Les hommes d’affaires s’énervent, les hommes politiques avancent

Publié le 2021-05-10 | lenouvelliste.com

Trois jours après la démission du premier ministre Joseph Joute survenue le 14 avril 2021, le premier ministre a.i. Claude Joseph rencontrait les principales associations patronales du pays, le 17 avril.

La rencontre s’est tenue à la demande du nouveau chef de gouvernement, ministre des Affaires étrangères et président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPJ). Le Dr Claude Joseph tenait à informer les hommes d’affaires des nouvelles dispositions définies par son équipe gouvernementale pour mettre sinon fin à l'insécurité, du moins la réduire.

Le ministre, qui avait tout fait pour devenir premier ministre, avait paru convaincre les incrédules ce jour-là. Le sentiment partagé dans la communauté des affaires, après les photos souvenirs et le communiqué d’usage, était de le voir à l’œuvre. De lui donner du temps.

Ce lundi 10 mai, on peut lire dans un nouveau communiqué signé des mêmes associations :

« Force est de constater que plus de deux semaines après, la situation n’a fait qu’empirer et que si mesures prises il y a eu, les résultats n’y sont pas, bien au contraire ! L’insécurité multiforme impacte la population dans son ensemble et les cas de kidnapping touchent tous les secteurs indistinctement. »

Le constat est sans appel. Les promesses du premier ministre a.i. n’ont pas passé le test de la réalité.

Un peu plus loin, le texte franchit les cinq mètres cinquante des autorités pour dire : « Trop c’est trop, ceux qui ont pour mission de servir la population, et ce, jusqu’au plus haut niveau de l’État, ont failli à leur mission essentielle de servir et protéger. »

 En une phrase c’est l’exécutif en entier et la PNH dans son ensemble qui sont jugés.

«Dans ce contexte de violence et d’instabilité généralisée, les chambres de commerce et associations signataires demandent au premier ministre, chef du CSPN, de prendre acte de l’inefficacité des actions jusqu’à présent entreprises pour pallier au problème grave de l’insécurité, et des conséquences qui en découlent sur tous les secteurs de la nation. Par conséquent, nous demandons encore une fois aux autorités d’assumer leurs responsabilités et de prendre les dispositions qui s’imposent pour rétablir l’ordre et la sécurité sur le territoire national, en élargissant leurs consultations aux experts en la matière, en renforçant la police en voies et moyens.»

Le verdict est sévère. Très sévère.

Comme nous sommes en Haïti, quelques heures après la publication du communiqué, le premier ministre Joseph, entouré de tous ses ministres politiques et de tous les hauts responsables de la Police nationale d’Haïti, a organisé un point de presse en sa résidence.

Il n’y a été question ni des inquiétudes des hommes d’affaires, ni des peurs de la population, ni d’un étalage de nouvelles promesses ou de serments renouvelés de mieux faire.

Claude Joseph a parlé du référendum et des élections à venir. Selon lui, tout est en place pour que tout se déroule bien.



Réagir à cet article