La place de la langue dans l'échec scolaire au baccalauréat haïtien

Publié le 2013-11-13 | Le Nouvelliste

Culture -

Plusieurs tentatives d’autonomisation du créole ont été enregistrées. Depuis les années 30, on avait manifesté un grand intérêt pour la langue maternelle. Jules Faine, un linguiste, avait édité " La philologie créole ", un classique du genre. La première tentative de codification de la langue créole remonte au début des années 40 avec la méthode Laubach, D'autres thérapies de choc ont été évoquées La réforme Joseph C. Bernard a favorisé l’introduction du créole dans l’enseignement comme outil de travail. Depuis, avec la Constitution qui consacre le créole comme langue officielle du pays, les professeurs se servent du créole à l'école ( de la première année à la philo) et même au niveau universitaire. En dépit de tout, le créole fait toujours l’objet de débats. Certains auraient même attribué l’échec scolaire au bac haïtien à la langue maternelle, vu que les ouvrages utilisés en classe sont en français, alors qu'on enseigne en créole. Vu l'importance des débats, le directeur départemental de l’Ouest, M. Ivalan Espérance, a fait paraître un ouvrage intitulé "La place de la langue dans l’échec scolaire au baccalauréat haïtien". L’auteur, qui enseigne le français depuis 1987, a produit un travail, fruit de ses recherches. Il n’a rien inventé . Cependant, il est allé plus loin que certains de ses prédécesseurs. Dans son livre, M. Espérance admet que tous les spécialistes versés dans les questions liées à l’éducation en Haïti sont unanimes à reconnaître que la non-maîtrise de la langue constitue l’une des raisons fondamentales de l’échec scolaire au niveau du baccalauréat haïtien. En bon pédagogue, à la suite d’un vaste processus de recherches et de consultations, le professeur Espérance a mis en exergue cette problématique en s’appuyant sur des hypothèses : « Plus l’apprenant et l’enseignant maîtrisent la langue, plus l’apprentissage sera rentable et efficace. Plus l’élève maîtrise la langue française, moins il échoue aux examens du bac. Plus l’élève maîtrise la langue, mieux il organise sa pensée.» L’intérêt de cette étude vient du fait qu’elle lie étroitement la théorie à la pratique. En ce sens, l’auteur propose des mises en situation en analysant méticuleusement 300 copies d’examen d’un échantillon constitué de 10 écoles de catégories diverses, en vue de relever des fautes de morphosyntaxe et des erreurs au niveau de la structuration de la pensée et au niveau sémantique dans les textes de dissertation produits par ces élèves aux examens officiels du baccalauréat. Ce travail d’une grande importance a été réalisé grâce à des expériences de terrain tant au niveau du secondaire qu’à celui de l’université. Beaucoup de profs tiennent au créole comme outil de travail : il peut aider les élèves à mieux comprendre les explications des professeurs. Bref, comme instrument, outil d’enseignement. Donc, le créole a bien sa place. Publié aux éditions universitaires européennes le 31 juillet 2013 à Paris, cet ouvrage de 100 pages est écrit en français. Bien pris en charge par Alain Durand, lecteur responsable. Il est l’œuvre d’un homme de terrain, ayant acquis de l'expérience dans le système éducatif haïtien. Tour à tour on le retrouve comme ancien directeur de lycée, professeur de français, détenteur d’une maîtrise en sciences de l’éducation à l’université Paris XII, Créteil (France), diplômé de l’Ecole normale supérieure, licencié en droit et en linguistique. Il est actuellement directeur départemental de l’Ouest du ministère de l'Education nationale. Bon nombre de nos compatriotes s’acharnent contre la langue maternelle. Des critiques acerbes, il y en aura toujours. Cependant, le créole finira par devenir une langue d’ouverture, dans la mesure où il y aura une motivation, une sensibilisation dans tous les secteurs de la vie nationale. La place de la langue dans l’échec scolaire au baccalauréat haïtien, un titre qui dit tout. Cependant, vu l’importance d’un tel ouvrage, des professeurs seraient curieux de le consulter pour s'approprier quelques idées. Jean-Robert Fleury

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