Victime de vandalisme, le parc industriel Codevi ferme provisoirement

Publié le 2022-09-30 | lenouvelliste.com

La Compagnie de développement industriel (Codevi), via une note de presse transmise à Le Nouvelliste par son responsable, Fernando Capellan, a informé qu’elle ferme provisoirement le parc après l’intrusion de « gens sans scrupules » qui ont « vandalisé » des dépôts de nourriture et détruit une partie des installations, jeudi 29 septembre 2022. 

« La Compagnie de développement industriel (Codevi) tient à informer que tout ce qui est lié à ce que nous avons vécu aujourd'hui, devoir faire sortir le personnel de l’environnement du travail, est le résultat de gens sans scrupules qui sont entrés dans le parc et ont causé des troubles », peut-on lire dans cette note de presse.

Un groupe de personnes extérieures et des employés également », a confié au journal en milieu de soirée Fernando Capellan, des heures après la publication du communiqué de presse, soulignant que 20 000 personnes travaillent à la Codevi.

« Ces personnes ont brusquement fait irruption et ont vandalisé certains de nos dépôts de nourriture, détruisant une partie de nos installations », a détaillé la note de presse.

« Pour éviter des conséquences majeures, le protocole de sécurité a décidé d’évacuer tout le personnel afin d'éviter d'autres dommages indésirables. Tout notre personnel était protégé sans aucune agression », a indiqué la note qui annonce une fermeture provisoire.

« Codevi restera attentif aux événements et rouvrira ses portes dès que possible pour travailler dans un environnement paisible pour tous. Nous nous joignons à la solidarité et à la clameur de la population d'une solution à la crise que traverse notre pays voisin, Haïti », a indiqué cette note de presse de la Codevi qui se trouve à Ouanaminthe, dans le Nord-Est, à la frontière entre Haïti et la République dominicaine.

« La frontière dominico-haïtienne est totalement calme. Il y a eu un incident très malheureux dans les installations de Codevi, tout ce qui s'est passé était du côté haïtien », a indiqué le ministre dominicain de la Défense, Carlos Luciano Díaz Morfa, selon un tweet du journal dominicain Listin Diario.

Le commissaire principal, responsable du commissariat de police de Ouanaminthe, Bio Moncher, interrogé par Le Nouvelliste en fin d’après-midi,  a confié que « la police a repris le contrôle du parc ». « Pour le moment, il n’y a pas eu d’arrestation », a-t-il ajouté. « Lors de la rentrée des ouvriers, plus de 10 000, autour de 13 heures, il y a eu un incident. Il y avait un véhicule à l’entrée présenté comme celui du maire, Démétrius Luma. Des ouvriers se sont fait heurter. Il y a eu des rumeurs disant que des morts ont été dénombrés. Non, nous n’avons pas enregistré de morts. Certains sont tombés, se sont fracturés. Après, il y a eu des pillages dans certains bureaux de Codevi. Les pilleurs sont des employés et quelques membres de la population », a confié à Le Nouvelliste le commissaire principal Bio Moncher. Le responsable de la police de Ouanaminthe a confié au journal avoir dépêché des policiers pour protéger la maison du maire Démétrius Luma.

Le maire Démétrius Luma a indiqué n’avoir aucune responsabilité dans cette bousculade sur le pont, à l’entrée du parc. « Ce n’est pas vrai. La police était sur les lieux. C’est elle qui a permis que je sorte. Il y avait un autre véhicule », a-t-il dit. Il a confirmé que la police et la population ont protégé cet « espace qui lui appartient » en ville.

Interrogé sur les auteurs des pillages, Démétrius Luma a indiqué que selon les informations reçues, « ce serait des ouvriers qui ont 'dechouke" le parc. C’est un espace réservé aux ouvriers. Je ne crois pas que la population ait accès à cet espace. Quel que soit le moment où il y a un acte de vandalisme, je crois que ce sont des ouvriers », a-t-il poursuivi.

Cet incident a provoqué la fermeture temporaire du parc Codevi. Cette fermeture intervient après la fermeture provisoire du parc industriel de Caracol, provoquée par l’épuisement des réserves de carburant de la centrale électrique. Ce sont près de 30 000 emplois directs qui sont impactés par ces deux incidents.



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