Renforcer les capacités scientifiques des universités haïtiennes

Le Groupe de réflexion et d'action pour une Haïti nouvelle (GRAHN-Monde) établi à Montréal (canada) veut créer en Haïti un "Institut des sciences, des technologies et des études avancées d'Haïti (ISTEAH)". Le projet a été lancé au cours d'une réunion déroulée, le mardi 8 janvier 2013, simultanément à l'Ecole supérieure d'infotronique d'Haïti (ESIH), à l'Ecole polytechnique de Montréal, au Québec, et à l'université de Californie, aux Etats-Unis, grâce à une vidéoconférence.

Publié le 2013-01-09 | Le Nouvelliste

National -

Le projet ISTEAH vise à renforcer les capacités scientifiques des universités haïtiennes, particulièrement celles des régions, souvent confrontées à des problèmes de pénurie de compétences, en formant des citoyens, des innovateurs  et des leaders aptes à agir avec autorité à l'échelle locale, nationale et régionale. L’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (ISTEAH) devra contribuer significativement à la formation, en Haïti, de chercheurs et de professionnels de haut calibre, selon ce qu’a expliqué la présidente de GRAHN-Haïti, Laurence Gauthier Pierre, à l’ouverture de la réunion de lancement.

Cette vidéoconférence a réuni une pléiade de cadres de diverses universités haïtiennes et étrangères, ainsi que d’autres personnalités influentes évoluant dans le domaine de  la recherche à travers le monde, dont Pierre Toussaint, professeur à l’UQAM; Samuel Pierre, professeur à l'ecole polytechnique de Montréal. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Wilson Laleau, et celui des Haïtiens vivant à l’étranger, Daniel Supplice, également présents à la réunion, ont vivement salué cette initiative.

Le ministre du Commerce a promis de faire tout son possible pour faciliter la réalisation de cet ambitieux projet dans le meilleur délai avec l’accompagnement de l’Etat. Il a insisté sur l’importance de l’implication des Haïtiens vivant à l’étranger. « Cela leur permettra de mettre leurs expertises acquises en terre étrangère au service de la communauté haïtienne», affirme-t-il, heureux de savoir que le projet sera mis en œuvre par les grands spécialistes haïtiens qui travaillent dans la diaspora.

« Une société dynamique est une société qui valorise sa jeunesse et qui met à sa disposition des moyens lui permettant d’atteindre le meilleur niveau. C’est pour cela que nous essayons de travailler avec les universités dans le cadre de plusieurs projets que nous lancerons bientôt  », a ajouté le titulaire du MCI, qui croit qu’il est temps que le pays s’unisse avec sa diaspora pour profiter des opportunités. 

Au constat qu’il n’existe actuellement aucune structure qui coordonne les activités des institutions d’enseignement supérieur et universitaire dans le pays, les responsables du GRAHN ont jugé indispensable de définir un cadre réglementaire étatique, doté de dispositifs de contrôle de qualité et qui encadre le fonctionnement des institutions universitaires. Selon eux, l’absence de normes de qualité a eu pour effet immédiat que beaucoup trop de programmes de formation mis en place sont mal conçus.

 « Ce projet haïtien nous permettra de sortir de la dynamique de l’assistanat, afin que, dans les dix ou les vingt prochaines années, Haïti soit autonome en termes de ressources humaines qualifiées pour s’adonner à l’enseignement supérieur », a pour sa part souligné le président du conseil de l’Université autonome de Port-au-Prince, Jean Robert J. B. Charles, déplorant le fait qu’on fasse trop souvent venir des spécialistes de l’étranger pour remplir cette mission.

L’ISTEAH ne vise pas à remplacer les institutions haïtiennes existantes, mais plutôt à prolonger leurs actions et à les renforcer durablement par l’apport de ressources complémentaires mutualisées dans des domaines spécifiques où l’expertise est soit insuffisante, soit inexistante, précisent les initiateurs de ce projet dans leur document de présentation. Selon le texte, l’ISTEAH développera, avec les partenaires   de la communauté universitaire haïtienne, un modèle haïtien de formation aux études avancées, en synthétisant les meilleures pratiques nord-américaines et européennes en matière de science et de technologie. Une façon d'inciter les institutions d’enseignement supérieur à faire face à la demande croissante de formation au pays et à la nécessaire qualification des ressources humaines dont le pays a besoin pour se relever, selon une approche volontariste visant à terme l’autonomie de ces institutions, à en croire les initiateurs.

Ce fut une rencontre enrichissante où chaque participant a pu étaler ses idées pour faire avancer le projet.

John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon Auteur

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