L'IA et le hasard : entre mariage et divorce, un point de vue épistémologique

La question de départ à soulever est la suivante: est-ce que les jeux de hasard méritent bien cette appellation? On se demande aussi, pour initier nos réflexions, si l’utilisation systématique de l’Intelligence Artificielle (IA) peut aider les joueurs et joueuses à gagner et de là, pousser toutes les compagnies des jeux de hasard, sans distinction, à la faillite.

Par Hancy PIERRE
19 oct. 2026 — Lecture : 3 min.
L'IA et le hasard : entre mariage et divorce, un point de vue épistémologique

Banque de borlette

La question de départ à soulever est la suivante: est-ce que les jeux de hasard méritent bien cette appellation? On se demande aussi, pour initier nos réflexions, si l’utilisation systématique de l’Intelligence Artificielle (IA) peut aider les joueurs et joueuses à gagner et de là, pousser toutes les compagnies des jeux de hasard, sans distinction, à la faillite. Est-il logique que ces compagnies prennent désormais de tels risques avec l’avènement de l’IA ? Nous nous versons ici dans le jeu de contradictions, apte à questionner le réel: celui-ci est rationnel ou n’est-ce qu’un cosntruit? Car de nos jours, l'humain, les yeux bandés, a foi dans la technique de l'IA. En effet, le processus de raisonnement conserve toujours une marge d'aléatoire, d'erreurs et de doute. L'intuition qui nous guide dans nos premières démarches est désormais déléguée à l'IA. On se demande alors si cette dernière peut prévoir le hasard. Le hasard n'est-il pas, par définition, ce qui est sujet à notre ignorance? 

La quête de connaissances mène à l'innovation, qui découle souvent d'un résultat inédit, renvoyant ainsi à la créativité. Entre-temps, nous constatons l'existence de machines autonomes qui échappent au contrôle humain. Ce biais éthique nous interpelle en termes de responsabilité dans la production des savoirs. Que se passerait-il si une machine autonome heurtait une foule après avoir dû choisir quels piétons cibler ? Nous ne saurions considérer l'IA comme une omniscience, au risque de nous infantiliser.

La libre association a mis en évidence ce hasard intérieur qui se cache quelque part dans l'esprit. De même, la méthode synectique, que nous utilisons en Travail social de groupe pour les personnes difficiles à joindre, nous renseigne sur notre capacité à découvrir des relations forcées (Paré,1977). Notre inconscient donne parfois l'impression qu'une idée nous est étrangère, alors qu'elle a simplement émergé du subconscient. On note d'ailleurs la valeur prodigieuse du mot « esprit » dans sa relation à l'inconscient.

Nous pouvons certes permettre à la machine de réaliser toutes les combinaisons possibles pour tenter d'enrayer l'incertitude. Procéder par l'absurde revient à contenir les risques, ou du moins à déterminer des risques calculés aptes à résoudre les problèmes et à mener à l'innovation. À titre d'exemple, le Viagra devait initialement servir à traiter des problèmes cardiaques, mais il a finalement eu des effets directs et immédiats sur l'érection humaine. Il est donc de bon ton de penser à un mariage plausible entre l'IA et le hasard.

Peut-on douter face à l’IA ou, du moins, l’IA peut -elle aussi douter de ses réalisations? Il est un fait que la qualité des données, face à l’exigence de réponses traitées de manière pertinente et exacte, est capitale. Si l’on part de données fausses ou incomplètes, comment pourrait-on arriver à des conclusions satisfaisantes? L’IA, dans ces circonstances ou dans ces conditions précaires, ne peut garantir des interprétations et des réponses d’une exactitude fidèle et d’une vérité absolue. Le doute découle de la foi en la technique de l’IA qui ne saurait se susbtituer à l’humain mais doit être son prolongement. À un moment donné de l’histoire de l’humanité, l’utilisation des mains - pour ceux ou celles qui en avaient - comme premiers outils, ainsi que la station debout, furent des facteurs prépondérants associés à une forme de vie supérieure par l’acquisition de l’intelligence.

Voici l’un des premiers chapitres à explorer sur les bases épistémologiques de l’IA , dans le cadre d’un cours d’iniation à la méthodologie de la recherche scientifique.

Repères bibliographiques

-Sigmund Freud (1905), Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient

-André Paré (1977), Créativité et pédagogie ouverte, Editions NHP, Québec, 320p.

-Laetitia Theunis (31 janvier 2020) , “Intégrer du hasard dans les algorithmes de l’IA”?DAILY SCIENCE https://share.google/MNQ6YgBAdOcgehelX (Consulté en ligne le 10 octobre 2026)

-”Hasard et IA, point de vue Lionel Loiseau-innovecteur https://share.google/MNQ6YgBAOcgehelX (Consulté le 10 octobre 2026)

-Hancy PIERRE(2026), “l’IA:l’humain aux yeux bandés”, in Le Nouvelliste du 24 septembre 2026

-Hancy Pierre (2026), “L'IA : Fétichisme de l’IA et créativité pour penser le développement d’Haïti” , in Le National du 24 septembre 2026 .

-Hancy Pierre (2026), “De l’Homo sapiens à l’homme bionique et à l’IA”, in Le National du 10 octobre 2026.