Insécurité, black-out et justice en panne

Publié le 2021-09-08 | lenouvelliste.com

Deux mois après l’assassinat du président Jovenel Moïse, un deuxième juge d’instruction a pris en main l’affaire Moïse. Le premier s’était déporté pour raisons de « convenance personnelle ». Le deuxième juge, à qui plus de moyens a été octroyé, a tenté à plusieurs reprises d’auditionner un premier inculpé. A chaque fois, il a buté sur les conditions de travail au parquet de Port-au-Prince.

L’insécurité ambiante, dans la zone où loge le parquet, empêche des fois de s’en approcher. Quand prévenu, avocat et juge sont présents, il n’y a pas d’électricité pour permettre une audition.

L’insécurité, la pénurie de carburant, la disparition de l’énergie électrique qui s'ensuit, pénalisent la bonne marche de la justice, de l’économie haïtienne et de la vie en général dans la cité, depuis des semaines.

Grande promesse du président Jovenel Moïse, bien avant son assassinat, le courant électrique était rare en Haïti. La propagande le promettait 24h/24, 7 jours/7, dans les faits beaucoup de quartiers passent des semaines sans recevoir un watt de l’électricité d’Haïti. La nouvelle usine achetée à grand frais par l’État haïtien n’a toujours pas fait voir la puissance de ses 60 mégawatts. Dans la foulée, le directeur général de la compagnie Électricité d’Haïti (EDH) a remis sa démission.

Pour entraver encore plus la marche des grandes génératrices qui alimentent les réseaux, la circulation de carburant est difficile. Sortir des camions-citernes des terminaux est un sport risqué. Les gangs tiennent les rues et les balles volent dans toutes les directions.

Ce jeudi, les principales institutions haïtiennes qui fonctionnent sur groupes électrogènes sont menacées de panne sèche.

Impossible pour celles qui n’avaient pas de réserves de se procurer des produits pétroliers alors que les cuves des compagnies distributrices sont pleines, alimentées par les importations. La difficulté réside dans le transport à travers le territoire.

Les gangs, après avoir dicté la loi à la sortie Sud de Port-au-Prince, sont en passe de réussir le verrouillage de la sortie Nord. 

La justice comme l’économie sont étranglées. La vie courante est une course d’obstacles et de privations. 

Deux mois après l’exécution du président Jovenel Moïse, les problèmes de sa présidence prennent encore plus d’importance dans les bras du premier ministre Ariel Henry. Les politiques cherchent à se répartir le gâteau de l’État, personne n’aborde l’appropriation des responsabilités indispensables à la conduite de la nation.



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