Haïti, pays dysfonctionnel

Publié le 2022-06-20 | lenouvelliste.com

Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes. Le palais de justice, temple sacré, n’est plus contrôlé par les officiers de justice ni par ceux de la police. Il est aux mains de bandits depuis plus d’une semaine et la situation se normalise.

Le bureau officiel du premier ministre qui est dans le même quartier au Bicentenaire ouvre ses portes rarement et avec prudence. On ne sait jamais.

Si les juges et autres n’ont plus de palais ni de résidence de substitution, le chef du gouvernement se contente de sa résidence officielle.

A quelques centaines de mètres de l’ancienne ambassade américaine devenue la Primature, ce sont les installations portuaires, douanières et de transport maritime qui sont victimes des bandits. Quand on ne les attaque pas à l’arme lourde, les camions de marchandises sont détournés ou les employés sont kidnappés. Tout le commerce est déstabilisé. Après la justice. Après le gouvernement.

Sur un plan plus global, le ministère de l’Education nationale a dû annoncer ce premier jour de la série des examens officiels que tout élève peut composer dans n’importe quel siège. A cause de l’insécurité rampante on ne sait pas quel siège d’examen peut garder ses portes ouvertes. Des quartiers entiers sont impraticables alors les élèves n’ont plus d’adresse. Un centre permanent d’évaluation est même mis sur pied pour pallier au pire.

Dans un autre registre qui touche un plus large public, les distributeurs de produits pétroliers, complices ou victimes, ne peuvent pas assurer l’approvisionnement des pompes à essence en produits pétroliers. Le carburant est importé, livré en Haïti, stocké. Il sort des cuves sur des camions-citernes mais n’arrive pas à destination. L’essence, la gazoline particulièrement, est disponible dans les rues, dans les gallons de plusieurs centaines de revendeurs au prix fort, très peu dans les stations-services.

Haïti devient chaque jour un peu plus un pays dysfonctionnel. Tous les ingrédients, toutes les autorités et tous les besoins sont là mais les mécanismes pour les mettre au service de la population et de l’avancement du pays font défaut.

Chaque jour, ici, on oublie comment faire pays. On dirait que le prospectus est perdu. L’Etat tourne en rond sans but.



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