Bayo 2022 : Chapeau Michael Brun !

Publié le 2022-05-23 | lenouvelliste.com

Ce samedi 21 mai 2022, à New York, le public Haïtien était attendu à Bayo. Après avoir fait le show au House of Blues à Boston la veille, l’équipe a déposé ses valises dans la Big Apple, direction la scène de Pier 17 pour faire danser les milliers de personnes qui avaient retiré leurs billets bien à l’avance. Ils étaient plus de 6,000 pour les deux shows. Derrière ce grand rendez-vous qui a mis sur une même scène des stars internationales et locales, le producteur et disc-jockey international Michael Brun, qui fêtait ses 30 ans deux jours plus tôt, soit le 19 mai.

Pour cette soirée spéciale, Pier 17 a revêtu les couleurs du bicolore Haïtien. Un détail très significatif en cet espace qui offre une vue panoramique exceptionnelle sur Manhattan ou des immeubles symboliques tels que le World Trade Center, l'Empire State Building ou le fameux Brooklyn Bridge, repérable à des kilomètres.

Le coup d’envoi est lancé quelques minutes après 6 h p.m. Ce n’est pas encore la grande foule, mais le compte est déjà bon pour ouvrir les festivités. Le public est tout de suite emporté dans un tourbillon de musiques et de prestations qui atteint son apogée avec celle de Wyclef Jean et s’achève avec les sonorités d’un rara auquel il est impossible de résister. Un show bien orchestré où les temps morts et l’ennui n’ont pas leur place.

En effet, ce soir sur scène nous voyons défiler une pléiade d’artistes : Annie Alerte qui partage la scène avec les musiciens de Mizik Mizik Kéké Bélizaire, Paul Beaubrun, Naïka Richard, Baky, Troubleboy, Mikaben, JPerry, Kes de Trinidad, T-Jo Zenny, Roody Roodboy, Shirazee, J Balvin qui performe avec le drapeau haïtien, Boukman Eksperyans, Wyclef Jean et bien entendu plusieurs DJ dont Dj Bullet et Michael Brun, le chef d’orchestre.

Entre compas, rabòday, rap kreyòl, dancehall, soca, reggae, reggaeton, hip hop, musiques urbaines, musiques racines, les sons et les couleurs ne manquent pas. On ne sait plus quel son on emporte chez soi ou quel artiste aura le plus séduit. Le choix est difficile. Bayo, ce n’est pas seulement un spectacle. C’est une aventure musicale, un mouvement pour la culture et par la culture haïtienne. Une culture haïtienne représentée dans toute sa diversité et ouverte sur le monde. Une belle lettre placée sous le sceau de l’amour de la patrie, de l’amitié, de la passion et qui renvoie une image positive d’Haïti. Celle que le monde devrait retenir. « Je vois ce festival comme une porte ouverte sur Haïti et sa diaspora », avance Michael Brun qui rêve de voir ce festival s’inscrire dans la durée et acquérir le prestige et la popularité d’autres festivals internationaux comme Coachella. Un peu plus tard, il ajoutera « Haiti se Lakay mwen m pa ka separe m de li. Bayo c’est une façon de témoigner de l’amour pour mon pays. Ce n’est pas seulement un choix, c’est aussi une responsabilité. Une chose que je veux faire toute ma vie ! »

Ce soir comme le dit la chanson éponyme conçu spécialement pour cet événement qui a pris naissance en 2016, « Chaque son, chaque rime, chaque projet, chaque musique démontre que la vraie force de ce pays réside dans ce que nous pouvons créer. Et si ensemble on peut passer à l’action, on peut réaliser de grandes et belles choses ».

10 heures tapantes, c’est l’heure du renvoi. Il faut rapidement laisser la scène remballer instruments et matériels et vider les lieux. Un public heureux mais encore sur sa soif traine les pieds et se fait prier pour se diriger vers la sortie au son du rara endiablé qui emplit l’espace. Pour beaucoup, pas question de rentrer de sitôt. La nuit est jeune. L’after party est à une quinzaine de minutes. À Warsaw, la fête va continuer de plus belle jusqu’à 3 heures du matin avec artistes et djs. Les beaux moments sont trop courts, dit la chanson. Bayo a tenu ses promesses. Merci Michael.



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