Investigation/Dette de l’indépendance

Des partis membres du gouvernement estiment qu’Ariel Henry ne doit pas ignorer l’enquête du New York Times

Publié le 2022-05-27 | lenouvelliste.com

Une semaine après la publication de l’investigation du journal américain The New York Times sur le rançonnement d’Haïti par la France et les Etats-Unis, le gouvernement ne s’est toujours pas prononcé sur le dossier. Silence radio. Plusieurs alliés d’Ariel Henry, signataires de l’accord du 11 septembre, saluent l’enquête du journal américain et estiment que le Premier ministre ne doit pas ignorer ce dossier même s’il n’a pas la légitimité pour conduire une telle affaire.

Ni le gouvernement, ni la classe politique, ni la société civile en Haïti ne se sont encore prononcés officiellement sur l’investigation du New York Times relative au rançonnement d'Haïti par la France et les États-Unis publiée le week-end dernier. Cependant, des membres influents du pouvoir estiment que le chef du gouvernement ne peut pas ignorer un tel dossier.

« Le travail du journal The New York Times a été réalisé avec beaucoup de méthodes et professionnalisme. Un travail de recherches qui mérite d’être félicité. Se laverite ki blayi… », a déclaré l’ancien sénateur Nenel Cassy, responsable du Secteur démocratique et populaire, membre influent du gouvernement. Pour lui, le pays a été victime d’un complot international.

« Un dialogue franc entre Haïti et la France pour initier une démarche de réparation et de restitution. Les deux pays doivent s’asseoir non pas dans une ambiance de guerre, mais deux comme deux États civilisés… », a-t-il exhorté.

Nenel Cassy estime cependant que ce gouvernement dont il fait partie n’a pas de légitimité adéquate pour lancer ce dialogue entre les deux pays. « Je ne crois pas que le leadership du Premier ministre Ariel Henry puisse arriver à ce résultat. Ce dossier doit être débattu dans la prochaine campagne électorale. La prochaine équipe qui prendra le pouvoir aura la responsabilité d’engager un dialogue franc avec les partenaires internationaux, notamment la France », a soutenu l’ex-sénateur dans une interview accordée au Nouvelliste.

Le dirigeant du Secteur démocratique et populaire affirme toutefois que le Premier ministre Ariel Henry doit communiquer sur l’enquête du journal The New York Times. « De façon diplomatique, le gouvernement ne devrait pas ignorer ce travail du journal The New York Times », a-t-il ajouté.

Pour sa part, la présidente du Parti Fusion, membre influent du gouvernement et signataire de l’accord du 11 septembre, a indiqué qu’il y a une nécessité d'approfondir les analyses sur ce dossier. « Tous les peuples doivent savoir qu’Haïti a souffert et continue de souffrir. Il nous faut d’autres voies à l’étranger pour parler de la question de la dette de l’indépendance. En Haïti, je pense que l’université doit aussi s’impliquer dans le débat », a avancé Edmonde Supplice Beauzile.

Si l’ancienne  sénatrice estime aussi que le gouvernement de transition d’Ariel Henry ne peut pas porter ce dossier, elle croit cependant que le chef du gouvernement ne peut pas non plus ignorer la question. « Fusion, étant membre du gouvernement, va partager sa position avec lui », a-t-elle annoncé dans une interview accordée au Nouvelliste.

Contacté par le journal, un proche du Premier ministre à la Primature a confié au Nouvelliste que le dossier n’a pas encore été abordé au Conseil des ministres.



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