Kay la: plus qu’une attraction, un « malè pandye »

Publié le 2021-09-22 | lenouvelliste.com

À Vernet, sur la route menant à l’aéroport Antoine Simon des Cayes, le séisme du 14 août a laissé dans son sillage une curiosité que des chauffeurs de motos-taxis appellent « Kay la ». La construction, longue d’une vingtaine de mètres sur quatre mètres de large, sous l’effet des ondes sismiques, s’est penchée, ressemblant, pour les férus de la comparaison sarcastique, à la tour de Pise. 

Tagué rouge par le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), bon à démolir, l’édiffice, en finition, qui devait accueillir, selon nos sources, un dépôt de provisions alimentaires, enlève le sommeil aux voisins. « Nous ne dormons plus chez nous », a confié la voisine de droite, qui regarde avec angoisse son petit logis peint en rouge, lui aussi, à côté de ce building qui ressemble à une épave. 

« Je suis inquiet », a confié au Nouvelliste un autre voisin, Marckeson Mondésir. Sa maison est à l’arrière de cet édifice. 

“ Il n'est pas normal que plus d’un mois après le séisme que la mairie des Cayes et la direction de la Protection civile laissent cette menace planer au-dessus de la tête des gens qui, trop souvent, sont inconscients du danger qui les guette », a déploré au journal un ingénieur. 

« Cette construction n’aurait jamais dû, sans mesures spéciales, être autorisée car sa longueur dépasse largement trois fois sa largeur, ce qui enfreint les règles fondamentales du génie parasismique », a-t-il poursuivi. « Que personne  ne vienne, le jour de ce désastre annoncé, verser des larmes de crocodile en espérant secrètement que l’aide internationale sera plus importante avec plus de morts. Fwa sa a pèsòn pa k ap di yo pat konnen », s’est offusqué cet ingénieur. 

Entre-temps, à la plaine des Cayes, de Torbeck, de Camp-Perrin, joyeux drille, des chantiers avancent, sans supervision, sans cahier des charges respectant les normes parasismiques.

Roberson Alphonse



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