Le chef de l’USGPN, Dimitri Hérard, a commandé 200 fusils sans l’autorisation de l'exécutif révèle Jean Gabriel Fortuné

Publié le 2021-07-16 | lenouvelliste.com

Le  chef de l’Unité de sécurité générale du palais national (USGPN), Dimitri Hérard, sur qui les projecteurs sont  braqués depuis l’assassinat du président de la République, Jovenel Moïse, chez lui, le mercredi 7 juillet dernier,  continue de faire parler de lui. Ce vendredi 16 juillet, sur les ondes de Magik9, l’ancien maire de la commune des Cayes Jean Gabriel Fortuné a révélé  que celui-ci a acheté un surplus de fusils d’assaut suite à une commande faite par le chef de l’État, Jovenel Moïse. «Comment expliquer que quelqu’un qui a reçu l’ordre du président de la République pour placer une commande de 60 fusils d’assaut en a acheté 260 et qu’il a remis 60 au président Moïse alors qu’il savait que 260 sont rentrés au pays? Comme la personne concernée, en l’occurrence le responsable de l’USGPN, Dimitri Hérard, est un gros « zotobre », personne ne sait où sont passés les 200 autres fusils. Je me demande s’il n’a pas été tué par l’un de ces fusils ou l’infirmière qui a été tuée quelques jours», a-t-il fait savoir.

« Le président Jovenel Moïse savait que ces 200 autres fusils d’assaut sont entrés dans le pays. Il n’a rien fait jusqu’à en payer les frais. C’est une question mystique. S’il avait garanti la sécurité du pays, il ne serait pas mort de cette façon. Nous ne pouvons plus continuer à gérer le pays de cette manière », a lâché M. Fortuné, qui rappelle que la gestion de la sécurité du pays faite par le chef de l’Etat, Jovenel Moïse, laissait à désirer. « Jovenel Moïse n’était pas un saint. Il avait de grosses responsabilités dans ce qui s’est passé. Étant donné qu’il est un président et qu’il a été  assassiné, chez lui, cela a soulevé l’indignation du monde entier. Mais, avant son assassinat, nous vivions dans un pays où on tuait des gens en toute impunité. N’ayons pas peur de la vérité », a tranché l’ancien sénateur, qui indique que le secteur privé et l’Etat sont impliqués dans la circulation des armes à feu dans le pays.

 Entre la fin de l’année 2015 et le début de 2016, à l’occasion d’un inventaire dans l’arsenal de la Police nationale au Palais national d'Haïti (PNH) les autorités ont constaté que pas moins de 50 fusils T-65 ont disparu. L’un de ces fusils, qui appartenait à la Police nationale d’Haïti, a été utilisé, en juillet 2018, dans le cambriolage d’une banque en République dominicaine, selon les autorités dominicaines. Une information que le directeur général de la PNH à l'époque, Michel-Ange Gédéon, avait confirmée au Nouvelliste. La commission Justice, Sécurité et Défense du Sénat de la République et la direction générale de la Police nationale d’Haïti avaient manifesté la volonté d’ouvrir une enquête parlementaire en vue de faire la lumière sur la disparition de  ces mitrailleuses au Palais national.



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