Qui se cache derrière Djatawo, superhéros haïtien ?

Depuis février, Ticket Magazine publie Djatawo, le gardien de la justice. Une BDracontant l’histoire d’un jeune architecte haïtien, Alfred Apollo, qui reçoit du disque solaire, Zemi, le pouvoir de contrôler l’espace. Djatawo est comme tous les super héros : il combat l’injustice, la pollution sonore, la violence sociale, défend les droits des enfants, entre autres. D’où nous sort donc ce super héros ?

Publié le 2014-10-29 | Le Nouvelliste

Anthony Louis-Jeune, de son nom d’artiste Aton, en est le créateur. C’est à la soutenance de son projet de sortie de l’école des beaux-arts Altos de Chavon en république voisine qu’il donne naissance au héros. « Je devais soutenir une thèse pour chacune des disciplines que j’avais étudiées là-bas durant trois ans, nous explique Anthony. Notamment la peinture, l’art graphique, la sculpture et l’illustration. J’ai choisi de présenter un projet qui, par la suite, serait utile d’une manière quelconque à Haïti. » Une ambition que l’artiste justifie ainsi : « Les enfants et les jeunes Haïtiens n’ont pas de modèle. Hors, c’est le principe même de la création des superhéros : présenter des modèles aux tout jeunes, continue le dessinateur. C’est en pensant à eux que j’ai conçu ce personnage.» Ainsi Djatawo fut créé. Mais, à l’époque, le héros n’avait pas de nom. Quand le créateur se décida à nommer son personnage, ce fut Aton, comme son nom d’artiste. Sur des conseils avisés, Anthony préféra finalement arrêter son choix sur Djatawo. Le costume du héros, dessiné par sa petite amie Cindy Ramirez Torres, vint seulement après. Djatawo aurait pu voir le jour plus tôt du fait que la collaboration d’Anthony Louis-Jeune avec Le Nouvelliste ne date pas d’hier. En effet, le bédéiste travaille depuis un moment avec le plus vieux quotidien d’Haïti, et ce bien avant la venue de Teddy K. Monbrun, père d’Alain Possible, et de Jerry Boursiquot qui, ensemble, commentent l’actualité nationale avec leurs caricatures. «J’avais reçu la proposition de faire des caricatures de l’actualité politique, raconte Anthony. Mais j’avais refusé à l’époque. » L’illustration alors convenait mieux à ses desseins. C’est lui qui illustra Djamina et les sept sorcières solaires, roman jeunesse de Gary Victor ; Le Revenant, feuilleton du même auteur qui sortait aussi dans Ticket. Il illustra aussi Bertho n’en revient pas d’Odette Roy Fombrun. Cette passion pour le dessin, Anthony la tient dès l’enfance. Des gribouillis, il passe au dessin aux traits plus épurés. Au secondaire déjà, il dessine pour Graphcity. Mais sa première grande réalisation est ce logo de Konpa Kreyòl affublé d’une tête d’Indien, à l’époque où ces messieurs, Ti Djo Zenny, David Dupoux et compagnie, se faisaient appeler Apache. Son travail d’illustrateur-dessinateur-bédéiste, il le commence pour de vrai beaucoup plus tard. « J’ai toujours voulu vivre de mon art, poursuit Aton. J’avais déjà effectué des études en business management quand je suis rentré à Altos de Chavon. Et je peux dire que je ne regrette pas cette décision. Surtout maintenant que le secteur connaît une belle expansion.» La Croix-Rouge haïtienne, la US Air Force, la Comme Il Faut et plusieurs autres organisations de la place se payent les services d’Aton Concepts, studio que dirige Anthony Louis-Jeune, son associé Sédrique Lafond et un conseil d’administration. Entre-temps, les aventures de Djatawo continuent. En juin dernier, à Livres en folie, Aton Concepts exposait au stand de Communication Plus Djatawo, le gardien de la justice, le livre en bande dessinée. « Il est disponible aux deux adresses de la librairie La Pléiade et à Astérix. Ce à un prix très abordable, souligne Aton. » Cette première publication n’est que le début des projets d’Anthony Louis-Jeune avec Djatawo. Il prévoit de sortir un deuxième volume de la bande dessinée en prenant le soin d’introduire de nouveaux personnages. Un feuilleton radiophonique, une série télévisée font partie, ente autres, de ses réalisations dans le futur. Par ailleurs, Anthony prend à cœur la transmission de son art. « J’ai eu à animer des ateliers sur comment faire de la bande dessinée pour des enfants à l’Institut français en Haïti, spécifie le bédéiste-illustrateur. Ils étaient si contents que je souhaite renouveler l’expérience dans les écoles ou dans tout autre espace où ce sera possible. C’est important pour moi parce que les enfants et les jeunes forment mon premier public cible.» Outre le dessin, l’artiste peint et sculpte. Il utilise des médiums comme le métal, l’argile, le bronze. Sa plus prochaine exposition aura lieu en république voisine. Haïti devra attendre l’année 2015 pour voir ses autres œuvres.
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