A quoi servent les examens officiels? 

Publié le 2021-07-15 | lenouvelliste.com

Le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle organisera à partir de la semaine prochaine les examens officiels pour l'année académique 2020-2021. Ce sont les élèves de la 9e année  fondamentale qui donneront le coup d'envoi de ces épreuves. 

Des élèves qui subissent des examens de fin d'année ce n'est pas une nouvelle. Cela devrait être une simple formalité. Pourtant, dans le cas d'Haïti, ce n'est pas si simple. Avec la crise sociopolitique qui sévit dans le pays, tout devient complexe et compliqué. Les examens officiels de cette année se déroulent dans un contexte de crise généralisée. Il n'est pas étonnant que des parents n'arrivent pas encore à récupérer la fiche d'accès aux salles d'examens de leurs enfants faute d'argent. Même en temps normal, cette opération est souvent compliquée pour beaucoup de parents. 

La situation est davantage compliquée cette année dans la mesure où le secteur économique est l'une des principales victimes de la gouvernance catastrophique du pays. Le kidnapping et la guerre des gangs forcent des entreprises à fermer leurs portes. Quand une entreprise est fermée, il n'y a pas que les emplois directs qui sont perdus,  mais aussi les emplois indirects créés par l'entreprise. Dans un pays où le chômage est roi, chaque entreprise fermée est une catastrophe. 

A côté de la précarité économique du pays qui va peser sur les examens, il y a un autre point important à souligner. C'est l'état d'esprit des écoliers. Dans quelles conditions des élèves des quartiers où les gangs font la loi vont-ils subir ces examens? Dans le cas de Martissant, de bas de Delmas, de Cité-Soleil, beaucoup de familles ont dû fuir la violence des gangs. Les enseignants aussi. Les écoles ont dû fermer leurs portes. Les écoles dans les quartiers contrôlés par les gangs n'ont pas pu travailler toute l'année. Les élèves fréquentant ces établissements sont aussi concernés par les examens officiels à venir. 

Incapable de créér des conditions favorables à l'apprentissage, les autorités haïtiennes, comme dans les années passées, pour se donner bonne conscience, vont s'assurer qu'un maximum de candidats réussissent aux examens officiels sans même maîtriser le programme scolaire. Pour le malheur du pays qui a pourtant besoin de ressources humaines qualifiées pour relever ses défis. 

Dans ces conditions, on peut se demander à quoi servent les examens officiels qui coûtent cher au Trésor public? 



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