Hausse du prix de l'engrais dans la vallée de l'Artibonite, les paysans accusent l'État haïtien

Publié le 2021-09-16 | lenouvelliste.com

Les planteurs de la vallée de l'Artibonite se trouvent dans des difficultés énormes à se procurer un petit sac d'engrais.  Dans les magasins agricoles comme aux marchés informels, le prix varie entre 4 000 et 5 000 gourdes pour le sulfate, réputé être bon marché. Selon leurs déclarations, c'est la complicité entre l'État haïtien et les importateurs de riz qui a conduit à cette entente.

À l'approche du lancement de la dernière campagne agricole de l'année, les planteurs du bas Artibonite ne savent à quel saint se vouer face à la montée et l'instabilité du prix de l'engrais. Entre colère et désespoir, ils reprochent au gouvernement de rester insensible à leur sort et de continuer à faciliter, à travers les franchises, l'envahissement du marché par les riz importés.

« 4 000 à 5 000 gourdes pour un petit sac d'engrais est au-dessus de nos moyens. Le prix  grimpe, cela ne dit rien aux autorités. S'ils voulaient la bonne marche de notre agriculture, ils auraient taxé les riz importés et investi par la suite cet argent dans l'agriculture. Ne pas réguler et investir dans une banque agricole, ne pas subventionner l'engrais et laisser l'accès libre aux riz importés sont des preuves qu'ils veulent tous nous tuer », a déclaré Vincent Pierre, planteur et membre d'organisation de planteurs près de la commune de l'Éstère.

D'un autre côté, les paysans exigent un véritable budget pour l'agriculture et la non- politisation de l'Organisation pour le développement de la vallée de l'Artibonite (ODVA).

« L'ODVA n'existe plus depuis qu'elle a été politisée. Le ministre de l'Agriculture n'a cette fonction que pour satisfaire les besoins de ses patrons politiques. Nous voulons un véritable budget pour l'agriculture; les jeunes agronomes qui ont envie de nous aider doivent trouver des moyens. Si nos revendications ne sont pas respectées, nous allons passer de la parole aux actes », a averti Marie paysanne et commerçante dans les environs de Jean Denis.

Pour donner du poids à leur mouvement à l'avenir, ils entendent adreser et regrouper toutes les associations de planteurs de la région pour un mouvement de grande envergure.

Outre le problème d'engrais, les paysans affirment qu'ils font toujours face aux problèmes d'irrigation et à la cherté du matériel agricole.

John-Becker Jean
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