Cayes

La bibliothèque de L'IPDEC sévèrement touchée par le séisme

Publié le 2021-08-31 | lenouvelliste.com

Située à l'angle des rues Edgar Nérée Numa et du général Borgella, la bibliothèque de l'Institut de promotion et du développement de l'éducation et de la culture (IPDEC) des Cayes a été détruite par le séisme de magnitude 7.7 sur l'échelle de Richter qui a frappé le grand Sud du pays le 14 août 2021.

Les dégâts sont énormes. L'espace physique de la bibliothèque est complètement détruit. Les étagères, les projecteurs, les bureaux, les ordinateurs, les tables, les chaises... croupissent sous les décombres. Parmi les 9500 ouvrages qui étaient disponibles sur les rayons, les responsables en ont seulement récupéré 2 800 sous les décombres, grâce au support d'un groupe venu de l'Université Quisqueya, spécialisé dans la conservation du patrimoine et des membres de la communauté.

« Nous avons perdu toute la collection des livres d'auteurs haïtiens que possédait la bibliothèque. Nous enrichissons cette collection depuis plus de dix ans » , se lamente à l'autre bout du fil Jean Verra, directeur de la bibliothèque de l'IPDEC.

Selon M. Verra, la destruction de la bibliothèque de l’IPDEC est l’une des plus grandes pertes du milieu culturel de la ville d'Amorce Dugé. Créée par un groupe d'enseignants grâce au support de la Fondation Connaissance et liberté (FOKAL), depuis 2000, la bibliothèque de l’IPDEC sert la communauté des Cayes. Avec plus de 2 000 membres actifs, cette bibliothèque était accessible à tout le public jusqu'à ce samedi inoubliable.

« La ville n'existe plus. L'espoir des jeunes résidait dans les rayons de cette bibliothèque. La bibliothèque était un lieu de rencontre et d'humanité. Nous avions organisé des activités de toutes sortes théâtre, danse, peinture, cinéma... C'est un projet qui a pris plus de 20 ans pour se concrétiser. Il est urgent de reconstruire cette bibliothèque parce que construire une bibliothèque, c'est construire l’avenir », a déclaré au Nouvelliste Jean Verra, la voix imprégnée de désolation. Pour le responsable, face à la déchéance sociale et à l'effritement  des valeurs, nous devons faire quelque chose pour ouvrir en urgence les portes de cet espace culturel.

Ervenshy Hugo Jean-Louis, qui fait du bénévolat à la bibliothèque depuis plus de 5 ans, se dit totalement bouleversé par cette nouvelle.

« IPDEC est une bastion de connaissances. C'est là que j'ai grandi. C'est là que j'ai rencontré les livres. C'est aussi dans cet espace que j'ai rencontré les grands noms de la littérature haïtienne. La destruction de cette bibliothèque est une grande perte pour la ville des Cayes. Nous sommes dans l'urgence. L'urgence de soigner les blessés et d'aider les sinistrés mais nous sommes aussi dans l'urgence d'éduquer et de cultiver les autres. La culture est un besoin vital pour l'humanité. »

Marc Sony Ricot



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