort, mais si vous êtes vivant avant la mort. » Osho « L'être qui fait attention au moment qu'il est en train de vivre découvre l'instant magique… Cet instant existe, un instant où toute la force des étoiles passe par nous et nous permet d'accomplir des miracles. » Paulo Coelho Plus que la politique, le phénomène religieux soulève hostilité et fanatisme. La polémique fait rage. Beaucoup tiennent à leur religion comme identité culturelle, guide moral, thérapie sociale, consolation pour l’au-delà... D’autres considèrent les religions comme show-business, refuges contre la peur de l’Inconnu, instruments d’aliénation, agents de division, opium du peuple... De nos jours, le mot religion désigne surtout les religions organisées : assemblées professant des croyances dictées par des guides représentant un Maître invisible. Dans « Les religions d’autorité et la religion de l’esprit », Auguste Sabatier présente la religion sous deux angles : inspiration intérieure venant des consciences humaines ; institution surnaturelle chargée de gouverner les esprits. Dans le premier cas, la religion est partie prenante de la société civile ; dans le second, elle est imposée comme vérité absolue à recevoir docilement. La littérature latine permet de retracer les origines étymologiques du mot religion : « relegere » ou relire ; « religare » ou relier. Le dernier sens reflète le premier angle présenté par Sabatier et fait l’objet du présent article. La religion est alors un trait d’union et un pont de liaison. Elle porte à s’harmoniser avec soi-même et son milieu, à s’accorder avec son essence, à se connecter avec son potentiel et à rejoindre sa dimension ultime. Cet élan intime élève la condition humaine et révèle « l’homme nouveau ». Ainsi, l’homme religieux va plus loin, par-delà la religiosité, la piété et la superstition. L’élan religieux atteint les hauteurs dans la Religion du présent : discipline de vie personnelle basée sur des principes universels. Qu’est-ce que la condition humaine ? Peut-elle changer ? Si oui, comment mesurer l’évolution ? En quoi la Religion du présent est-elle efficace ? A quoi reconnaître « l’homme nouveau » ? Ces questions seront examinées ici par l’Amicale des Serviteurs du Présent , auteur de « Révélations sur le développement humain » et de « L’Éternel Testament », deux articles publiés auparavant sur le même sujet. Pour définir la condition humaine, il faut regarder objectivement en soi et autour de soi. À première vue, l’inconsistance et l’impuissance, œuvres de l’inconscience, caractérisent le commun des mortels. L’humain semble plongé dans un état second, comme dans un sommeil hypnotique ou dans un rêve à l’intérieur d’un long rêve. « Il a des yeux, des oreilles et un cœur, mais sans voir, entendre ni comprendre. » Autrement dit, il est bouché, insensé et comme à l’état mort. Il vacille entre la lucidité et l’aveuglement ; possédé tour à tour par des personnalités multiples. Cet « esprit impur » engendre l’hypocrisie, la confusion, les tensions et d’autres déséquilibres. L’inconsistance apparaît dans la difficulté de joindre le geste à la parole, exprimée ici par Paul de Tarse : « J’ignore ce que je fais, je ne fais point ce que je veux, je fais ce que je hais. » L’impuissance éclate dans les expressions telles que : « j’ai fait ça malgré moi », « c’est plus fort que moi », « je ne sais pas ce qui m’a pris »... Manifestement, l’homme, d’ordinaire, n’est pas sain d’esprit, ne sait pas ce qu’il fait, n’est pas maître de lui et dépend de forces qui lui échappent. Il est le jouet des évènements ; le rendant influençable et peu fiable. D’où l’adage « Malheur à l’homme qui se confie à l’homme », alors appelé l’homme-robot, l’homme charnel ou le vieil homme, au potentiel stérile ou déficient. Il tourne en rond dans son petit monde où les aveugles conduisent les aveugles à la poursuite du vent. Le livre de l’Apocalypse évoque cette condition de somnambule ou de mort-vivant : « Tu passes pour vivant, mais tu es mort, tu ne sais pas que tu es misérable, aveugle et nu. » Dans « Fragments d’un enseignement inconnu », Georges Gurdjieff explique que le voile de l’inconscience persiste à travers l’oubli et d’autres tampons ou somnifères. Frappé d’amnésie, l’homme tend à être ailleurs, perdu dans sa routine et les soucis quotidiens. Il tue le temps en s’évadant dans la société de consommation et dans le divertissement. Absent d’esprit, hors de lui, il est sujet à l’ignorance entraînant la peur, l’erreur, la sottise, le mensonge... Jugeant sur les apparences, il est séduit par l’illusion de séparation ou la dualité créant la discrimination, la division, l’intolérance... Il est gonflé