La société civile s'invite dans la réflexion sur la sécurité

Publié le 2021-11-23 | lenouvelliste.com

Il était temps. Des personnalités de la société civile, certaines avec une expérience militaire et/ou un parcours dans la Police Nationale d’Haïti, se sont mis ensemble pour réfléchir et -qui sait ? - faire des propositions sur la sécurité.

Depuis le départ des Duvalier et le renvoi du corps des Volontaires de la Sécurité Nationale (Tontons macoutes), des agents de la Préfecture et autres polices politiques de la dictature, premier gros choc de l’après 1986, c’est la première fois que les mots « réflexions » et « sécurité » sont prononcés dans une même phrase.

Des premières mesures du Conseil national de gouvernement (CNG) jusqu’aux atermoiements de l’ère Ariel Henry, les dispositions concernant la sécurité ont souvent été enfants de l’urgence plus que fruits de pensées conscientes. Ne parlons même pas de politique publique. On a souvent fait vite sans chercher à bien faire.

Les VSN, les polices politiques, les chefs de section de nos polices rurales, les attachés, les paramilitaires du FRAP, les militaires, les chimères, les gangs et tous les autres corps armés ont souvent été démobilisés, renvoyés, dissous ou se sont évaporés sans qu’aucune instance n’ait organisé leur départ ou aménagé leur remplacement.

Aujourd’hui que la société civile s’invite enfin dans le débat sécuritaire, souhaitons que les discussions soient sereines. A la hauteur de nos problèmes. En adéquation avec nos moyens.

L’absence de responsables légitimes, d’élus en fonction et de projets de gouvernance clairs doivent aussi être mis dans la balance.

Il ne faut ni tuer le bébé PNH ni jeter les FADH avec l’eau du bain.

L’exercice est délicat dans un pays où la demande de justice est aussi mal servie que celle de sécurité. Dans un pays où les disparités sociales sont aussi graves que l’érosion de la confiance dans les institutions, il est urgent de penser la sécurité et impératif de ne pas se tromper de solutions.



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