«4.4 millions d’Haïtiens» pataugent dans l'insécurité alimentaire, selon le directeur du CNSA

Publié le 2021-05-07 | lenouvelliste.com

En 2016, le nombre d’Haïtiens vivant dans l'insécurité alimentaire était estimé à 2.5 millions. En 2021, nous sommes passés à 4.4 millions. C’est une enquête nationale, tant dans les milieux ruraux que dans les régions urbaines sur la sécurité alimentaire, qui a permis aux enquêteurs du CNSA d’observer cette augmentation entre août 2020 et février 2021, précise l’agronome Harmel Cazeau, directeur général du Conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA), alors qu'il participait, jeudi soir, à l’émission « Haïti, sa k ap kwit » sur la chaîne 20.

Partout dans le pays, l’insécurité alimentaire s’accentue à différents degrés de l’échelle. Certains Haïtiens pataugent dans une phase aiguë, d’autres le sont moins. Mais pour l’essentiel, partout dans les régions du pays, les enquêteurs soulignent l'existence des poches d’urgence d’insécurité alimentaire nécessitant donc des interventions d’urgence en alimentation, alerte le patron du CNSA. Pour le moment, environ 9% de toute la population haïtienne se retrouve à cette phase d’urgence. Environ 33%, soit environ trois millions d’Haïtiens connaissent une phase de crise alimentaire, selon les données de l'institution. «Ce n'est pas un jeu», prévient l'agronome. 

Que ce soit dans l’Artibonite (notamment à Anse-Rouge, Terre-Neuve, Gros-Morne, Ennery, Saint-Michel, ou sur l’île de La Gonâve, au Plateau central, Belle-Anse, Anse-à-Pitres, Grand-Gosier, Cornillon, Grand-Bois, Tomazeau, comme dans différentes zones de la région métropolitaine, il y a des foyers (zones) où les gens vivent une insécurité alimentaire insoutenable et nécessitent de l’assistance, insiste l’agronome Cazeau.

« Crises sociopolitiques et économiques, manifestations en série, chocs provoqués par les changements du climat, épisodes de sécheresse, faibles revenus des habitants, chômage, dévalorisation de la gourde par rapport au dollar, manque de production nationale... » figurent parmi les principaux facteurs évoqués par le directeur du CNSA pour expliquer cette situation.

Or, souligne l’agronome Cazeau, « la sécurité alimentaire est fondamentale. Souvent, elle est reléguée au second plan. C’est un besoin primaire qui doit être pris en considération dans les politiques publiques multisectorielles », avance le responsable, qui appelle les décideurs, les acteurs des secteurs  public et privé à « prendre des mesures politiques pour renverser la tendance. Les acteurs politiques, ceux du secteur privé doivent mieux redéfinir leurs actions sur cette question. Ils doivent réfléchir pour adopter des mesures abordant les problèmes du système alimentaire à différents niveaux ».



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