Jerry Tardieu attire encore la grande foule à New York

Que se cache-t-il derrière cette réussite ?

Publié le 2014-12-22 | Le Nouvelliste

National -

En fin d’après-midi de ce samedi 13 décembre, une foule immense brave le froid du Nord-Est américain pour se rendre à Hofstra University, ce haut lieu du savoir de New York désormais connu pour avoir accueilli deux débats présidentiels aux Etats-Unis. Des Haïtiens élégamment vêtus, de toutes catégories d’âge, se bousculent aux portes d’entrée de la grande salle de conférence du Student Center de l’Université Hofstra. Ils viennent assister à la vente-signature du dernier ouvrage de Jerry Tardieu « Investir et s’Investir en Haïti : un acte de foi ». L’enthousiasme peut se lire sur le visage de plusieurs centaines de personnes en attente de se procurer l’ouvrage et serrer la main de l’auteur. Après une attente moyenne d’au moins une heure en ligne, l’objectif est atteint. Les lecteurs et fans de Jerry Tardieu se retrouvent en face de lui. Une accolade. Un petit mot. Un geste affectueux. Et, bien sûr, une photo souvenir. Sous tous les angles et tout sourire. L’auteur se prête au jeu. De toute évidence, le courant passe entre lui et ses fans. Dans la salle moderne, bien réchauffée et bien éclairée, les échanges sont animés. Des retrouvailles chaleureuses entre Haïtiens vivant aux quatre coins du « tri-state area » font oublier un instant le froid affronté avant de pénétrer le Student Center. De 4 p.m. à minuit, l’auteur dédicace sans arrêt son ouvrage à une foule qui se renouvelait sans cesse. A minuit, la salle est brusquement projetée dans le noir. L’heure de clôture est arrivée. A Hofstra University, les règles sont strictes. L’assistance doit partir. Même l’auteur doit se plier à la demande puisqu’il est attendu par quelques journalistes entêtés et décidés auxquels il a promis une interview. Aussi l’auteur va-t-il inviter celles et ceux qui n’ont pu obtenir sa signature de le rejoindre le lendemain à Brooklyn au TONEL restaurant, destination prisée par la communauté haïtienne le dimanche soir à New York. Une assistance nombreuse attend Jerry Tardieu à Brooklyn le lendemain. En fait, au restaurant TONEL, l’accueil est encore plus chaleureux dans un environnement plus familier et plus intime. La foule affronte à nouveau le froid pour se procurer ce best-seller dédicacé de l’auteur. Certains commencent à dévorer le livre sur place. Des débats instantanés prennent place autour de l’ouvrage. Des petits groupes se forment çà et là. Un orchestre haïtien met de l’animation. La soirée devient intellectuelle, sociale et musicale. Un mélange de genres aussi sympathiques qu’atypiques autour de l’auteur vers qui afflue une ligne qui s’allonge. Retour sur Long Island et Hofstra University. Plusieurs organisations connues de NY avaient endossé et organisé la table ronde qui a précédé la vente-signature elle-même. Invité par la Tribune nationale de la jeunesse haïtienne, l'association des avocats haïtiens de NY et la Chambre de commerce haïtienne de NY, les panélistes ont livré leurs impressions sur l'ouvrage et l'auteur devant une salle conquise par la qualité des interventions. Parmi eux, notons l'éducateur Frantz C. Dorsainvil, Mme Astrid Fidelia, président de HAPAC (Haitian American Political Action Committee) et l'avocat très connu Annel-Stephan Norgaisse. Encore une fois, après Miami et Port-au-Prince, Jerry Tardieu fait salle comble à Long Island. Les observateurs avisés de la question haïtienne ne peuvent s’empêcher de réfléchir aux raisons qui expliquent le succès répété des ventes-signatures de Jerry Tardieu. Il y a de quoi faire jalouser les écrivains haïtiens comme je l’ai entendu dire par Emelie Prophète sur les ondes de Magic 9 opinant sur les succès en signature de Jerry Tardieu. A New York comme à Miami et Pétion-Ville, le constat est similaire. Hormis Georges Anglade et Lesly Manigat, aucun penseur contemporain haïtien ne semble être arrivé à susciter un pareil intérêt autour de ses essais et publications. Que se cache-t-il derrière la réussite des ventes-signatures de Jerry Tardieu ? Comment comprendre cet enthousiasme « bon enfant » qui caractérise les rencontres où l’auteur présente son livre ? Selon moi, plusieurs éléments expliquent le succès de l’auteur. Avant que je m’y attarde, il serait indiqué pour moi de préciser que j’ai rencontré Jerry Tardieu pour la première fois à North-Miami en novembre dernier. C’était le jour où il recevait les clés de la ville. Un honneur réservé à un nombre restreint de personnalités qui se distinguent par la qualité de leurs réalisations. C’était dans la foulée de son succès en vente-signature à Moca Café où une assistance record avait fait le déplacement. J’y ai rencontré ce soir le gratin de la communauté haïtienne du sud de la Floride. Le lendemain, j’ai eu une conversation avec Jerry Tardieu. La qualité et la profondeur de l’interview qu’il m’a accordée en Floride au cours de mon émission radiophonique syndiquée m’ont poussé à m’intéresser plus au personnage, à sa philosophie, à son discours, à ce qu’il écrit. Pour moi, les secrets de la réussite de ce jeune penseur ne sont pas à chercher au fond d’un puits. D’abord, il a un discours frais, nouveau, rassembleur et futuriste. Il vend une vision d’une Haïti plus juste et même prospère en étayant sa thèse via des propositions concrètes. Il réfute la thèse du dramaturge Frank Etienne qui l’accuse d’avoir une inflation d’optimisme. Il revendique plutôt un pragmatisme optimiste. Jerry Tardieu jouit d’un certain crédit de par sa formation académique (diplômé de Harvard) et du fait qu’il peut faire valoir des réalisations futuristes et porteuses de modernité. Par exemple, l’hôtel Royal Oasis dont il a été le promoteur. « He leads by example », dirait-on en Floride. Je suis profondément convaincu que les Haïtiens d’aujourd’hui- toutes couches sociales confondues – en ont marre des discours creux de la part d’une certaine frange de l’élite académique, publique et privée, qui n’a pour seule réalisation que leurs beaux discours. La société semble en mal d’écouter des voix de celles et ceux qui peuvent parler d’autorité en fonction de réalisations positives. L’après 86 a favorisé une liberté de la parole où trop de monde, trop de leaders auto-proclamés ont occupé les ondes pour opiner, dénoncer et influencer… sans être intellectuellement armés pour le faire ! Donc pour moi, il n’y a pas de secret au succès de Tardieu. Ce qui fait accourir les gens à ses ventes-signatures, c’est aussi le fait que le discours de l’homme est apaisant et non conflictuel. La société en a aussi marre des batailles, notamment celles de la classe politique. En fait, ce qui plaît chez Tardieu, comme le disait mon ami Frandley Julien, c’est « son ouverture d’esprit et sa capacité de tisser des liens avec tout le monde au-delà des vieux clichés et des querelles de chapelle ». Mon très estimé confrère Pierre-Raymond Dumas le dit dans l’avant-propos du livre de Tardieu. Il rappelle qu’on n’entendra pas Jerry Tardieu piper un mot démesuré contre un leader politique haïtien ou un responsable du secteur privé. Il leur reconnait tous une valeur même en reconnaissant qu’ils ont échoué collectivement. Jerry Tardieu est tout en finesse et en nuances. Dans une société marquée par les querelles et lesrancœurs, il faut plus de profils pareils. En Haïti, trop peu de gens font le choix de l’équilibre, préférant plutôt le jusqu’au-boutisme. C’est là encore le secret de Tardieu. Puisqu’on lui prête des intentions de se présenter aux législatives de l’année prochaine, l’homme a bien compris que l’avenir d’Haïti est au centre. J’en suis moi même convaincu. Je le répète à longueur de journée sur les ondes du sud de la Floride. Mes amis et mes auditeurs savent combien j’ai un parti pris pour l’équilibre en journalisme, la modernité en affaires et la modération en politique. Je retrouve ces trois qualités en Jerry Tardieu. C’est peut-être simplement pour cela qu’il a attiré encore la grande foule à New York. Ce sont ces trois qualités qui se cachent derrière la réussite de cet homme. Ni plus ni moins. Comme dirait Béchir Ben Yahmed du magazine Jeune Afrique : « C’est ce que je crois ».

Pharès Duverné Long Island, New York Auteur

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