Désunion… si la preuve était nécessaire

Publié le 2021-10-01 | lenouvelliste.com

Les émissaires du président Joseph Biden ont quitté Haïti ce 1er octobre 2021 après avoir rencontré une bonne partie de la classe politique, de la société civile et les deux derniers premiers ministres, Ariel Henry en poste et Claude Joseph redevenu ministre des Affaires étrangères.

Lors d’une conférence de presse tenue à l’ambassade des Etats-Unis ce vendredi, les deux envoyés, le Secrétaire adjoint aux Affaires de l'hémisphère occidental, Brian Nichols et le directeur principal du Conseil de sécurité nationale, Juan Gonzalez, ont vanté la qualité des discussions qu’ils ont eu avec les Haïtiens.

A les entendre, toutes les parties veulent un accord qui déterminera l’avenir. Les interlocuteurs qu’ils ont rencontrés sont pour un accord ou un autre, certains sont même pour un rapprochement entre les accords. Comme pour un cocktail, on prendrait un quart de celui-ci, une demie de celui-là, un peu dans tel autre accord et on y ajouterait édulcorant, liant, produit sucrant et de la glace.

En gros, les Haïtiens veulent tous la même finalité mais divergent sur le chemin à prendre pour y arriver.

Si la preuve devrait être faite que le pays est désuni, les rencontres avec les émissaires américains en apportent la preuve : chacun vient avec son accord, ses préoccupations, son petit projet et espère gagner à la loterie des pourparlers.

Brian Nichols et Juan Gonzalez n’ont pas rencontré des ensembles mais des éléments, au mieux des sous-ensembles. Il n’y avait pas en face d’eux des blocs déjà constitués mais des porteurs d’intérêts.

On comprend la position américaine quand il est dit et redit que la solution sera haïtienne et qu’il faut de l’unité.

On en est loin tant qu’une rencontre ne sera pas organisée avec tous les porteurs d’accords. Il faut qu’on les oblige à se mettre dans une même salle, en même temps et à n’en sortir qu’une fois une entente trouvée.

Sinon, on va encore passer des mois à brûler nos vaisseaux.

Bientôt trois mois depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse et il paraît évident qu’il n’était pas le seul qui n’avançait pas vers une solution négociée pour une gouvernance en faveur des Haïtiens



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