Le général Russel L. Honoré appelle les États-Unis et la communauté internationale à soutenir un « Plan Haïti »

Publié le 2022-01-17 | lenouvelliste.com

Fasciné par l’histoire d’Haïti, car dépositaire d’une assez bonne connaissance de notre histoire nationale, le général américain Russel L. Honoré, un des instigateurs du « Haiti Unity Summit », qui se tient en Louisiane du 13 au 19 janvier, invite la communauté internationale et les États-Unis à soutenir un « Plan Haïti » en s’engageant différemment aux côtés d’Haïti via la recherche d’une solution interhaïtienne.  

« Pendant plus de deux siècles, les puissances étrangères, en particulier les États-Unis, ont poursuivi des politiques qui ont contribué de manière significative aux problèmes et défis uniques d'Haïti. Ces pays ont la responsabilité d'aider Haïti à surmonter cet héritage de démocratie instable, de catastrophes et de mauvaises politiques », a écrit le général américain Russel L. Honoré dans une tribune publiée dans les colonnes du Miami Herald en amont de la tenue du « Haiti Unity Summit », organisé en Louisiane par le Southern University Law Center et le Nelson Mandela Center for Public Policy.

Ce Sommet de l'unité réunit les parties dans l’intention de parvenir à un accord de consensus sur la façon de former un gouvernement de transition et préparer le terrain pour des élections libres et démocratiques. Les États-Unis et la communauté internationale, a poursuivi le général Russel L. Honoré, peuvent soutenir les résultats du Sommet et s'engager à aider Haïti à mettre en œuvre l'accord de consensus, une solution dirigée par les Haïtiens. « […] La communauté internationale peut faire mieux en encourageant les parties à se réunir pour négocier une solution politique. »

Pour le lieutenant-général à la retraite, à l’instar du révérend Martin Luther King, la diaspora haïtienne « a un rêve » et son engagement représente la première et potentiellement la dernière opportunité pour les factions politiques du pays de se réunir et d'émerger avec une solution haïtienne aux crises chroniques d'Haïti.

« Haïti connait de nombreux défis, mais aucun ne peut être relevé si nous ne traitons pas d'abord la question politique. Le peuple haïtien a besoin d'un gouvernement à l'écoute de ses besoins. À cette fin, quatre étapes sont nécessaires pour parvenir à une solution durable », a indiqué le lieutenant-général Honoré, parti à la retraite le 11 janvier 2008.

« C'est d'abord et avant tout un gouvernement de transition légitimé par un consensus national. Deuxièmement, ce gouvernement devrait demander à la communauté internationale l'aide dont elle aurait besoin pour lutter contre la violence des gangs, répondre aux problèmes de sécurité et l'aide humanitaire : nourriture, eau et carburant. En outre, il lui faudra développer une initiative complète de vaccination pour aborder la santé et la sécurité publiques et renforcer les institutions et les coalitions civiques. Troisièmement, Haïti a besoin d'un plan de développement économique global, le genre de plan créé par les États-Unis pour l'Europe après la Seconde Guerre mondiale. Un « Plan Haïti », un vaste programme d'aide économique et de développement avec une réelle responsabilisation des bénéficiaires. Quatrièmement, il doit y avoir un engagement, un processus et un mécanisme d'application pour mettre fin à la corruption et établir une constitution qui sert de doctrine durable et exécutoire à Haïti », a détaillé le militaire retraité, qui est surtout connu pour avoir servi en tant que commandant de la force opérationnelle responsable de la coordination des efforts de secours militaires pour les zones touchées par l'ouragan Katrina sur la côte du Golfe.

Dans une interview accordée au think tank Haiti Center for Socio-Economic Policy (HACSEP www.HACSEP.org), le général Honoré, natif de la Louisiane, a fait part de ses connaissances approfondies de l'histoire d'Haïti et a évoqué l'étroite connexion créole des Haïtiens et des Louisianais, la vérité derrière l'éradication forcée au début des années 80 du cochon noir haïtien (considéré comme la banque du paysan haïtien) et sa vision créative, mais pratique, d'une Haïti prospère.

Avant sa nomination le 15 juillet 2004, en tant que commandant de la première armée des États-Unis, le général Honoré a occupé divers postes de commandement et d'état-major en Corée du Sud et en Allemagne. Il y a un an, le 15 janvier 2021, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a annoncé que le général Honoré dirigerait un examen des défaillances de la sécurité à la suite de l'attaque du Congrès américain (le Capitole), qui se concentrera sur « l'infrastructure de sécurité, les processus et procédures interagences, ainsi que le commandement et le contrôle ».



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