Événements culturels de fin d’année : Zagalo reste optimiste

L’horizon est teinté d’une sobriété inquiétante en cette fin d’année pour le secteur culturel comme pour tous les autres secteurs du pays. L’insécurité grandissante, qui poussait déjà les acteurs culturels à se produire ou s’investir ailleurs, laisse planer un doute aigu sur la réalisation d’affiches qui, autrefois, teintaient de rose nos fins d’année. Si Zagalo reste réaliste, il fait montre d’optimisme et annonce la rentrée de plusieurs ténors du secteur culturel dans le pays.

Publié le 2021-12-01 | lenouvelliste.com

Le pic vertigineux de l’insécurité pour le dernier trimestre de l’année 2021 donne froid dans le dos. La crainte de revivre l’expérience 2020 guette constamment les amateurs d'affiches d'événements culturels. L’insécurité sur fond du coronavirus a colorié d’une couleur pâle les fêtes de fin d’année de l’an précédent. La traditionnelle Nuit des Apaches a été la figure miniaturisée de ces déboires. Cette inquiétude n'intimide pas autant les promoteurs. « Je suis très positif », a lancé Akenson Bélizaire sur les ondes de Magik9. « Dans le secteur culturel, nous n’avons pas travaillé depuis belle lurette. Nous ne pouvons plus rester dans nos cachettes. Un pays ne peut pas fonctionner comme ça », a-t-il lâché. « Nous n’avons pas de pays de rechange. Haïti est le plus gros marché de l’industrie musicale haïtienne », a-t-il fait savoir.  

En ce sens, le promoteur a annoncé plusieurs tableaux d’affiche pour le mois de décembre. Le 18 décembre, Boukman Eksperyans, RAM et Eddy François animeront une soirée à El Rancho. Tony Mix sera à l’affiche le 22. Le groupe Kaї sera à Ouanaminthe le 23. Le 26 il sera au Cap-Haïtien ; le 28 il se produira à Hinche. Ekip est programmé pour le 22 décembre. Le manager du groupe Nu-Look a annoncé pour le 23 décembre l’arrivée de la bande à Arly dans le pays. Elle sera en tournée dans le grand Nord. Elle jouera le 29 décembre à Port-au-Prince avec le groupe Kaї. Enposib et Kreyòl La seront à l’affiche dans le pays, également le duo Bedjine-K-dilak. « Tous les jazz ont envie de rentrer dans le pays », a informé Zagalo.

La République dominicaine, devenue la principale alternative des acteurs culturels, n’est pourtant pas un terrain propice à l’émergence de l’industrie musicale haïtienne. Akenson Bélizaire, faisant part de son expérience en terre voisine, a souligné les embûches qu’il a dû traverser. « L’expérience a été positive. Mais j’ai affronté beaucoup d'obstacles. La réussite d’une activité culturelle nécessite beaucoup de promotion pour attirer la diaspora, l’une des rares entités ayant les moyens pour payer le prix. Les jeunes, qui sont en nombre, n’ont pas de pouvoir d’achat. La plus grande affluence s’élève à 500 ou 600 personnes, maximum. Les prix de la sonorisation, des hôtels sont extrêmement élevés » a-t-il rapporté. « Dans le bal de Nu Look et Kreyol La, j’ai dû fermer les bars à minuit pour respecter les règlement fixés par les autorités qui interdisent la vente d’alcool au-delà de cette heure. Alors que, les fermer un peu plus tard, m’aurait rapporté plus », s’est-il plaint.

Zagalo a lancé un appel aux autorités concernées, réclamant un moment de répit pour la fin d’année. « Les bandits aussi, ils doivent savoir que cette période est un moment qui s’avère amical, conciliant. Un moment pour eux de déposer leurs armes, d’observer une trêve et d’embrasser ne serait-ce que leurs compagnons de lutte pour leur souhaiter une heureuse fin d’année», a conseillé Zagalo.



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