La conception est-elle possible sans un ovocyte mâle ?

Un cas que les sciences biologiques ne peuvent expliquer

Publié le 2014-12-23 | Le Nouvelliste

Dr Frantz Bernadin 16 décembre 2014 La grande revue médicale anglaise ‘’The Lancet’’ publia, il y a quelque temps, un article signé Helen Spurway, une spécialiste en eugénique, où il était dit à demi-mot que la probabilité n’est pas à écarter qu’une femme puisse « devenir enceinte sans l’intervention de spermatozoïdes ». Cette hypothèse était un véritable pavé lancé dans la mare au regard des données biologiques que tout le monde sait. En effet, la continuation de l’espèce humaine se fait par coït ou par insémination artificielle à partir de la collaboration des deux sexes. Telle est la position des biologistes. Position renforcée par le constat que la parthénogenèse, terme scientifique désignant la conception virginale ou, tout simplement, le développement complet d’un œuf non fécondé, « n’a jamais été observée dans l’espèce humaine », affirment Jean Rostand et André Tétry, dans leur ouvrage encyclopédique intitulé ‘’L’Homme. Initiation à la biologie’’. Certes il est vrai que les espèces animales nous ont habitués à des modes de reproduction différents du nôtre. Par exemple, certains mollusques et certaines plantes font appel à l’androgynie ou l’hermaphrodisme dont le principe consiste en une coexistence, au sein du même individu, de caractères mâle et femelle. D’ailleurs, depuis la découverte par Charles Bonnet, en 1940, de la parthénogenèse naturelle chez les pucerons, le processus a été également observé chez les abeilles, chez les invertébrés, tels que l’oursin et l’étoile de mer, chez la grenouille et certains poissons. Il a même été provoqué chez certains mammifères, cobayes de laboratoires, entre autres chez des chats et des lapins. Toutefois, dans le cas des êtres humains, la parthénogenèse, qui est de type artificiel, exige un acte chirurgical : prélever des ovules pour les mettre en place après traitement. Mais revenons à l’article évoqué plus haut. La presse à sensation s’empara de l’idée d’une telle possibilité et organisa un concours où toute citoyenne britannique ayant enfanté virginalement était appelée à se faire connaître. Les réponses affluèrent, les unes plus farfelues que les autres. Un commentateur a fait remarquer que les Anglaises voulaient sauter sur l’occasion pour se disculper. Seulement dix-neuf lettres résistèrent à un premier examen. Une analyse de sang élimina onze des candidates. Des tests de salive et de la sensibilité au goût réduisirent le lot à quatre unîtes. Le test décisif de greffe de peau fut tenté. Il rendit bientôt son verdict : « Négatif pour les autres, il faisait éclater la bonne foi de Mme Emmarie Jones, mère de Monica, née onze ans plus tôt dans des circonstances incroyables. » Les examens étaient formels : le corps de la petite Monica ne contenait aucun élément étranger à celui de sa mère. Notons que les différents tests furent effectués en présence de John B. Haldane, un éminent biochimiste britannique, qui avait dit que « si une parthénogenèse spontanée se produisait très exceptionnellement chez la femme (une fois sur 10000, sur 100000), le phénomène échapperait à nos moyens d’investigation ». Et d’ajouter : « Car, pour qu’il fût correctement interprété, il faudrait qu’il survînt chez une jeune fille dont la virginité ne prêtât pas à contestation, ou tout au moins chez une femme vivant dans des conditions qui excluent tout soupçon de relations sexuelles. » Un fragment de peau de Monica, greffé sur sa mère et vice versa, avait tenu plus de quatre semaines ; ce qui ne s’était vu jusqu'à présent que dans le cas de jumeaux vrais. C’est alors qu’on prêta une oreille attentive au récit de Mme Jones, dont voici un résumé : Au cours de l’été 1944, à Hanovre, peu avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une jeune fille endurait le supplice des bombardements et les affres inhérentes à la guerre. Son fiancé était sur le front. Se sentant brusquement très lasse, elle consulta un médecin qui lui révéla qu’elle était enceinte de trois mois. Or, à cette époque, elle avait fait, rapporte-t-on, un séjour dans un hôpital dont le personnel était entièrement féminin, et puis elle savait pertinemment qu’elle ne pouvait être dans cet état parce jamais elle n’avait fait quoi que