par l’illusion de l’ego causant l’orgueil, la vanité, la jalousie... Dans cette disposition trompeuse, l’homme est guidé par ses caprices, ses perceptions et ses intérêts du moment. Tout, même les religions et l’éducation, sert à droguer sa conscience et à entraver sa croissance. Si jamais les somnifères faillissent, l’homme se retrouve face à lui-même et à ses démons. Hors de sa zone de confort, il peut sombrer dans l’addiction, la dépression, la folie ou le suicide. La défaillance provient des désillusions, des traumas, de l’excès de savoir ou de la sagesse débridée... « J’ai pris à cœur de connaître la sagesse autant que la démence et la folie, car plus on a de science, plus on a de tourments. », avertit le livre de l’Ecclésiaste. Tout indique que : la situation de l’homme est compliquée ; le terrain est piégé ; les pistes sont brouillées ; la solution est cachée. Une aventure obscure. Le livre de Job dit : « l'homme est cerné de toutes parts. Il a la vie rude ici-bas et la condition d'un travailleur de force. » La majorité « périt », faute de connaissance. Aussi peu cherchent une porte de sortie et cherchent la lumière. L’homme peut-il changer de condition ? Si oui, son évolution se mesure-t-elle à la capacité de développer sa conscience et de se dépasser, c’est-à-dire de se connaître, d’être maître de soi, d’être un et d’atteindre sa dimension ultime ? Ce degré d’excellence est désigné comme « Très-Haut », « Tout-Puissant », « Conscience universelle » et autres attributs qualifiant l’invisible, l’impersonnel ou l’intemporel. Le livre de la Genèse suggère qu’un tel épanouissement est accessible puisque les auteurs exhortent l’homme à faire fructifier ses potentiels, à combler ses aspirations et à dominer ses instincts primaires. Ou bien, la condition humaine est-elle fatale et l’homme est-il condamné à vivoter et survivre, enfermé dans l’illusion de pouvoir, de science, d’unité intérieure, de liberté et de progrès ? Alors, il vit en vain et la vie n’a aucun sens. La bonne nouvelle, de bonnes sources, est qu’il y a la lumière au bout du chemin. Oui, l’humain peut échapper à sa condition d’esclave, quitter son « tombeau » et passer de « la mort » à la Vie, une fois pour toutes. Faire un tel exode serait comme traverser un désert ou passer par une porte étroite. Ce serait un baptême de feu et d’esprit, éprouvant comme les douleurs de l’enfantement et la métamorphose de la graine. Un privilège rare et redoutable ; car il s’agit de rééduquer ses réflexes et de sacrifier la mentalité du vieil homme. Telle est la substance du message des mythes, symboles, fables et visions allégoriques contenus dans les textes religieux authentiques. En quoi la Religion du présent est-elle efficace ? Comment l’initié renaît-il de ses cendres et prend son émancipation ? En suivant une discipline de vie enracinée dans deux principes clé : Le présent, unique, uni et infini, est la vérité incontournable ; la conscience d’exister à l’instant est la certitude indéniable. Par extension, tout est lié dans l’espace du moment. L’instant présent est tout en tous : la forme et l’essence, le commencement et la fin, la source et l’idéal. Il incarne la plénitude où tout est donné et rien n’est mérité. Par conséquent, la présence d’esprit est le bien suprême. Rater le moment ou s’oublier, c’est s’excommunier, rater sa vie et perdre tout espoir d’avenir. Chuter ainsi, c’est la tentation mortelle, le grand défaut et la faute capitale. Il demeure que le mal de l’oubli et le bien découlent d’une même réalité. En somme, tout est naturel et rien n’est condamnable en soi. La vie continue. Les choses sont ce qu’elles sont. Il y a un rôle et un moment pour tout. Cependant, discerner le bien du mal est un impératif majeur, car c’est toujours l’heure du « bon combat » : la guerre sainte entre les forces du bien ou de l’esprit sain et les forces du mal ou de l’esprit malin, soit l’inconscience, la mère de tous les vices, « le péché originel ». Le péché disparaît dans la flamme de l’esprit éveillé, comme les ténèbres dans la lumière. Selon Osho, la non-vigilance est le seul vrai péché. L'origine du mot anglais « sin » (péché) signifie manquer, oublier, ou alors agir sans être présent. Aussi, pour Gurdjieff, la seule vertu, c’est le rappel de soi ; pour Bouddha, la pleine conscience ; pour Krishnamurti, la vigilance. Il faut donc le discernement ou la clairvoyance pour vaincre le mal et se libérer de sa condition. Une question de vie ou de mort. D’où l’appel répété venant des plus anciennes écoles de spiritualité : « Ô toi qui dors, réveille-toi d’entre les morts … Il est l’heure de te réveiller enfin du sommeil. » D’où la