Affaire Moïse : faute d'avancée judiciaire, la politique occupe toute la place 

Publié le 2021-09-13 | lenouvelliste.com

Ce mardi 14 septembre marque un mois tout juste depuis que la terre a tremblé dans trois départements du grand Sud laissant deuil et dévastation après le séisme. La catastrophe ne fait plus l'actualité. Le pays a laissé de côté l'essentiel pour consacrer son attention à une petite bataille politique.

Une bataille en interne, au sein du gouvernement, pour le contrôle du pouvoir. Les anciens proches de Jovenel Moïse affrontent le dernier choisi par Jovenel Moïse. Le premier ministre Ariel Henry est face au ministre de la Justice et de la Sécurité publique, au secrétaire général du Conseil des ministres, au Protecteur du citoyen et face au commissaire du gouvernement. 

Ces quatre personnalités ont dégainé leur plume pour prendre position publiquement contre le premier ministre, accusé d'avoir eu des conversations avec l'une des personnes recherchées dans le cadre de l'exécution du président Jovenel Moïse. 

On ignore pour le moment s'il existe d'autres hauts responsables qui indexent Ariel Henry ou doutent de son innocence. On ignore s'il existe d'autres preuves qui accablent le docteur Henry.

Après la cérémonie de la fin de la semaine écoulée, le premier ministre devrait célébrer la signature de l'accord dit de la Primature avec des partis politiques d'horizons divers, il se retrouve acculé à défendre son innocence. Plus tôt que tard, il devra s'expliquer devant la nation ou devant un juge.

Un pas sépare le chef du gouvernement du tourment intégral : le juge d'instruction en charge du dossier de l'affaire Moïse ne s'est pas encore prononcé. L’instruction vient de commencer. Le juge n’est pas des plus expérimentés et autour, il y a une bataille au couteau pour le pouvoir. 

Le juge prend-il son temps ? Cherche-t-il des évidences solides ? N'a-t-il rien relevé qui puisse impliquer Ariel Henry ? On le saura bientôt.

Alors que la bataille fait rage autour des appels téléphoniques, plus personne ne réclame l'arrestation des présumés coupables et commanditaires de la mort du président. Depuis les arrestations de la première quinzaine après le 7 juillet, c'est le calme plat. Les Colombiens comme les Haïtiens recherchés et dont pour certains la tête est mise à prix ont disparu de la surface de la République ou se cachent profondément. 

Ni la PNH ni le premier ministre n'ont plus dit un mot sur l'enquête. 

La justice haïtienne étant réputée lente et des fois immobile, on ne sait pas quelles seront les prochaines étapes.  

Du côté des pays amis, on n'entend plus parler de l'affaire Moïse. Plus aucune nouvelle de la Colombie. Les fins limiers des États-Unis d’Amérique n'ont jamais fait de déclaration. 

Pour le moment, il manque aux ordres de la justice des exécuteurs, des superviseurs, des planificateurs, des financiers et des ordonateurs de l'exécution du président Jovenel Moïse. 

Quand la justice ne fait pas ou ne peut pas faire son travail, la politique prend toute la place. 

P.S Le conseil de gouvernement tenu ce lundi n'a abordé ni l'enquête sur l'assassinat du président ni le séisme du 14 août 2021 ni aucun des problèmes du pays. 



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