Une nouvelle direction pour la Police nationale d’Haïti

Publié le 2021-10-21 | lenouvelliste.com

De 2012 à date, la Police Nationale d’Haïti a connu à sa tête Mario Andrésol, Godson Orélus, Michel Ange Gédéon, Normil Rameau, Léon Charles. Tous ont été directeurs généraux constitutionnellement nommés ou choisis pour assurer un intérim.

Ce 21 octobre 2021, les destinées de l’institution policière sont entre les mains de Frantz Elbé. Le nouveau directeur général a.i. a été installé dans ses fonctions le même jour par le premier ministre Ariel Henry.

Comme souvent avec la PNH, on ne peut juger les directeurs généraux que sur pièces. A l’usage ou à l’usure.

Elbé est du sérail. Il a été membre du cabinet particulier des derniers directeurs généraux de la PNH, depuis 2017. Il connaît l’institution policière où il a fait toute sa carrière. Il a roulé sa bosse sur tout le territoire.

Ça, c’est sur le papier.

Sitôt en commandement, chaque directeur général a, face à lui, la troupe et le corps qui ne sont pas toujours en harmonie. Depuis des années, la PNH, parce que les promotions ne suivent pas une ligne claire, vit des déchirements à répétition. Ceux qui se rêvaient chefs et ceux qui le deviennent ne s’épaulent pas.

Tout directeur général doit composer avec son chef direct, président ou premier ministre et le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN).

La PNH a connu, de 2012 à date, une pléthore de premiers ministres, de ministres de la Justice et de la Sécurité publique et de ministres de l’Intérieur et des Collectivités territoriales qui ont conduit les destinées du CSPN et de la PNH. Chaque autorité qui a siégé au CSPN se croit un chef de la police en miniature et a son propre agenda.

S’il y a une constante à tirer de l’histoire récente de la PNH, c’est qu’elle a toujours été ballotée entre des partenaires étrangers qui la couvrent ou la financent (les Américains en premier) et des autorités haïtiennes qui veulent et souvent réussissent à la vassaliser et à en faire une excroissance de leur pouvoir politique.

Dans de telles conditions, sans compter que les moyens font défaut, que les mandats sont courts et les problèmes nombreux, les directeurs généraux ne délivrent pas la sécurité attendue par la population et le pays.

On arrive directeur général de la PNH sans plan et sans doctrine. Il y a rarement des documents et des projets qui vous attendent, jamais une philosophie dans les tiroirs. A chaque fois, c’est un poste que l’on hérite après l’échec constaté d’un précédent DGPNH lors d’une crise à son paroxysme.

De chaque direction générale de la PNH, le pays attend, à défaut de miracles, des signaux clairs et des résultats aussi petits soient-ils. D’année en année, le délai de grâce, ce temps pour permettre au nouveau responsable de prendre pied, se raccourcit. Les défis sécuritaires augmentent et changent de nature.

La PNH a une nouvelle direction ce 21 octobre 2021, personne ne sait où conduit la route qu’elle va emprunter.



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