Direction nationale du Livre/1er anniversaire de Kafelodyans

Première bougie pour Kafelodyans

Publié le 2013-09-02 | Le Nouvelliste

Culture -

Jeudi 29 août 2013. 6h 30 p.m. Une ambiance de bonne facture, ponctuée de retrouvailles et de cordialité prévaut à la salle Thérèse 1 de l'hôtel Le Plaza. Le décor, festif comme toujours, convient indéfectiblement à la dimension du premier anniversaire de ce rendez-vous mensuel avec la littérature signé DNL, baptisé « Kafelodyans ». D'abord, un intérêt sans précédent semble habiter les esprits. Wilson Paulémond, MC de la soirée, prend le soin d'agencer ses mots pour souhaiter une cordiale bienvenue à l'assistance. La promesse d'une belle soirée se fait sentir. Quelque cinq minutes filent pour que le directeur général de la DNL, Frantz Carly Jean Michel, se présente. Il ne cache pas sa joie de se retrouver devant cet auditoire distingué. Encore moins sa passion pour la littérature. "A la Direction nationale du Livre, nous avons un rêve", précise-t-il d'une voix pleine d'émotions avant de présenter ses remerciements au public "celui de promouvoir le livre et de permettre aux acteurs de vivre de leur métier...» Paulémond ne fait pas lanterner. Par sa dextérité langagière, il capte à tout bout de champ l'attention de son sujet avant d'inviter le premier intervenant, Jean Emmanuel Jacquet, à prendre siège. Un exposé axé sur les rapports qu'entretiennent la littérature et la cinématographie s'avère intéressant. Du moins, à divers égards. Selon Jacquet, poète et critique littéraire, le cinéma rend accessible une oeuvre littéraire en donnant vie aux personnages. Sa critique, touchant à la frontière entre les deux arts, se veut aussi une étude du cinéma haïtien qui ne semble répondre à aucun standard. Pourquoi les scènes d'amour dans le cinéma haïtien se rapprochent-elles de la pornographie? Cette question qui a longtemps prêté au débat refait surface avec un peu plus d'intensité. Pour l'intervenant, une scène d'amour requiert un décor, un plan, des angles et un éclairage dépendamment de ce sur quoi on met l'accent. De là vient ce besoin d'histoire qui devrait être sustenté par « un scénario ». Les interactions ne sont pas violentes. Les autres arguments avancés ne font que corroborer la position de Jean Emmanuel Jacquet qui a présenté un travail de qualité. Pluie d'ovations pour cet homme promis à un bel avenir littéraire, occupant déjà une place de choix parmi les hommes de lettres de cette génération. Somme toute, il est important de comprendre qu'un texte littéraire est souvent une énigme qui échappe à la compréhension immédiate. Le sens littéraire se fait progressivement jour à travers un cheminement dialogique où le lecteur est convié par l'auteur à construire des significations qui lui sont propres et qui ne conviendraient pas à celles des autres. Pas de longs interludes. Inéma Jeudi, jeune de grand talent, intervient autour du sixième roman de Kettly Mars « Aux frontières de la soif ». Lecture critique, critique littéraire ou compte rendu de lecture, la nature de son exposé n'est pas manifestement claire. Cependant, ses arguments, les uns aussi captivants que les autres, vont susciter le grand débat. Les présupposés et les sous-entendus du roman mettant l'emphase sur la situation de Canaan après le séïsme dévastateur du 12 janvier 2010 ne cessent de provoquer des « mésententes ». La problématique de la classification d'une oeuvre dans toute sa grandeur et sa faiblesse n'est pas sans controverses. Doit-on avoir une loupe européenne pour classer une oeuvre parmi les meilleures ou les pires ? C'est l'une des questions autour desquelles le public ne s'entend pas. Inema Jeudi garde son calme et défend avec tact sa position. De tout son charisme, Inéma est appelé à défendre d'autres positions. Pour lui, l'appellation de « jeune écrivain » semble ne pas s'adapter au fait d'un écrivain qui ne compte pas plusieurs publications à son actif. « Même avec un premier ouvrage, un écrivain dans la vingtaine peut enfiler l'étoffe d'un écrivain gagnant toutes ses lettres de noblesse », laisset-il entendre. Bientôt 9h p.m. Que doit-on ajouter, sinon que le premier anniversaire de Kafelodyans aura permis à bon nombre de passionnés de littérature de s'affronter à coups d'arguments et de mots dans une ambiance singulièrement festive?

Lord Edwin Byron ebyronlord@gmail.com Martine Fidèle martinefidele@yahoo.fr martinefidele@yahoo.fr Auteur

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