Les acteurs sont-ils enfin prêts à faire des sacrifices pour résoudre la crise ?

Publié le 2022-05-13 | lenouvelliste.com

Les informations font état d’une rencontre mercredi soir entre le Premier ministre Ariel Henry et Magali Comeau Denis, l’une des initiatrices de l’Accord de Montana. Selon les informations, c’est le Premier ministre Ariel Henry qui avait fait la proposition de la rencontre. En attendant une note formelle des concernés, Jacques Ted St-Dic du Bureau de suivi de l’Accord de Montana, informe que la rencontre portait sur la crise multiforme qui ronge le pays. Une autre rencontre est programmée pour le week-end en vue de poursuivre les discussions.

On ne sait pas si cette série de rencontres va déboucher sur un apaisement de la crise multiforme à laquelle le pays fait face. Déjà une rencontre entre des protagonistes de la crise est un pas dans la bonne direction quand on se rappelle l’alibi que les représentants de l’Accord de Montana et ceux de l’Accord du 11 septembre et/ou le gouvernement avaient avancé pour abandonner une tentative de pourparlers en février dernier. Les deux parties (l’Accord de Montana et l’Accord du 11 septembre et/ou le gouvernement comprennent-elles finalement qu’elles doivent faire des concessions pour tenter de sortir le pays de la crise ?

Il est trop tôt pour dire si les deux camps sont animés de bonne volonté, on doit cependant noter que cette première rencontre est une bonne initiative. Presqu’un an après l’arrivée du Premier ministre Ariel Henry à la tête du pays, en dépit du soutien de la communauté internationale dont il bénéficie, il est clair qu’il n’a pas de solution à la crise. Jusqu’ici, les grandes décisions prises par le chef du gouvernement sont pour plaire à la communauté internationale qui l’a placé au pouvoir. En tendant la main à l’Accord de Montana, Ariel Henry comprend-il finalement qu’il doit chercher des soutiens locaux pour faire face à la crise ?

L’Accord de Montana, de son côté, a élu depuis janvier dernier un président provisoire de la République et un Premier ministre. Le processus est bloqué depuis les élections de Fritz Alphonse Jean et de Stevens Benoît. En répondant à l’appel du Premier ministre Ariel Henry, les institutions et personnalités formant l’Accord de Montana reconnaissent-elles finalement qu’elles n’ont pas les moyens de leur politique ?

Il faut attendre les prochaines rencontres et surtout quand les langues commenceront à se délier pour savoir si les acteurs sont sincères ou non dans leur démarche.

Parallèlement à cette initiative du Premier ministre Ariel Henry pour trouver une solution à la crise, il y a d’autres initiatives en cours. Il y a par exemple la commission de dialogue formée de monseigneur Ogé Beauvoir de Religions pour la paix, Laurent St Cyr du secteur privé des affaires et de Jean Robert Charles de la CORPURA. Cette commission a déjà entrepris des démarches auprès de certains protagonistes de la crise. Le Premier ministre a sans doute intérêt à prendre en compte ce qui a été déjà fait dans le cadre d’une éventuelle solution à la crise. Le chef du gouvernement doit aussi éviter d’embarquer le pays dans des manœuvres dilatoires comme d’autres avant lui en organisant des rencontres sans fin.

Pharès Jérôme
Auteur


Réagir à cet article