Covid-19, gestes barrières... des gens méprisent, négligent, ignorent

Publié le 2021-06-02 | lenouvelliste.com

Les cas de contamination au coronavirus grimpent en Haïti. Le pays est en état d’alerte, selon les autorités sanitaires. Des hôpitaux qui prennent en charge des malades de Covid-19 sont saturés. « La situation est grave », rappelle le chef de l’Etat, Jovenel Moïse. Entre-temps, Port-au-Prince bouge quotidiennement presque comme à l'ordinaire. Le port du masque, qui est l’un des gestes barrières personnels, est respecté quand c’est contraignant.

8 heures du matin, à cette heure, Port-au-Prince se réveille totalement. Christ-Roi, un quartier situé dans la commune de Port-au-Prince, est en activité. Chacun, dans les rues, se réapproprie son quotidien. Un va-et-vient rythmé par le bourdonnement des moteurs et le klaxon des chauffeurs de tap-tap. Une journée semblable à toutes les autres où la présence du coronavirus resterait insoupçonnée s’il n’y avait pas eu de rares personnes qui portaient un masque de protection. Dans l’ambiance se mêlent les élèves retardataires qui s’empressent de regagner leurs établissements scolaires. L’un d’entre eux se dirige vers une école privée de bonne réputation de la zone. Le port du masque est obligatoire.  Devant la barrière, il le sort, l’enfile pour avoir accès à l’enceinte du bâtiment.  Face à lui une affiche sur laquelle sont inscrites toutes les mesures barrières à respecter. Cela ne l’empêche pas d’enlever son masque une fois à l’intérieur. Ses camarades avaient déjà adopté la même attitude. Le masque est sous le menton, dans le coup, sur le banc, ou enfoui dans le sac. Heureusement, c’est l’examen, la distanciation sociale est plus ou moins respectée.

À quelques encablures de l’institution scolaire, un petit marché informel. Dans cet espace, les marchands négligent tout principe d’hygiène visant à contrer la propagation du virus. Déjà ces détaillants sont installés sur les trottoirs exigus. Ils se mettent presque les uns sur les autres. À Delmas 32,  où les marchands deviennent plus nombreux chaque jour davantage, le constat est le même.  Les trottoirs sont débordés, certains occupent une partie de la rue. La préoccupation est de veiller à ne pas se faire percuter par des chauffeurs qui se frayent un chemin à coup de volant, mais pas le coronavirus.  Même cas de figure à Pétion-Ville où plusieurs rues sont transformées en marché public : le port du masque est quasi absent, les marchands s’empilent, aucun  point de lavage des mains n’est constaté. Une cadence de survie au temps du coronavirus.

Les transports en commun sont le secteur où les gestes barrières ne sont pas respectés le plus. Les passagers sont côte à côte ; beaucoup d’entre eux ne portent pas de masque. Un chauffeur avance qu’il ne peut pas réduire le nombre de passagers puisque le prix de l’essence n’a pas baissé. Certains chauffeurs qui assurent le circuit Pétion-Ville/centre-ville  ont augmenté de cinq gourdes  le prix du trajet afin de réduire le nombre de passagers.

Les mesures barrières sont mises à rude épreuve au quotidien en Haïti.  Des principes qui, en apparence, paraissent simples à appliquer : le port du masque, la distanciation physique, le lavage fréquent des mains entre autres.

Germina Pierre Louis



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