Sous la peau de Sandra Rabrun

PUBLIÉ 2017-10-20
«Anba po m» (Sous ma peau, en français) est le titre d’un spectacle annoncé pour le 27 octobre prochain à Montréal. «Anba po m» met à contribution trois formes d’expression artistique : musique, poésie et danse.


Présentatrice attitrée de la Télévision nationale d’Haïti au début des années 2000, Sandra Rabrun se faisait discrète un certain temps en travaillant dans l’ombre des hommes et des femmes d’État à l’occasion d’évènements culturels. Ayant immigré à Montréal depuis quatre ans, la comédienne, qui est passée par Les petits conservatoires, a apporté avec elle les germes de sa double vocation : l’une liée à la culture et l’autre à la communication.

De ces germes est issue Passerelle, un lieu de production qui promeut l’artisanat haïtien dans la métropole québécoise. L’ambition de cet organisme récemment créé est de « réunir, entre autres, les artistes (auteurs, chanteurs, comédiens, danseurs, etc.) autour de thématiques qui jusqu’ici ont été peu abordées, a commenté Sandra Rabrun. Ce sera un espace ouvert aux artisans de toutes ethnies confondues, notamment aux femmes artistes des Caraïbes francophones ».

Passerelle, poursuit Mme Rabrun, est née de la combinaison d’échanges ethnoculturels et de la passion de faire voir Haïti autrement. « C’est une organisation qui se propose de réunir des artistes du monde entier, particulièrement ceux des Caraïbes francophones et du Canada, autour de thématiques qui jusqu’ici ont été peu abordées dans l’artisanat haïtien, notamment la non-productivité du secteur artisanal en milieu rural, la création de niches, la standardisation des produits, à savoir l’uniformisation au niveau national, la finition des produits et la création de marques authentiques (brevet, franchise) pour ne citer que celles-là. » Passerelle vise à devenir, d’ici les cinq prochaines années, un espace de naissance et de renaissance pour le travail des artistes. Un lieu où l’on se nourrit de la différence, où l’on prouve que par-delà les ethnies et les cultures, il y a toujours lieu de considérer nos différences comme un pont jeté vers l’autre et non pas comme des barrières.

« Anba pom », la grande première

Passerelle présentera bientôt Anba po m, sa toute première production maison. Anba po m met à contribution trois arts : musique, poésie et danse. Le spectacle, prévu pour le 27 octobre 2017 au Centre Leonardo da Vinci, mettra en vedette de réputés créateurs haïtiens, notamment le diseur Jean-Claude Martineau et le compositeur à succès Dener Céide.

Ce spectacle est l’occasion rêvée pour partager la richesse de la culture créole dans ce lieu magnifique où l’on valorise la diversité culturelle à Montréal, a indiqué la principale organisatrice. Il existe aujourd'hui dans le monde près de 15 millions de locuteurs de créoles à base lexicale française. Au Canada, ils sont plus de 200 000, selon des chiffres cités par Mme Rabrun : « À Montréal, cette communauté est composée de citoyens et citoyennes originaires d'Haïti, de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Dominique, des Seychelles, de l'Île Maurice, de la Guyane française, des Îles Rodrigue, de Sainte-Lucie et autres. Le créole constitue le lien, le tronc commun entre ces différents pays. C'est la langue commune à toutes les Caraïbes ; de ce fait, elle permet aux habitants de ces pays, qui ont des langues officielles différentes, de se comprendre et de communiquer. Réunis à Montréal, c'est l'occasion pour ces créolophones de découvrir d'autres cultures et de faire découvrir les leurs et ainsi de contribuer au rapprochement des peuples grâce au Mois du créole à Montréal ».

CG

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