Ces institutions qui explosent ou implosent

Publié le 2021-05-11 | lenouvelliste.com

On ne compte plus les institutions qui multiplient les sorties de routes ou qui finissent dans les ravins qui parsèment le parcours sinueux emprunté par notre pays ces derniers mois. 

L’exécutif depuis la démission du premier ministre Jean-Henry Céant ne peut plus avoir un chef de gouvernement ni un gouvernement comme le stipule la Constitution en vigueur. Les chefs dirigent le pays de fait, pas selon les lois.

Le Parlement a totalement perdu la Chambre des députés et il ne reste qu’un tiers des sénateurs en fonction. Sans possibilité de tenir séance, les élus ne servent plus à grand-chose.

Si l’exécutif fait encore semblant, le législatif est totalement évanescent.

Le pouvoir judiciaire ne peut certifier combien il y a de juges de la Cour de cassation encore en fonction. Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est en surchauffe et les dernières élections pour renouveler ses membres prennent le chemin de toutes les élections en Haïti : elles sont contestées. Légèrement. Mais contestées.

La Police nationale d’Haïti ne connaît plus que des directeurs généraux par intérim, des contestations à l’interne, une faiblesse endémique, une absence de moyens chronique. Combattre l’insécurité qui est la première demande de la population, protéger et servir qui sont sa devise, restent lettres mortes trop souvent.

Le Conseil électoral provisoire est mis en question. Ses membres actuels travaillent sans avoir prêté le serment d’usage de respecter la Constitution. Ce serait du parjure si ses membres avaient juré de le faire. Le CEP actuellement en place s’occupe de missions qui ne sont pas dans ses attributions. Il prépare un référendum et ses membres prêchent la bonne nouvelle du nécessaire changement de constitution que promeut le gouvernement. Fini le temps des juges électoraux impartiaux. 

La Banque de la République d’Haïti abonnée elle aussi à une direction ad interim, conduit des politiques à vue qui lui sont dictées par les besoins du gouvernement plus que par les impératifs d’une bonne gouvernance pour le bien du pays.

Les conséquences de chacune de ces défaillances sont nombreuses et auront des répercussions pendant des années. On le sait mais on avance vers le pire.

La nouvelle du jour est la construction de premiers mètres d’une clôture pour contenir les Haïtiens en Haïti. Cette initiative de nos plus proches voisins n’émeut personne.

On ne sait plus si nos institutions s’effondrent, implosent et nous laissent sans parade ou si c’est l’effondrement et l’implosion de l’être haïtien qui emportent nos institutions.



Réagir à cet article