« Pas question d’élection avec Jovenel Moïse au pouvoir  »,  dit la DIRPOD à l’OEA

Des membres de la  Direction politique de l’opposition démocratique (DIRPOD) ont  présenté, le mercredi 9 juin, un compte rendu de leur rencontre avec la mission de l’Organisation des États américains, arrivée en Haïti le mardi 8 juin avec pour objectif de «  faciliter  un dialogue qui conduirait à des élections libres et régulières ». « Pas question d’élections avec Jovenel Moïse au pouvoir ». Cest en substance ce point de vue que la DIRPOD a défendu lors de cette rencontre à laquelle  elle a pris part avec la mission, a rapporté l’ingénieur Rosemond Pradel.

Publié le 2021-06-09 | lenouvelliste.com

«  Les membres de la mission nous ont demandé de prendre un engagement en faveur de la démocratie par rapport aux  élections.  D’entrée de jeu, nous leur avons fait comprendre que nous ne venons pas discuter d’élections. Nous leur avons dit que notre présence se justifie par deux raisons : parce que nous savons que c’est une mission du Conseil permanent de l’OEA qui est venue pour une autre cause. Nous leur avons rappelé que nous avons pris part à la rencontre pour exposer notre point de vue sur la crise afin qu’ils aient de nouveaux éléments, autres que la parole du pouvoir qui les intoxique. Une parole neuve qui corresponde à la réalité sociopolitique actuelle », a rapporté l’ingénieur Rosemond Pradel lors d’une conférence de presse.

M. Pradel a révélé qu'un étalage sur deux des composantes de la crise qui secoue le pays a été fait : l’une conjoncturelle et l’autre structurelle. Selon l’ancien secrétaire général du Conseil électoral provisoire, l’aspect conjoncturel est marqué par la présence de Jovenel Moïse au pouvoir. «  La solution passe par l’évacuation de Jovenel Moïse du Palais national », a-t-il avancé aux membres de la mission après leur avoir dit que celui-ci occupe le Palais national illégalement, puisque, a-t-il affirmé son mandat, est arrivé à terme le 7 février 2021 suivant l’article 134-2 de la Constitution et l’article 239 du décret électoral de 2015 ; deux documents qui constituent  le cadre légal des élections qui l'ont porté au pouvoir. Par conséquent, Jovenel Moïse a fait un coup d’Etat contre la démocratie, a jugé M. Pradel, qui a demandé aux missionnaires s’ils sont prêts à encaisser ce coup d’Etat. Considérant cette illégalité, il a signifié aux missionnaires que la DIRPOD ne compte pas participer aux élections avec l’actuel occupant du Palais national.

Ce n’est qu’après avoir résolu la composante conjoncturelle de la crise que M. Pradel pense qu’on pourra dialoguer pour s’attaquer à l’aspect structurel. « À cette phase, il serait essentiel pour nous de nous asseoir avec les différents secteurs de la vie nationale pour dialoguer pendant plusieurs jours ou plusieurs mois pour poser les problèmes du pays. La discussion portera alors sur la situation sociale, économique, d’insécurité, mais le premier pas à franchir reste le départ de Jovenel Moïse. Après quoi, nous pourrons parler de l’organisation d’élections dans le pays », a-t-il soutenu, soulignant la nécessité de travailler pour créer les conditions propices à l’organisation du scrutin.



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