« H.I. : Femmes et pouvoir »

PUBLIÉ 2013-12-05
Yanvalou bar (46, avenue N) s’ouvrait mercredi 4 et jeudi 5 décembre dans la salle rouge tout exigüe – qui a servi d’espace scénique – sur la performance de l’Italienne Marilena Crosato qui pose, à sa manière, la problématique du pouvoir. Comment les femmes s’en emparent-elles et quel usage peuvent-elles en faire ?


La comédienne propose dans ses bribes de textes, ses gestuels et à travers son corps une relecture de la place qu’occupent les femmes, sujet de préjugés et d’idées tabous au sein de nos sociétés. L’idée d’écriture – qu’elle caressait depuis trois ans – et de mise en scène de ce spectacle est née des différentes discussions faites avec des femmes dans les villes de province (à Petit-Goâve en mars 2012 et à Léôgane en août) dans le cadre de différents ateliers de formation. Les observations faites sur la situation des femmes qui ne jouissent pas des mêmes droits que les hommes ont nourri sa création. Lors du chantier de sa création (tenu du 26 au 28 novembre), elle s’est entretenue avec certains festivaliers sur la thématique. Chantier ouvert à un large public où celui-ci a avancé des propositions, des visions divergentes. « J’ai choisi d’ouvrrir le chantier aux gens, c’était dans le but d’articuler et de retravailler mon spectacle à partir des visions des autres », assume-t-elle. Elle interroge les objets comme la corde, comme symbole de ralliement ou de Pour Marilena, ce type de théâtre participatif intégrait sa démarche artistique et créative et s’inscrit dans le domaine du théâtre communautaire. « Le pouvoir de séduction des femmes comme stratégie de survivance, leur permet-il de se réaliser? », s’interroge-t-elle. Ces types de débats que lance la pièce sont significatifs et éveillent la conscience des individus. Les réponses à ces quelques questions proposées – en guise de pistes de réflexions – ont servi de prétexte pour Marilena d’enrichir sa pièce. Une vidéo sur ce climat d’interaction et d’échanges entre l’auteure de « H.I. : Femmes et pouvoir » et le public a été projetée pendant une demi-heure par la réalisatrice Léa Domenach. « C’est pour la première fois que j’allie la vidéo et le théâtre. « L’intention était, soutient la vidéographe, de créer cette complicité entre deux domaines artistiques, laquelle complicité n’était pas du tout évidente. Apporter en même temps quelque chose d’innovant, en plus du sens de l’esthétisme de la pièce et la participation du public, a été mis en avant dans notre travail ». « Une expérience enrichissante », a-t-elle conclu. En parallèle aux performances et, une exposition-photo sur l’image des femmes haïtiennes a été proposée par Vladjimir Legagneur : les clichés, prises de vue épousent bien l’esprit de la pièce. Le théâtre contemporain revendique de nouvelles formes, dit le monde autrement pour mieux articuler le présent, le remettre en cause et le changer. Lieu non-conventionnel, le corps pris pour véhicule de messages et pour motif de s’exprimer. Marilena, qui participe pour la première fois au festival, est assistée d’Hélène Lacroix et de l’éclairagiste Jean-Pierre Ronald. Elle a déjà présenté sa création « Amour souviens-toi que tu es à moi » au festival « Ibero American Theater Festival in Bogota » et au « Festival internacional de teatro contemporáneo de mujeres cali pacifica »



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