ELECTIONS SENATORIALES ET LOCALES DU 29 JANVIER

« Une journée électorale acceptable », suivant les premières observations de la COE

Publié le 2017-01-31 | lenouvelliste.com

La Coalition d'observation électorale (COE), composée de CNO, CONHANE, RNDDH, CARDH et POHDH a livré ses premières impressions sur la journée électorale du 29 janvier. Dans un rapport préliminaire, la coalition d’organisations a relevé la faible participation de l’électorat au début de la journée électorale ainsi que de « nombreux incidents et actes de violence lors du scrutin » un peu partout sur le territoire. Néanmoins, précise la COE, « le personnel électoral s'est montré compétent en général ». Et « ces élections du 29 janvier 2017 peuvent être considérées comme étant acceptables ». Si la journée électorale est considérée comme réussie par le gouvernement sur l’ensemble du territoire, toutefois quelques incidents et actes de violence ont été signalés par la COE. « Plusieurs actes de vandalisme et de violence ont été enregistrés dans de nombreux centres de vote du pays, perpétrés, pour la plupart, par des partisans et sympathisants de candidats », soutient la coalition. Au Centre de vote du lycée national de Mirebalais, département du Centre, une altercation entre des partisans des candidats au Sénat Abel Descollines et Rony Célestin a été enregistrée. Des tubes de gaz lacrymogène ont été lancés. Il s'en est suivi une pagaille au cours de laquelle tous les électeurs ainsi que le personnel électoral ont pris la fuite. Dans la foulée, un individu du nom de Nelson Jean Harry a été arrêté. Il lui est reproché d'avoir déchiré un bulletin de vote, note la Coalition d’observation électorale. Et d’ajouter que des tirs d'armes automatiques ont été entendus à Mirebalais, ce qui a créé une situation de panique et a eu des conséquences fâcheuses sur la participation de la population au scrutin. Pour ces élections sénatoriales et locales, la Coalition relève que « la majorité des centres et bureaux de vote étaient installés à l'endroit prévu ». Cependant, le Conseil électoral provisoire (CEP) ayant décidé de relocaliser certains d'entre eux, de nombreux électeurs, non informés à temps, ont eu beaucoup de difficultés à retrouver leur nom sur les listes électorales partielles. Dans d’autres cas, les listes électorales partielles, affichées aux portes des centres de vote et des bureaux de vote, ne correspondaient pas aux listes d'émargement. En général, le matériel de vote était disponible à l'ouverture des centres de vote. Toutefois la Coalition dit regretter le fait que dans plusieurs centres de vote, notamment du département de l'Ouest, les bulletins pour les CASEC, ASEC n'aient pas été acheminés à temps, ce qui a pénalisisé de nombreux électeurs. Dans certains endroits du pays, les matériels destinés à différents centres de vote se sont mélangés. Cela s'est remarqué à Les Irois, département de la Grand'Anse, ainsi qu'à Cibao et à Terre Blanche, département du Sud-Est. Le comportement des personnes impliquées dans ce scrutin n’a pas toujours été exemplaire. Des mandataires de partis politiques ont mené campagne électorale dans les centres de vote ou aux alentours. Ceci a été remarqué, selon la COE, dans les départements de l’Artibonite, des Nippes, du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Centre et de la Grand ‘Anse. « Les partis politiques les plus cités sont : Vérité, OPL, INITE, AAA, LAPEH et Fanmi Lavalas », a fait savoir la COE. Ce rapport est cosigné par les membres de la COE qui sont : Conseil national d'observation électorale (CNO), Conseil haïtien des acteurs non étatiques (CONHANE), Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH).


Réagir à cet article