Sommet international de la finance

Les défis à relever pour accroître l’efficacité de la politique monétaire

Publié le 2021-04-28 | lenouvelliste.com

L’instabilité sociopolitique, le niveau élevé des activités informelles dans l’économie, la dollarisation financière élevée, le manque de profondeur du marché financier, la dominance fiscale, la transmission élevée de la variation du taux de change à l’inflation, l’absence de marché interbancaire et la surliquidité sont autant de défis rencontrés par la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans le cadre de la conduite de la politique monétaire, a révélé Jean Marie Cayemitte à la 11e édition du Sommet international de la finance qui s’est tenue au cours du mois d’avril.  « L’efficacité de la politique monétaire dépend non seulement de la stabilité politique mais aussi de la normalisation de fonctionnement des différents marchés », a soutenu M. Cayemitte.  

Rappelant la mission principale de la banque centrale qui consiste, entre autres, à promouvoir la stabilité interne et externe de la monnaie nationale, Jean Marie Cayemitte a fait comprendre à quel point que cette tâche représente un défi majeur dans un contexte d’instabilité et d’incertitude. Outre la stabilité à promouvoir à court terme, la BRH doit aussi prendre des mesures pour booster la croissance économique à long terme. « Cette tâche devient de plus en plus problématique parce que la politique monétaire fait face à des contraintes structurelles et conjoncturelles qui affectent son efficacité », a affirmé Jean Marie Cayemitte.

Au cours de son exposé, M. Cayemitte a fait comprendre quelques-uns des défis susmentionnés. Il a expliqué que la stratégie utilisée en termes de politique monétaire et politique économique est l’élément qui doit permettre à l’économie d’atteindre un niveau de croissance soutenable. Toutefois, en période de crise, d’instabilité sociopolitique, aucun résultat n’est possible. Quant au secteur informel, son poids dans l’économie, représente un désavantage pour l’Etat sur le plan fiscal, d’après Jean Marie Cayemitte. Il a plaidé en faveur d’une stratégie de formalisation des activités du secteur informel. Contre la dollarisation financière élevée, il souhaite aussi qu’il y ait des mesures exceptionnelles adoptées en vue de résoudre ce problème.

« Il y a une déconnexion entre le marché financier et le secteur réel de l’économie puisqu’il y a une sorte de réticence à  accorder du crédit. Cela se traduit par une surliquidité au niveau du système bancaire.  Pourtant l’économie haïtienne fait face à une situation où il est nécessaire de procéder à sa relance par une augmentation des investissements qui doit passer essentiellement à travers le système financier », a indiqué M. Cayemitte, concernant le manque de profondeur du marché financier. En ce qui concerne la transmission élevée de la variation du taux de change à l’inflation, il revient aux autorités monétaires d’effectuer des interventions constantes pour pallier à ce problème. « L’efficacité de la politique monétaire dépend non seulement de la stabilité politique mais aussi de la normalisation de fonctionnement des différents marchés », a- t-il poursuivi.

En dépit de ces défis, la BRH est tenue d’intervenir à l’aide de ses instruments de politique monétaire. « L’arbitrage entre les interventions de court terme et les objectifs de long terme est difficile », a affirmé Jean Marie Cayemitte.

La politique monétaire de la BRH étant à caractère restrictive ne permet pas à l’économie de croître. Ce choix s’impose à la BRH qui doit lutter contre l’inflation. Toutefois, Haïti figure parmi les pays de la région avec les taux d’inflation les plus élevés.  Son programme pro croissance adopté en compensation aux effets restrictifs de ce type de politique monétaire ne donne pas encore les résultats escomptés.   



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