ce soit pour l’être. Les jours passèrent, confirmant le diagnostic. Emminarie fit une dépression nerveuse. Finalement l’enfant vint au monde et le fiancé n’était pour rien ! Le ‘’cas Emmarie-Monica’’ posait et continue de poser un problème de taille. Pour les biologistes, la naissance virginale de Monica ne saurait être vraie, puisque, selon eux, la parthénogenèse naturelle est impossible chez l’être humain. A un autre point de vue, le phénomène parait plausible. « Si jamais la parthénogenèse était réalisée en notre espèce », concèdent Jean Rostand et André Tétry, « on peut affirmer qu’elle donnerait naissance, exclusivement, à des filles, puisque la femme ne forme que des ovules à chromosomes X. » Les deux biologistes français poursuivent en ces termes : « Seuls seraient viables les sujets auxquels une régulation chromosomique aurait conféré, dès le départ, la diploïdie ; ils porteraient donc deux stocks de chromosomes maternels, au lieu de porter, comme les sujets de génération biparentale, un stock maternel et un stock paternel. » Il ne fait pas de doute que Monica, la fille sans père, a posé et pose encore un grand problème à la science. Ce dernier prend une toute autre dimension par rapport au récit évangélique, d’après lequel Marie mit au monde un garçon, contrairement à ce que postulent les biologistes. De leur point de vue, un tel enfant devrait être du sexe féminin, conformément aux données de la génétique. Là, nous entrons dans le domaine sensible de la foi et du miracle, où c’est tout un autre ordre de réalité et de considérations qui s’impose. Certes, chez les catholiques, la question demeure assez sensible étant donné qu’elle n’est acceptable que sur le plan de la foi et non celui des réalités de l’ordre naturel. Peut-être Saint Jérôme (307 – 420) voulait-il apporter une réponse aux détracteurs quand déjà au IVe siècle de notre ère, il interprétait la question de la conception virginale de façon à convaincre et les détracteurs et les croyants. Son explication se fonda sur deux passages évangéliques, Jean 20, 6 et Luc 24, 36. On y lit : « La porte était fermée et Jésus se tint au milieu d’eux. » Dans ‘’Homélie sur saint Jean 1, 1-14’’, ce docteur de l’Eglise fit le commentaire suivant en relation avec la conception virginale « Aucun doute que la porte fut fermée et celui qui entra à travers la porte fermée n’était ni un fantôme ni un esprit, c’était un vrai corps… Il avait la chair, il avait les os ; et les portes étaient fermées. » Il poursuivit son commentaire en ces termes, selon G. Guarib dans un ouvrage paru en 1990. : « Comment la chair et les os purent-ils entrer, les portes étant closes ? Les portes sont fermées et celui qui entre, nous ne le voyons pas entrer. Par où entra-t-il ? Tout est fermé ; il n’y a pas d’ouverture par laquelle il puisse entrer. Cependant il est à l’intérieur, celui qui est entré, et on ne voit pas comment il est entré. Tu ne sais pas comment et tu l’attribues à la puissance de Dieu. » Attribue à la même puissance le fait qu’il soit né d’une Vierge et que cependant la maman Vierge soit restée telle après l’accouchement. » Du côté des protestants ou tout simplement des églises issues de la Réforme, le problème ne se pose nullement, étant donné qu’ils n’insistent pas vraiment sur la question. Ils acceptent néanmoins cette possibilité, ne serait-ce que dans le cas du premier-né de Marie, laquelle, selon eux, aurait eu d’autres enfants. Ce qui a provoqué au fil des siècles tout un débat portant non seulement sur les mots grecs ‘’adelphos’’ (frère) et ‘’anepsios’’(cousin), mais aussi sur la signification des termes frères et sœurs dans la culture juive. Soulignons, en fin de compte, que certains chercheurs envisagent le sujet sous un autre angle, en se basant sur l’antique tradition des vierges-mères, existant dans toutes les cultures antiques. Dans ce cas, le récit néotestamentaire aurait une signification purement symbolique dans le cadre de ces croyances traditionnelles. En tout cas, à l’époque de la découverte du cas de Monica, cette fillette était surnommée ‘’la fille sans père’’. Que conclure ? Science et religion, biologie et foi, littéralisme et symbolisme : sans un positionnement antérieur, il n’est vraiment pas facile de trancher… Dr Frantz Bernadin 16 décembre 2014
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