béatitude affirmée dans le Livre des Proverbes : « Heureux celui qui trouve la sagesse et devient raisonnable ! » Sans discernement, point de « salut », tout est vœu pieux. C’est le signe de l’esprit sain, la racine du bien, le tremplin vers le divin. Plus rien n'est important. Dans cette nouvelle perspective, l’homme cherche la connaissance, et tout sert à stimuler son développement. L’heure vient où les somnifères expirent, les entraves tombent, « l’aveugle » voit, le « sourd » entend, et le mort-vivant ressuscite. Une conversion extraordinaire, comme une guérison miraculeuse, donnant naissance à « l’homme nouveau » ou au « bon vivant ». Qui est le bon (le vrai) vivant ? Selon Gurdjieff, « la vie n’est réelle que si Je suis ». Dans « Être en pleine conscience », Osho souligne : « Vivre, ce n’est pas seulement respirer ou avoir le cœur qui bat, mais avoir pleinement conscience de tout ce qui se passe actuellement... Pas de mouvement vers le passé ou le futur... Un nouveau mouvement se crée, relié aux profondeurs de l’être ». Ainsi, le bon vivant ou l’homme nouveau, c’est « l’homme intérieur » ou « l’homme spirituel ». A quoi le reconnaître? Aux valeurs qu’il cultive et aux « fruits de l’esprit » de discernement qu’il produit en étant fidèle au présent, disponible au présent et présent d’esprit. Fidèle au présent, le bon vivant prend le temps de vivre dans l‘ici et maintenant. Il n’observe aucun Jour et n’a pas d’ambition posthume ; pour lui chaque moment est sacré et la grâce de l’instant suffit. Il saisit les opportunités comme si tout se joue dans l’immédiat. « Fais bien tout ce que tu fais, car il n’y a ni activité, ni réflexion, ni science, ni sagesse dans le séjour des morts où tu vas. », conseille l’Ecclésiaste. À son rythme, le bon vivant suit le courant et vit avec son temps, non pas dans la nostalgie d’antan et dans l’attente de promesses. Confiant que rien ne manque dans l’éternel présent, avec l’assurance que tout concourt à son bien-être, il rend grâce en toutes circonstances. Cultivant partout ses bénédictions et ses talents, il n’a plus le temps ni l’énergie pour le négatif : envier autrui, se plaindre, regretter, critiquer, calomnier, tirer vengeance, garder rancune, s’inquiéter du lendemain et dramatiser les choses. En optimiste éclairé, il prend la vie du bon côté. D’où ces paroles de l’Ecclésiaste : « Rien de mieux que de prendre plaisir à ce que l’on fait et de voir le bon côté de sa peine. » « Le seul bonheur, c'est de se réjouir et profiter de la vie. » Mahomet ajoute : « La richesse vient non d'une abondance d'un bien mondain, mais d'un esprit contenté. » Ainsi, le bon vivant vit par la foi, un jour à la fois. « À chaque jour suffit sa peine. » Par la magie de la foi, il fait un retour à l’âge d’innocence. Spontané et simple, sans être naïf, il redevient comme « l’enfant tient la main de son père sans bien savoir où la route conduit, l’enfant chantant dans la lumière autant que dans la nuit. » Cette philosophie de l’abandon rend l’esprit serein. Il est bien dans sa peau, ne se prend pas au sérieux et sourit à la vie. Disponible au présent, le bon vivant prend plaisir à servir de tout son cœur. Trouvant l’unité dans la diversité, il vit en solidarité avec sa communauté et avec toute l’humanité. Dans l’esprit d’équité, il rend la réciprocité, suivant la règle d’or « Aimer le prochain comme soi-même » et la devise « Vivre et laisser vivre ». Le bon vivant partage ses ressources, donne le meilleur de lui et fait ressortir le meilleur chez autrui. Pour cet humaniste patient, faire le bien est le sens de la moralité ; mourir d’aimer est le sens de la vie. L’amour surclasse l’admiration fanatique, l’attirance physique, l’affection romantique, l’attachement unique et tout sentiment d’appartenance. Inclusif, inconditionnel et invariable, l’amour rayonne par l’accueil bienveillant, l’attention prévenante, l’amitié fraternelle, l’appréciation généreuse, l’abnégation humble et l’altruisme désintéressé. Dans cet esprit de communion et de compassion, tout s’harmonise à la perfection et tout se pardonne, sans considérer la légitime défense. Et le pardon libère du poids du passé. L’amour est le sel et l’essentiel de la quête spirituelle. Paul de Tarse en témoigne dans ses épîtres. « Le fruit de l’esprit est : amour, joie, paix, patience, bienveillance, confiance, maîtrise de soi… » « Sans l’amour, je ne suis rien… Par-dessus tout, revêts-toi de l’amour, le lien de la perfection. » « Recherche l’amour qui vient d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère. En s’écartant de cette ligne, certains se sont égarés... » Présent d’esprit, le bon vivant prend conscience