L’essence de nos problèmes

Publié le 2021-11-17 | lenouvelliste.com

Depuis la trêve annoncée par les gangs du G9 et la réouverture de Varreux, plus de six millions de gallons de carburants (gazoline, diesel et kérosène) ont été sortis des terminaux de stockage des produits pétroliers. 
 
Les camions-citernes, dans des allées venues ininterrompues, remplissent les réservoirs des gros et petits clients depuis la reprise des activités. L’essence est de retour, même si la vie, elle, prend son temps pour revenir à la normale.
 
Mardi, le premier ministre Ariel Henry a rendu visite au haut état-major de la Police nationale d’Haïti et s’est fendu d’un hommage au travail des policiers et policières. Cette visite était nécessaire après la déconvenue du 17 octobre et à deux jours de la commémoration de la bataille de Vertières, le 18 novembre.
 
Rétablir la confiance entre autorités civiles et gens d’armes est une nécessité en Haïti. Les forces armées légitimes, la PNH et les FADH, ont fait de leur mieux ces derniers jours. Il faut le dire et les féliciter. Cela fait longtemps que dans le palmarès des forces de sécurité il n’y avait eu autant d’arrestations, d’affrontements et d’interventions réussies. 
 
Le premier ministre a fait des promesses comme tous ses prédécesseurs mais il aurait mieux fait d’ajuster les prix des produits pétroliers et d’annoncer un plan de cent, deux cents, ou de plusieurs centaines de millions de dollars pour la PNH sur les 24 mois à venir. 

La PNH a besoin de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, d’équipements et de formation. Il en est de même pour les FADH. Tant que le corps existe, il faut lui donner les moyens de sa mission.
 
Malheureusement, Ariel Henry hésite encore.

On ignore jusqu’à quand l’État fournira l’essence s’il continue à la subventionner à perte. On ne sait pas à quel point il y a risque de débandade générale au sein de nos forces de sécurité, tant il n’y a aucune prise en considération de leurs besoins réels. On ne sait pas ce que fera le pays lors de la prochaine crise aiguë.

Le premier ministre Ariel Henry cherche à monter un nouveau gouvernement en laissant au soleil les crises. C’est son choix. Le vrai défi est de retrouver la confiance de la population et de donner à Haïti le goût de croire à Haïti.

L’essence de nos problèmes ce ne sont pas ces stations-services qui se sont multipliées, comme pour caricaturer les pénuries à répétition de produits pétroliers et nous rappeler, s’il en était besoin, combien la question de l’énergie, de sa gestion optimale, est cruciale, ni l’insécurité, ni la vie chère, ni aucun des autres problèmes qui rendent le quotidien insupportable. L’essence de nos problèmes réside dans la perte de confiance en l’avenir. C’est à comment guérir ce mal que le premier ministre et tous ceux qui aspirent à nous diriger doivent s’atteler de toute urgence. 
 



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