Le Palais national, symbole suprême de quel pouvoir?

Publié le 2021-11-25 | lenouvelliste.com

Depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse, le Palais national se trouve au centre d'une bataille pour savoir qui doit le contrôler.
 
Toutes les  tentatives du Premier ministre Ariel Henry pour y accéder depuis le mois de juillet se sont heurtées au refus sans équivoque du secrétaire général Lyonel Valbrun, érigé en gardien du temple.
 
Jusqu’à ce jeudi, le Palais était une chasse gardée. En attente du prochain président ? Pour respecter la mémoire de l'ancien ? Personne ne peut le dire.

La première décision du Conseil des ministres du deuxième gouvernement d'Ariel Henry a été de remplacer le secrétaire général en poste au Palais national. Ce dernier, la nouvelle sitôt éventée, a transmis une lettre au Premier ministre Ariel Henry se référant à des « informations qui lui serait parvenues le laissant croire que le coordonnateur de la sécurité présidentielle aurait reçu des instructions pour faciliter l’accès à des personnes non autorisées et non attendues sur le site du Palais national ».

Il aurait ajouté « non désirées » que cela n’aurait pas surpris, tant sa détermination dans ce dossier est connue de tous. Le conditionnel qu’il a utilisé dans sa lettre laisse pantois et renseigne sur les pratiques pas très orthodoxes de nos politiques.
 
Ce jeudi, on a craint un instant qu’une crise ne vienne s’ajouter à celles déjà nombreuses et souvent inénarrables que nous vivons.
 
Erreur de casting ?  Usurpation de titre ? Refus d'obtempérer ? Abus de pouvoirs ? Chacun peut essayer de trouver les raisons du raidissement du secrétaire général et celles de la fuite en avant du premier ministre.

Pendant de longues heures, il a été impossible pour les invités d'accéder au Palais national et le gouvernement cherchait le moyen de contourner le refus du fonctionnaire qu'il venait de démettre.
 
Le pouvoir est affaire de symbole. Et le Palais national en est un. Sans conteste. Le contrôler en ce mois de novembre 2021 ne permet pas de peser sur grand-chose si le reste de l'administration vous échappe, mais le symbole n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction.

Pour certains, le Palais, ou du moins le site -- de l’édifice du  Palais national il ne reste rien depuis le séisme de 2010 -- donne le pouvoir sur une garnison. Les unités chargées de la sécurité présidentielle y ont leur base. Mais ces unités ont perdu de leur panache, et c’est peu dire, après l'assassinat, chez lui, de Jovenel Moïse.

L’explication encore plausible pour justifier une bataille pour le Palais est le budget alloué à la présidence. Des millions par centaines sont à la disposition du Palais national alors qu'il n'y a plus de président en fonction.

Prendre le palais c'est prendre la caisse, les troupes et le symbole.

Quatre mois après son intronisation, usant de patience comme pour le reste, calmement, Ariel Henry a mis la main sur un nouveau bastion, sur un nœud, sur un levier autre de pouvoir.



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