de lui-même dans son environnement et agit en connaissance de cause. Il est témoin et participant de ses pensées, ses gestes, ses manières, ses humeurs, ses émotions, ses sensations et même ses signes vitaux. Ainsi, il veille ou prie sans cesse. Dans cet état de vigilance et de méditation, ses actes ne sont plus connectés au passé, mais à son for intérieur ou à sa conscience. « In-dépendant », le bon vivant a la liberté intérieure fondée sur la vérité de sa conscience, son sauveur personnel. « La vérité vous affranchira. » Une liberté inviolable et irrévocable. Une rédemption directe et sans médiateur. L’esprit vigilant est réaliste. Il élargit ses horizons, mais garde les pieds sur terre. Se rendant à l’évidence, il accepte la vie avec ses lois, ses mystères, ses revers et ses paradoxes. Il reconnaît que tout est relatif. Aussi, il se remet volontiers en question et ne prend rien pour acquis. Il est réconcilié avec le fait que tout passe. Aussi, il prend la voie du non-attachement. « Sois passant », dit l’évangile de Thomas. Chaque jour, jusqu’au dernier soupir, ce pèlerin apprend à mourir en apprenant le silence et la solitude, sans s’isoler, et en faisant le vide, sans renoncer à rien. Il fait ce jeûne de purification avec un cœur léger, sachant qu’il n’a rien à perdre, sinon ses complexes, préjugés, peurs et illusions. Dans le jeu complexe de la vie, le bon vivant connaît son moment et ses priorités. En bon joueur, avec l’intelligence du cœur, il s’adapte à son rôle de l’heure, tour à tour créateur, acteur, spectateur... En tout, il reste égal à lui-même et recherche l’équilibre. L’esprit vigilant est prudent. Il se démarque des spéculations mystiques et prophétiques. Il rend son culte dans son temple intérieur, sans faire le culte de la personne. Sevré du « lait » des croyances sectaires et dogmatiques, il vit de « la nourriture solide » des valeurs humanitaires et pratiques. A l’écoute de la raison et du cœur, le bon vivant examine toute chose et respecte tout. L’esprit vigilant est résolu. S’il s’oublie et succombe à la tentation, il rentre aussitôt en lui-même et revient au bon sens. Sans faire pénitence, il assume ses responsabilités, prend un nouveau souffle et reprend la lutte. Avec courage, sans tiédeur, le bon vivant persévère dans le renouvellement intérieur jusqu’à ce qu’il soit délivré de tout mal, de toute faute, et soit parfait ou accompli. La résignation n’est pas une option. « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent. » Pour garder la vigilance, le mental et le corps doivent s’accorder avec la respiration. Le souffle, c’est l’énergie vitale, « un flambeau divin explorant les tréfonds de l'être », dit le livre des Proverbes. Dans « La Respiration, l’art de vibrer à l’unisson du Tout », Roger Clerc recommande des exercices respiratoires progressifs pour faire vibrer l’être sur tous les plans de conscience et obtenir une transformation profonde. De fait, la pratique méthodique montre que la respiration consciente attire, alimente et affermit la vigilance. La maîtrise du souffle, clé de la maîtrise de soi, conduit au bien-être et à la santé totale, liés à un esprit sain dans un corps sain. La Religion du présent enseigne la saine doctrine de l’omniprésence, embrassant la présence à l’instant, la présence à autrui et la présence à soi : la sainte trinité. Elle invite le fidèle à faire alliance en pleine conscience avec l’instant présent. Entendre ce cri de bon sens, c’est s’ouvrir à toutes les possibilités. Comprendre ce simple secret, c’est le commencement de la maturité. Répondre à l’appel, c’est dire oui à la vie de prospérité. Se fondre dans cette vérité, c’est entrer au paradis de la liberté et goûter aujourd’hui même à l’éternité. La Religion du présent enrichit la qualité de l’expérience humaine et comble les profondes aspirations du cœur, spécialement la soif de bonheur et de transcendance. Elle réveille les consciences endormies passant de « la mort à la vie » ou de l’ignorance à la connaissance. C’est la voie du bon vivant reliant « le ciel et la terre », c’est-à-dire ses dimensions divine et humaine. C’est un art de la sagesse maîtrisée, une science du développement durable, une spiritualité du réel célébrée dans la poésie inspirée. « S’ouvrir au jour le jour Comme la fleur sous la rosée Prendre possession de l’instant Comme l’unique présent S’en saisir, s’y mêler, s'y déployer Comme si demain était renvoyé Jouir des secondes consciemment Comme si l’avenir se révélait chimère Comme si vivre était dans l’heure Flirte avec l’instant présent Comme l’unique amour… »
Paul Jérémie Auteur

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