Haïti sacrifie le rêve de milliers d’Haïtiens

Publié le 2021-10-05 | lenouvelliste.com

Les Haïtiens connaissent actuellement des difficultés dans tous les pays où ils se sont installés ces dernières années et dans tous les pays où ils passent ou essaient de pénétrer.

La République dominicaine n’arrête pas de renvoyer les ressortissants haïtiens dans leur pays et de limiter le nombre de visas octroyés aux Haïtiens qui en font la demande.

Les États-Unis ramènent par bateau des centaines de nos compatriotes récupérés en mer et expulsent chaque jour par avion ces dernières semaines des milliers d’Haïtiens qui avaient pénétré illégalement sur leur territoire.

Le Mexique, terre d’accueil et de transit, met lui aussi en place des programmes de rapatriement volontaire.

Les Bahamas, semaine après semaine, organisent des vols pour retourner en Haïti ceux qui sont pris dans les filets de leur marine ou échouent sur des îlets inhabités de cet immense archipel.

En Amérique latine, les Haïtiens défraient la chronique parce qu’ils quittent le Brésil ou le Chili en grand nombre ou parce qu’ils traversent les frontières des autres pays dans leur odyssée vers les USA.

Cette caravane de réfugiés et de migrants, de chercheurs de vie ou de désespérés déstabilise l’ordre établi dans la région à un tel point que trois pays concernés ont publié une déclaration commune sur la question.

À l’ONU, les condamnations pleuvent contre le traitement que les USA en particulier ont appliqué contre les Haïtiens. Deux hauts fonctionnaires du Département d’Etat, un diplomate de carrière et un juriste renommé ont présenté leur démission en disant explicitement qu’ils protestent contre le sort fait aux Haïtiens pendant la crise migratoire de Del Rio.

Le seul pays qui ne s’inquiète de rien, c’est Haïti. Le gouvernement du premier ministre Ariel Henry a même dit qu’il accueillerait les bras ouverts tous les expulsés. Aucune tentative pour inverser la tendance aux USA ou dans un autre pays de la région n’a été initiée. Il n’y a pas non plus de message adressé aux Haïtiens candidats à l’exode pour les orienter, les guider, les décourager.

Haïti laisse partir ses fils vers l’aventure américaine, dominicaine, bahaméenne, sud-américaine comme il avait assisté à leur départ du pays, sans se sentir concerné.

Des Haïtiens meurent, mettent leur vie et leur bien-être en danger sans que cela ne préoccupe aucune autorité politique, morale, économique ou financière. Personne ne se préoccupe de cette saignée, de ce sacrifice vain qui frappe une population qui est de celles qui tiennent le pays à bout de bras avec leur transfert.

Il n’y a ni conseil ni tentative de plaider leur sort. Rien.

Rien que des mots qui cachent mal le mépris et l’insouciance d’une société qui a toujours eu du mal à regarder en face ses partants. Ceux qui soulignent, oh combien, l’échec de la construction de la nation.



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