Une étude de la banque centrale de la République dominicaine documente le commerce informel à la frontière

Pour l’année 2017, le flux de commerce informel à la frontière entre la République dominicaine et la République d'Haïti s'élevait à 429,6 millions de dollars américains, dont 331,5 millions de dollars américains correspondant aux exportations dominicaines vers Haïti pour seulement 98,1 millions de dollars américains qui représentaient les exportations haïtiennes vers la République dominicaine pour cette même année.

Publié le 2021-04-29 | lenouvelliste.com

Ces données proviennent d’une enquête statistique sur le commerce informel frontalier entre la République dominicaine et la République d'Haïti menée, au cours de la période allant de  juin 2015 à décembre 2017, par la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) avec le soutien de la Direction générale des douanes (DGA), de l'Office national des statistiques et du Centre des exportations et des investissements (CEIRD).

Les résultats de l'étude tiennent compte de tous les détails, à savoir le volume et les prix notamment, pour quelque 849 produits, 487 à l'exportation et 362 à l'importation, commercialisés à la frontière haïtiano-dominicaine de manière informelle. L’étude révèle que le commerce informel entre les deux pays frontaliers se caractérise par l'exportation de produits agro-industriels (tels que le riz, la viande de poulet et les pâtes) et de produits agricoles (tels que les haricots, les citrons et les bananes), ainsi que l'importation de chaussures et de textiles.

Le marché informel des exportations dominicaines vers Haïti en 2017, selon cette enquête de la BCRD, est ainsi décliné : 115,9 millions de dollars américains produits du secteur agro-industriel (viande de poulet, riz, pâtes, assaisonnements, saucisses, huiles comestibles, farine, entre autres) ; 94,9 millions de dollars américains de produits agricoles (haricots, citrons, noix de coco séchées, bananes et légumes) ; 83,3 millions de dollars américains de produits industriels, dont 18,3 millions de dollars américains de vêtements et de chaussures usagés ; 36,2 millions de dollars de produits du secteur de l'élevage, dont les œufs frais représentent la moitié de cette somme.

L’essentiel de ces exportations frontalières informelles est surtout concentré, par ordre d’importance, au point de passage de Dajabón, suivi de Jimaní, d’Elías Piña et enfin de Pedernales. Tandis que le registre douanier des exportations dominicaines formelles vers Haïti s’articule dans l'ordre suivant : Jimaní, Elías Piña, Dajabón et Pedernales.

S’agissant des exportations informelles haïtiennes vers la République dominicaine, totalisant 98,1 millions de dollars en 2017, l’enquête révèle que 45,8% de ces transactions sont concentrées principalement sur le marché de Dajabón. Les exportations des produits du secteur industriel ont compté pour un montant de 64,3 millions de dollars (vêtements et chaussures usagés à 83%) alors que les exportations agricoles se sont élevées à 21,9 millions de dollars. Pour le secteur agroalimentaire, le chiffre des importations s'élevait à 9,1 millions de dollars, dont 4,7 millions de dollars pour les importations de cigarettes, bières et whisky, et 2,7 millions de dollars pour les produits de l'élevage.

Depuis 2010, la dimension des exportations frontalières informelles est calculée par la BCRD s’étant rendu compte que les registres de la DGA ne mentionnaient qu'environ 60% des exportations dominicaines de marchandises à destination d'Haïti. Cette présente étude répond donc à la nécessité de combler statistiquement les 40% non pris en compte par les registres de la DGA afin de compléter la valeur totale des exportations dominicaines vers Haïti.

Pour ce qui est du commerce formel entre la République dominicaine et sa voisine Haïti (exportations plus importations, y compris zones franches), enregistré par les douanes dominicaines, il a atteint en 2017 le montant total de 1,64 milliard de dollars américains.

Parmi les produits dominicains les plus exportés vers Haïti, selon les registres administratifs de la DGA, figurent les objets en plastique, le ciment, la fonte et l'acier, et les aliments transformés; tandis que pour l'année 2017, les importations formelles ayant la valeur la plus élevée enregistrées par la DGA étaient celles de carburants, d'huiles minérales et d'articles en plumes et duvet (couvre-lits).

La BCRD souligne, si besoin était, que le commerce informel constitue le principal moyen de subsistance des résidents des deux côtés de la frontière. « Le caractère informel du marché des biens et services développés dans les communes frontalières est dû au fait qu'il n'y a pas de registre douanier approprié des transactions qui ont lieu sur ces marchés », a conclu la banque centrale de la République dominicaine.



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